Yûma est harcelé depuis déjà plusieurs années. Totalement sous l’emprise de Nishino et sa bande, il sert les dents dans l’espoir d’être repéré par la radio. Mais au milieu de son enfer quotidien, Ryô Amezato, un de ses camarades, intervient…
Veux-tu que je tue pour toi ? – amitié toxique ou mortel ?
Le quotidien scolaire de Yûma se résume à être le souffre douleur de Nishino, qui se passionne pour le fait de lui faire insérer des objets dans le fondement par les membres de sa bande, tous terrorisés par sa tendance à la violence gratuite. Mais Ryô Amezato, qui se fait surnommer Ameli, pourrait bien faire changer les choses. Non seulement il n’hésite pas à s’impliquer pour aider Yûma à arrêter de courber l’échine sans arrêt, mais il n’a plus peur de directement s’en prendre à eux de sang froid. Nishino prévoit de s’occuper personnellement d’Ameli, mais le lendemain, il a disparu des radars… Qu’est-il arrivé à Nishino ? Yûma parviendra-t-il à s’extraire de sa condition ?

Yokota est une camarade de classe de Yûma, visiblement très intéressée par la tournure des évènements. Harcelée, agressée sexuellement et même violée par ses camarades de classe alors qu’elle n’était qu’au collège, elle est parvenue à retrouver un semblant de vie normal au lycée. Tout du moins, c’est ce qu’elle croyait. Ses harceleurs sont parvenus à la retrouver et ont bien l’intention d’abuser d’elle encore pendant 3 ans. Parviendra-t-elle à s’insérer dans la relation entre Ameli et Yûma afin de trouver elle aussi un protecteur ?

Les scènes de ce manga s’enchaînent avec un but précis, mettre en place la relation la plus toxique, dangereuse et malsaine possible. Si Veux-tu que je tue pour toi ? n’est pas dénué de mystères, l’accent semble beaucoup plus mis sur sur les sévices corporels des harcelés. Un focus pervers et qui coûte cher à ce titre, puisque ses différents détails ne laissent que peu de place au développement des personnages. Faute de leur trouver une réelle raison, les différents protagonistes laissent leurs actions dans la gratuité la plus totale, ne faisant d’eux que de simples individus ayant toute leur place dans un hôpital psychiatrique. Dommage, car ce qui entoure le personnage d’Ameli n’est pas sans potentiel. On lui souhaite donc de le développer dans les tomes à venir.
Veux-tu que je tue pour toi ? est un manga scénarisé par Yukiaki Kurando (Dolly Kill Kill) et dessiné par Sousou Sakakibara (Soloman ou I love you, so i kill you) depuis 2019. Il y a 11 tomes au Japon et chez nous, le premier est sorti le 10 Septembre 2025 chez Soleil Manga.

Sur le fil… du couteau
Côté exécution graphique, Veux-tu que je tue pour toi ? ne prend pas de risque. Il nous livre une proposition classique, qui joue des angles de vue pour éviter de montrer les parties les plus sensibles, tout en passant ses pages à les évoquer. Le charadesign est là où on l’attend sans chercher à donner plus de détail. Les trames de fonds sont plutôt nombreuses, mais évasives. La narration étant malgré tout plutôt bonne, cela ne pose absolument aucun problème de localisation. Les traits sont plutôt fins et les trames nombreuses, quoique souvent assez classiques dans leur utilisation. Le rythme est en dent de scie, accélérant soudainement dans les scènes les plus violentes. Enfin, le découpage rectangulaire est ultra classique, à l’instar du reste.

Côté édition, Soleil reste dans ses habitudes. La couverture colle bien au titre, la couverture cartonnée est classique et la qualité de papier est très appréciable, malgré la quantité de noir des planches.
Conclusion
Veux-tu que je tue pour toi ? est-il pour vous ? Si vous cherchez un thriller, alors je vous conseille plutôt de vous orienter vers Death Note et ses paires, bien plus à même de vous faire tressaillir. Toutefois, si le gore et les dérives malsaines façon Happy Sugar Life, alors vous êtes au bon endroit.
J’aime le seinen, mais Veux-tu que je tue pour toi ? n’est pas parvenu à allumer l’étincelle de curiosité que je peux avoir pour ce genre. Une exécution classique et un scénario trop putaclic à mon goût. Dommage.

