Test Shokz OpenDots 2 : les écouteurs ouverts à clip que je n’ai plus envie d’enlever

par JulSa_

J’ai porté les Shokz OpenDots 2 pendant trois semaines, au bureau, en footing et dans le métro. Voici si cette deuxième génération mérite vraiment ses 199 euros.

Shokz, du sport vers le quotidien

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Si vous suivez un peu le marché des écouteurs ouverts, vous connaissez forcément Shokz. La marque s’est fait un nom avec ses tours de cou à conduction osseuse, ceux qu’on voit au poignet des coureurs depuis des années. Le principe, transmettre le son par les os du crâne sans rien poser sur le conduit auditif, a longtemps été leur signature. Sa famille OpenRun reste une référence chez les sportifs, et j’avais d’ailleurs été impressionné par les Shokz OpenRun Pro 2 lors de mon test.

 

Depuis, Shokz a élargi son terrain de jeu. La marque a d’abord lâché la conduction osseuse pour le son par diffusion à proximité de l’oreille, avec les OpenFit à crochet que j’avais beaucoup aimés, puis les OpenFit Pro qui ont même introduit la réduction de bruit. L’an dernier, elle a franchi une nouvelle étape avec ses premiers écouteurs à clip, les OpenDots One. Le clip, c’est ce format qui vient pincer le cartilage de l’oreille avec un petit module audio devant et un contrepoids derrière, le tout sans jamais boucher le conduit. On garde donc une oreille sur le monde extérieur.

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Et c’est là que ça devient intéressant. Neuf mois à peine après les OpenDots One, voici déjà les OpenDots 2. Un rythme qui en dit long sur l’ambition du moment : Shokz veut clairement s’installer comme la référence du segment, pas juste y participer. La marque lance d’ailleurs en parallèle une version plus accessible, les OpenDots Air, pour couvrir tout le spectre.

Les OpenDots One étaient déjà bons, mais il leur manquait un peu de maturité sur certains points. Le grave restait timide, les commandes par pincement étaient parfois capricieuses, et le boîtier n’avait aucune étanchéité. La vraie question pour cette deuxième génération, c’est donc de savoir si Shokz a corrigé ces défauts ou s’il s’agit juste d’un coup marketing pour faire tourner le catalogue. C’est exactement ce que je suis allé vérifier pendant trois semaines, du jogging matinal aux journées de bureau en passant par les transports bondés.

 

Design et confort : on finit par les oublier

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Premier contact avec le boîtier. Sobre, compact, en forme de galet, avec une base mate au toucher légèrement caoutchouteux et un couvercle plus brillant. Rien de spectaculaire, mais c’est bien fini et ça se glisse sans problème dans une poche de jean. Les écouteurs y sont tenus par des aimants efficaces, donc pas de mauvaise surprise au moment de les sortir.

J’ai quand même deux reproches sur cet écrin. Il reste pénible à ouvrir d’une seule main malgré une petite encoche, et la charnière claque assez sèchement. Impossible de le laisser entrouvert. Des détails, mais quand on manipule l’objet vingt fois par jour, ça finit par se remarquer.

Le vrai sujet, c’est le confort une fois l’écouteur sur l’oreille. Chaque module pèse 6,4 grammes et se compose de trois parties : une qui se place derrière l’oreille pour le maintien et la batterie, une arche souple en nickel-titane (Shokz appelle ça le JointArc) recouverte d’un silicone très doux, et le module audio en forme de haricot qui se pose à l’entrée du conduit sans le boucher.

 
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Et c’est franchement bluffant. L’arche est à la fois assez souple pour épouser l’oreille et assez ferme pour ne pas bouger, sans jamais appuyer. Au début on cherche un peu le bon placement (avec mes oreilles plutôt petites, j’ai eu les meilleurs résultats en plaçant le module arrière assez bas), mais une fois calé, on les oublie complètement. J’ai passé des matinées entières de travail avec, sans la moindre gêne.

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Petit point pour les porteurs de lunettes comme moi : le format clip ne se bat pas avec les branches, contrairement aux écouteurs à crochet façon OpenFit Pro qui se disputent la place au-dessus de l’oreille. Gros avantage au quotidien.

Côté maintien, c’est franchement rassurant. Lors d’une sortie running de 13 km, les OpenDots 2 n’ont pas bougé d’un millimètre, là où certains clips concurrents que j’ai pu essayer ont tendance à se relâcher au fil de l’effort. Shokz applique une force de pincement un peu plus ferme et structurée, et ça fait toute la différence quand on transpire et qu’on bouge.

