Dans un monde où la technologie fait de plus en plus partie intégrante de la création musicale, Deezer a pris une initiative importante pour signaler les morceaux entièrement générés par intelligence artificielle (IA). Ce changement marque une première mondiale dans l’industrie du streaming musical.
Une annonce révolutionnaire pour le secteur
Le 20 juin, Alexis Lanternier, directeur général de Deezer, a annoncé que les albums comprenant des morceaux générés par IA seraient désormais signalés aux utilisateurs. Une mention spéciale indique que certains titres de l’album ont été créés avec l’aide de l’intelligence artificielle. Ce label, indiquant clairement que la musique a été générée par des algorithmes plutôt que par des artistes humains, vise à informer les auditeurs sur l’origine de la musique qu’ils écoutent.
Deezer prend ainsi une position proactive dans un domaine où la frontière entre musique créée par des humains et par des machines devient de plus en plus floue. À l’heure où des applications spécialisées comme Suno et Udio permettent de générer de la musique à partir de simples requêtes en langage courant, cette transparence est un pas de plus vers une meilleure régulation de l’utilisation de l’IA dans le secteur.
Une technologie de détection innovante
Pour parvenir à identifier les morceaux créés par IA, Deezer a mis en place un outil de détection sophistiqué capable de repérer des « marqueurs spécifiques » dans le signal audio. Selon Alexis Lanternier, cet outil est fiable à 98 %. Il fonctionne en analysant les informations complexes présentes dans le signal sonore de la musique. Les algorithmes d’IA génèrent des morceaux de musique avec de petites caractéristiques sonores particulières, invisibles à l’oreille humaine mais identifiables à travers des méthodes de traitement avancées du signal audio.
Il est fascinant de constater que, bien que ces bruits caractéristiques d’une musique générée par IA soient imperceptibles pour les auditeurs, ils peuvent être détectés grâce à la technologie développée par Deezer. Ce type de développement témoigne du rôle croissant de la technologie musicale dans la gestion et la diffusion des œuvres sur des plateformes comme Deezer.
La gestion des morceaux générés par IA sur Deezer
Face à l’explosion des contenus générés par IA, Deezer a adopté une approche particulière. Bien que ces morceaux ne soient pas supprimés de sa plateforme, ils sont exclus du calcul des écoutes. Cette décision a été prise pour éviter que les morceaux générés par IA ne diluent les royalties destinées aux artistes humains. Deezer ne souhaite pas que ces contenus « volent » les droits d’auteurs qui reviennent aux véritables créateurs de musique.
Cette décision est d’autant plus importante dans le contexte actuel où les morceaux générés par IA représentent une proportion croissante des contenus disponibles. En avril dernier, la plateforme a annoncé que plus de 20 000 morceaux totalement créés par IA étaient publiés chaque jour, soit environ 18 % des nouvelles pistes mises en ligne. Deezer a donc mis en place un mécanisme pour gérer cette réalité tout en protégeant les droits des artistes humains.
L’avenir des abonnements et des tarifs
Avec environ 9,7 millions d’abonnés dans le monde, Deezer continue de se battre pour se maintenir face à des géants comme Spotify, qui revendique plus de 268 millions d’abonnés premium. Face à cette concurrence féroce, Alexis Lanternier a mentionné que bien qu’aucune augmentation de tarif ne soit prévue dans l’immédiat, cela pourrait devenir une nécessité dans un futur proche, en raison de l’inflation et de la pression croissante pour soutenir davantage les artistes. Il semble donc que le secteur musical, y compris les plateformes de streaming, soit à un tournant, cherchant un équilibre entre innovation technologique et équité pour les créateurs.
Deezer a donc pris une décision significative avec cette initiative de transparence concernant la musique générée par IA. Si cela reste une première, cette avancée pourrait bien ouvrir la voie à d’autres plateformes pour adopter des mesures similaires, tout en posant les bases d’une réflexion plus large sur l’impact de l’IA dans l’industrie musicale.
