Ça y est, nous avons la date ! La fin du monde est annoncée depuis que l’on est certain qu’un météore s’apprête à pulvériser la terre. Dans 10 mois, l’intégralité de l’espèce humaine s’éteindra. Mais comme dernier baroud d’honneur, le gouvernement japonais décide d’envoyer une dernière fusée dans l’espace : Ginga Rocket. A son bord, des messages écrits par l’ensemble des citoyens souhaitant laisser une petite trace d’eux dans l’immensité sidérale.
Le dernier écho de notre existence : héritage lointain d’un espoir perdu
Le 1er Juillet sera le dernier jour de la terre. Et vous ? Quels seront vos derniers mots ? Que voudriez-vous laisser derrière-vous ?
Hisae est une jeune femme qui travail comme infirmière dans un hôpital. Dernier rempart face à la fin du monde, alors que ses collègues démissionnent les uns après les autres, elle s’enferme dans un quotidien de souffrance. Se sentant de trop, elle a du mal à s’ouvrir aux autres. Alors quand la fin du monde est annoncée et qu’elle voit son copain rentrer chez lui à Okinawa, elle est complètement perdue… Que décidera-t-elle de laisser derrière elle ?

Takashi, le petit ami d’Hisae, arrive tant bien que mal à l’aéroport. Seulement, entre l’effectif réduit et l’afflux de clientèle, non seulement les avions partent au ralentit, mais l’ensemble des services de bases deviennent précaires. Ayant finalement compris que son départ était compromis, il se décide finalement à donner un petit peu de sa personne pour aider le personnel sur place. Et si c’était ça qu’il cherchait réellement depuis tout ce temps ?
Les mois passent et la situation devient de plus en plus tendue. S’approvisionner en nourriture est un problème et la sécurité n’est plus qu’un vaste souvenir. Au milieu de cet enfer, la famille Suematsu parviendra-t-elle à conserver un semblant de vie quotidienne ?

Le dernier écho de notre existence est un recueil d’histoires courtes, d’un ou deux chapitres, plus ou moins reliées entre elles. C’est un seinen des plus intéressants, qui pousse nos personnages à l’introspection, peu importe leurs objectifs ou leurs situations respectives. Une façon puissante et implacable d’imposer un choix à chaque humain. Celui de comment il veut vivre ses derniers jours et ce qu’il souhaite laisser derrière lui. Si certains se focalisent avant tout sur leurs désirs égoïstes, faisant fi des lois, du bon sens ou tout simplement du respect d’autrui, d’autres visent quelque chose de plus grand. De plus, face à cette situation des plus stressantes, les blessures s’ouvrent, le froid se fait plus glaçant, la solitude plus tranchante et l’espoir n’est plus qu’une petite lueur vacillante. Que restera-t-il finalement de cette vie censée être si importante ? Une réflexion intense et profonde qui n’est pas sans rappeler le bouleversant Larme Ultime. On s’inclut très vite dans cette réflexion et dans cette douleur omniprésente. Quand il ne reste plus que la mélancolie, où est donc la dernière étincelle ?
Le dernier écho de notre existence est un manga en deux tomes scénarisé par Yasuo Ohtagaki et le studio Toa. Il est dessiné par Yuuki Ohta en 2015 et les deux tomes sont sortis chez nous le 2 Juillet 2025 chez Delcourt-Tonkam dans la collection MoonLight.

Derniers instants d’étoiles
Première choses qui frappe dans ce manga, c’est bien entendu ses magnifiques couvertures. On a ici l’avantage d’avoir un dessin à la hauteur de sa présentation. Le trait est fin et précis, autant mis au services des paysages que des personnages. Les trames de fonds sont excellentes, jouant des contrastes pour leur donner un côté réaliste très agréable. Le charadesign est efficace, sans pour autant chercher à faire dans le trop original. La focalisation met en avant leur capacité à nous transmettre leurs émotions et c’est pour le moins aussi complexe que réussi. La gestion des trames est excellente, quoique souvent concentrée sur les dégradés. Si le découpage est assez classique, la réalisation et la mise en scène compensent très largement, afin de créer une ambiance mélancolique et un rythme malgré tout régulier et plutôt dynamique.

Côté édition, Delcourt-Tonkam n’a, encore une fois, pas fait dans la demi-mesure. Couverture magnifique, quelques pages couleurs et une bonne qualité de papier… Que demander de plus ? Si ce n’est la couverture cartonnée qui est peut-être un peu simple par rapport au titre…
Conclusion
Le dernier écho de notre existence est-il un manga pour vous ? C’est un seinen mélancolique qui sait toucher son lecteur autant que ses personnages pour les remettre en questions. Ce manga diptyque mérite qu’on lui accorde du temps pour en capter l’essence, l’ambiance et le message. Je ne peux que vous le conseiller !

J’ai eu un énorme coup de cœur pour Le dernier écho de notre existence ! C’est un manga particulièrement touchant, qui fait énormément réfléchir, que ce soit par rapport à la situation de nos personnages ou à notre propre situation. Un véritable plaisir !