 

Usage et application : des commandes enfin réactives

Sur les écouteurs à clip, personne n’est encore d’accord sur la bonne façon de gérer les commandes. Certains misent sur des boutons physiques, d’autres sur le tactile. Shokz a choisi une approche mixte : tapotements sur l’arche, pincements sur le module arrière.

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Concrètement, le module derrière l’oreille répond aux pressions (une, deux ou trois) plus un appui maintenu réservé au volume. L’arche, elle, réagit à un ou deux tapotements. On peut tout piloter : lecture, appels, assistant vocal, et surtout presque tout reconfigurer selon ses préférences dans l’appli. Seul le maintien reste cantonné au volume.

Le gros progrès par rapport aux OpenDots One, c’est la fiabilité du pincement. Sur la première génération, il fallait parfois s’y reprendre à deux fois, voire appuyer fort. Ici, Shokz a ajouté un capteur de force, et ça change tout. Un simple frôlement ou un réajustement de l’écouteur ne déclenche plus de pause accidentelle. Il faut une vraie pression à deux doigts, avec un petit retour qui rappelle la tige des AirPods qu’on presse. C’est précis, c’est satisfaisant.

 
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Côté connectivité, la copie est propre. Bluetooth 6.1 (contre 5.4 avant), multipoint fluide, détection de port, mode faible latence, appairage rapide Google Fast Pair et Microsoft Swift Pair. Côtés codecs, on a l’AAC et le SBC. Pas de LDAC ni d’aptX, mais sur des écouteurs ouverts ce serait de toute façon assez inutile.

La nouveauté que j’apprécie le plus, c’est la localisation via Google Find Hub. En plus de faire sonner les écouteurs, on peut consulter leur dernière position connue depuis son compte Google. Pour les têtes en l’air, c’est précieux.

L’application Shokz, elle, va à l’essentiel sans se perdre dans des sous-menus. Dès l’accueil, on voit le niveau de batterie de chaque écouteur et du boîtier, on gère le multipoint, on accède aux profils sonores, à l’égaliseur cinq bandes, au mode Smart EQ et au Dolby Audio. Bon point aussi : Shokz pousse régulièrement des mises à jour firmware, ce qui n’est pas toujours le cas chez la concurrence.

 

Audio : du grave en plus, un bel équilibre

Je ne suis pas un grand spécialiste du son, donc je vais rester sur mes impressions d’écoute plutôt que de vous noyer sous les courbes de fréquences. Mais quelques mots sur la technique d’abord, parce que c’est là que Shokz a bossé.

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Les écouteurs ouverts ont toujours le même problème : sans boucher le conduit auditif, difficile de produire du grave. Shokz s’attaque à ça avec son architecture Bassphere, deux transducteurs de 11,8 mm logés face à face. Pour cette deuxième génération, la marque a revu la membrane (Bassphere 2.0) et promet jusqu’à 30 % de grave en plus avec moins de distorsion. S’ajoute une technologie MirrorPitch censée mieux orienter le son vers l’oreille.

À l’écoute, le gain est réel mais à mesurer. On ne passe pas dans une autre dimension, mais le grave gagne en consistance et en lisibilité. Ça apporte clairement plus de matière sur les morceaux modernes et électro. Surtout, ce supplément dans le bas du spectre rééquilibre l’ensemble. Les médiums, déjà réussis sur la première version, deviennent plus cohérents, et les aigus gardent leur niveau de détail sans agresser.

 

Ce qui m’a le plus marqué, c’est que le son ne se délite pas quand on monte le volume. Sur beaucoup d’écouteurs ouverts, ça sature dès qu’on pousse. Là, ça reste maîtrisé, et le volume max est même supérieur à pas mal de concurrents.

J’ai aussi été agréablement surpris par le mode Dolby Audio. D’habitude je me méfie de ces traitements de spatialisation qui sonnent souvent artificiel. Ici, sur la scène déjà large des OpenDots 2, ça fonctionne. Ça élargit un peu sur les côtés sans dénaturer le reste. Sur les films et les séries, c’est un vrai plus.

