Quelle puissance de chargeur pour sa voiture électrique ?

par JulSa_

Beaucoup de nouveaux conducteurs de voiture électrique font le même calcul : plus la borne est puissante, plus la recharge sera rapide. Alors on regarde les wallbox 11 kW, parfois 22 kW, on prévoit l’installation, et on se retrouve déçu. La voiture charge à 7 kW, le compteur disjoncte, ou la facture d’installation gonfle pour un gain nul.

La vitesse de recharge ne dépend pas du chiffre le plus élevé de votre matériel. Elle dépend du plus faible. Comprendre ça avant d’acheter quoi que ce soit vous évite de payer pour de la puissance que vous n’utiliserez jamais.

Votre recharge va aussi vite que son maillon le plus faible

Quand vous rechargez en courant alternatif (le cas à la maison), trois éléments se passent le relais, et c’est le plus lent qui impose son rythme :

 

D’abord votre abonnement et votre compteur, qui fixent la puissance maximale que vous pouvez tirer du réseau. Ensuite la borne ou le chargeur, qui convertit et délivre le courant. Enfin le chargeur embarqué de la voiture, ce boîtier interne qui transforme l’alternatif du réseau en continu pour la batterie. Si l’un des trois plafonne à 7 kW, l’ensemble plafonne à 7 kW, peu importe la générosité des deux autres.

Une wallbox 22 kW branchée sur une voiture qui n’accepte que 7 kW en alternatif rechargera à 7 kW. Pas un watt de plus. C’est ce point que les fiches commerciales oublient de mettre en avant.

Le compteur, premier plafond et le plus souvent ignoré

En France, environ 70 % des foyers sont abonnés en 6 kVA. C’est l’abonnement standard d’une maison qui n’a pas encore basculé tout son chauffage sur l’électrique. Or 6 kVA, c’est 6 000 VA disponibles à un instant T, partagés entre le four, le ballon d’eau chaude, les plaques et tout le reste.

 

Un chargeur de 7,4 kW tire 32 A sous 230 V, soit 7 360 W. À lui seul, il dépasse déjà les 6 000 VA souscrits. Résultat : le Linky coupe, même si rien d’autre ne tourne dans la maison. Pour faire passer du 7,4 kW sans déclencher le disjoncteur de branchement, il faut au minimum un abonnement 9 kVA, et il ne reste alors qu’environ 1,6 kW pour le reste du logement pendant la charge.

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Un chargeur de 3,6 kW (16 A) change la donne. Il mobilise 3,7 kW sur les 6 disponibles et laisse près de 2,3 kW pour vos autres usages. Vous rechargez sans toucher à votre abonnement, sans appeler Enedis, sans surcoût mensuel. Pour une grande partie des foyers, c’est le scénario qui colle au compteur déjà en place.

Le chargeur embarqué de la voiture, le plafond que personne ne regarde

Voilà le maillon le plus discret. Chaque voiture électrique embarque un convertisseur dont la puissance varie selon le modèle et parfois la finition. Une Dacia Spring plafonne autour de 6,6 kW en alternatif. Une Peugeot e-208 accepte 7,4 kW de série, 11 kW en option triphasée. Une Tesla Model 3 ou une Renault 5 E-Tech grimpent à 11 kW en triphasé, mais retombent à 7,4 kW sur une installation monophasée classique de maison.

 

La conséquence est concrète : si votre voiture encaisse 7 kW maximum en alternatif, une borne 11 ou 22 kW ne vous apportera rien à domicile. Vous aurez payé l’écart pour rien. Vérifiez la puissance de charge alternative de votre modèle (souvent notée « selon version ») avant de dimensionner quoi que ce soit.

Pourquoi tant de conducteurs surpayent leur borne

Le réflexe est humain : on veut de la marge, on prend le modèle le plus costaud. Sauf que la wallbox haute puissance s’accompagne d’une installation par un électricien certifié IRVE, d’un éventuel passage en triphasé et d’une hausse d’abonnement. On additionne plusieurs centaines d’euros pour brancher une voiture qui se contente de 7 kW, parfois moins.

Pour un conducteur qui parcourt environ 30 km par jour, soit près de 12 000 km par an, le besoin réel se chiffre à 5 kWh quotidiens. Ça se recharge en une heure et demie sur une prise renforcée, pendant la nuit, sans que personne ne s’en aperçoive. La puissance maximale ne sert que dans un cas : remplir une grosse batterie de zéro à plein le plus vite possible. Un scénario rare quand on branche tous les soirs.

 

Le PC200-3K6, un point d’entrée qui colle au réel

Rheidon PC200 3K6 4

C’est exactement le créneau du PC200-3K6 de Rheidon, que j’ai pris le temps de tester sur plusieurs semaines. Un chargeur portable de 3,6 kW qui se branche sur une prise domestique de type E/F, sans installation, sans technicien. Il pèse 4 kg, tient dans une sacoche, et son écran de 3,5 pouces affiche la puissance et l’énergie injectée en direct.

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Son intérêt tient dans le courant réglable de 6 à 16 A, directement sur l’appareil. Une prise murale standard ne supporte pas 16 A en continu pendant des heures : la recommandation de sécurité tourne autour de 10 A, soit 2,3 kW, pour éviter l’échauffement du câblage. Avec le PC200-3K6, vous calez l’intensité sur ce que votre installation encaisse vraiment. Sur une vieille prise, vous descendez à 8 ou 10 A. Sur une ligne dédiée ou une prise renforcée Green’Up, vous montez sans risque. Le chargeur s’adapte au logement, et pas l’inverse.

Pour un primo-accédant à l’électrique, c’est une entrée en matière à la fois sobre et honnête. Vous rechargez ce dont vous avez besoin, vous ne déclenchez pas le disjoncteur, et vous gardez la possibilité de passer à une solution plus puissante le jour où votre voiture et votre installation le justifient vraiment.

 

Quelle puissance pour quel profil ?

Si vous roulez peu, que vous branchez chaque soir et que votre abonnement est en 6 kVA, le 3,6 kW couvre vos besoins sans rien changer chez vous. Si vous enchaînez les longues journées, que votre voiture accepte 7,4 kW et que votre compteur tient au moins 9 kVA, alors le 7,4 kW devient pertinent. Au-delà, le 11 ou 22 kW ne se justifie qu’avec une voiture compatible en triphasé et un usage qui exige des recharges complètes en quelques heures.

La bonne puissance est celle qui correspond au plus faible de vos trois maillons, rarement la plus grosse du catalogue. Identifiez ce maillon, et le choix se fait presque tout seul.

Comment connaître la puissance de charge alternative de ma voiture ?
Elle figure dans le manuel et sur les fiches techniques du constructeur, à la ligne « charge AC » ou « chargeur embarqué ». Attention à la mention « selon version » : une même voiture peut accepter 7,4 kW en monophasé de série et 11 kW en triphasé en option.

Un chargeur 3,6 kW suffit-il vraiment au quotidien ?
Pour un usage moyen autour de 30 km par jour, oui. Soit environ 5 kWh à récupérer, à peu près une heure et demie de charge. En branchant chaque nuit, vous repartez toujours avec une batterie pleine.

Dois-je changer d’abonnement pour recharger à la maison ?
Pas si vous restez sur un chargeur 3,6 kW : il passe sur un abonnement 6 kVA, le plus répandu. Le changement d’abonnement ne devient nécessaire qu’à partir de 7,4 kW, qui réclame au moins 9 kVA.

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