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Quelques exemples concrets. Sur un titre acoustique comme « Tears in Heaven » en version Unplugged, c’est là que les OpenDots 2 brillent vraiment. Les guitares respirent, les voix gardent toute leur présence, ça aère. Sur du Kendrick Lamar, la ligne de basse gagne en corps sans empiéter sur le reste, et tout reste lisible. En revanche, sur un morceau rock chargé et saturé, les guitares et la batterie manquent d’impact dès que ça s’emballe. C’est la limite du format, et c’est normal.

 

Par rapport aux OpenDots One, le bond le plus net se situe vraiment là, dans le grave et dans la tenue à fort volume. Pour le reste, Shokz reste fidèle à sa philosophie : une écoute équilibrée et reposante plutôt que démonstrative. Sur la durée, c’est ce qui m’a le plus séduit, l’oreille ne fatigue pas.

Micro : un petit mieux, sans plus

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Comme tous les écouteurs ouverts, les OpenDots 2 privilégient la perception de l’environnement à l’isolation. Pratique pour rester attentif, moins pour les appels. Pas de réduction de bruit active ici, et de toute façon ça n’aurait pas grand sens, à part vider la batterie. Si ce point vous tient à cœur, c’est plutôt vers les Shokz OpenFit Pro qu’il faut regarder, j’avais testé leur réduction de bruit dans un article dédié.

Pour les appels, Shokz a ajouté un micro à conduction osseuse à côté des deux micros à conduction aérienne par écouteur, le tout épaulé par du beamforming et une réduction de bruit par IA. C’était l’un des points faibles des OpenDots One, donc une vraie attente.

 

Dans le calme, la voix passe mieux que sur la première génération, moins étouffée, et mes interlocuteurs me comprenaient sans difficulté lors d’appels pro. Les effets de pompage que j’avais notés avant ont quasiment disparu. Dans un environnement modérément bruyant, ça reste correct.

C’est quand le bruit devient vraiment important que les limites apparaissent. Dans la rue passante ou un hall de gare bondé, l’intelligibilité tient à peu près mais le rendu perd en naturel, avec parfois quelques artefacts en début ou fin de phrase. En plein vent, le micro à conduction osseuse peine à isoler la voix et le son devient assez compressé.

Rien de catastrophique, c’est même parfois meilleur que certains intra de milieu de gamme. Mais évitez les conversations importantes à côté d’un carrefour animé.

 

Autonomie : parmi les meilleurs de la catégorie

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Shokz n’a pas touché à l’autonomie, et c’était inutile tant elle était déjà bonne. Les 10 heures annoncées par charge ont quasiment été atteintes lors de mon test : environ 9 h 45 à 50 % du volume avec le Dolby Audio activé par moments. De quoi voir venir largement.

Le boîtier ajoute environ trois charges complètes, soit un total qui flirte avec les 40 heures. En pratique, une journée complète de travail ne pose jamais le moindre souci.

La charge rapide est redoutable : 5 minutes dans le boîtier suffisent pour récupérer environ 2 heures d’écoute. Et la recharge sans fil Qi est de la partie, ce qui n’est pas le cas sur les OpenDots Air. Mon boîtier a passé ses nuits sur un chargeur à induction, je n’ai jamais eu à me soucier de la batterie.

 

Un petit défaut à signaler : les écouteurs ne se calent pas toujours bien sur les connecteurs du boîtier si on les remet trop vite. Résultat, ils restent connectés au téléphone et ne se rechargent pas. Il faut prendre l’habitude de bien les positionner.

Conclusion

Shokz ne réinvente pas la formule des OpenDots, mais affine presque tout ce qui pouvait l’être. Le confort reste exceptionnel, le maintien irréprochable même en course, les commandes par pincement sont enfin fiables, la connectivité est complète et l’application limpide. L’autonomie figure parmi les meilleures de la catégorie.

 

Le son progresse en douceur, surtout dans le grave, et tient bon quand on monte le volume, là où tant d’écouteurs ouverts saturent. Shokz reste fidèle à sa signature, une écoute équilibrée et peu fatigante plutôt qu’une démonstration de basses. Un parti pris qui colle bien à un usage au long cours.

Restent deux réserves. Les appels en milieu très bruyant demandent encore du travail, et les possesseurs d’OpenDots One n’auront pas forcément de raison impérieuse de basculer. Mais pour quiconque veut troquer ses intra contre un format plus libre, ou s’équiper pour le sport sans se couper du monde, les OpenDots 2 sont aujourd’hui les écouteurs à clip les plus recommandables du marché.

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