Yuri est une petite fille joyeuse, qui fait le bonheur de sa famille. Elle rit et pleure facilement, la rendant particulièrement attachante pour son grand-frère Kazuka. Mais derrière ses sourires et ses larmes se cache une enfant victime de l’agression d’un de ses professeurs. Mais quand Kazuma s’en rend compte, il est déjà trop tard. Il va déjà devoir aller jusqu’au bout du chemin…
Au bout du chemin – rédemption de douleur
Kazuma va se précipiter chez le professeur Matsumoto pour venger le viole qui a causé le suicide de sa chère petite sœur. Il tombe sur lui et s’empresse de le poignarder à mort, devant sa propre fille, Shîka Matsumoto.
Il sort de prison 7 ans plus tard.
Kazuma retrouve sa mère particulièrement fatiguée, offrant l’énergie qu’il lui reste à une enfant de l’orphelinat où elle travaille, Shîka Nishimi. Pour Kazuma, le pire des enfers commence. Il se sent un poids pour sa mère, il se sent traqué et observé de toute part, il se sent de trop. Il se maudit de n’être assez courageux pour mourir, et souhaiterait que cette Shîka, qui pourrait bien être la sienne, venge sa douleur. Le bout du chemin de Kazuma sera-t-il la rédemption ou le repos ?

Au bout du chemin est un manga froid et violent. Si cette thématique est souvent utilisée dans des seinen d’un genre assez putaclic, ce n’est ici pas du tout le cas. Cette histoire nous retransmet toute la violence de la douleur de son protagoniste, n’évaluant l’avenir que comme un enfer que seule la mort saurait soulager. Son cœur n’est plus qu’un vide froid et mordant qui guide ses pas vers sa fin, qui rendrait, de son point de vue, la situation bien plus simple pour tout le monde. Dès lors, le moindre fragment de sentiment reçu est quelque chose qu’il devient tout simplement incapable d’interpréter…
Au bout du chemin est un manga écrit par Momoyama Hato en 2023 pour 3 tomes. En France, cette œuvre est publiée par Delcourt-Tonkam dans la collection Moon Light. Le 1er tome est sorti le 10 Septembre 2025 et le suivant est annoncé pour le 22 Janvier 2026.

Icy Pain
Pour ce qui est du dessin, Au bout du chemin ne cherche pas à être le plus beau, loin de là. Il se compose en grande partie de simples traits qui vont d’ailleurs remplacer la plupart des trames. Le charadesign joue de ses déformations pour exacerber la douleur et les émotions des personnages. Les trames de fonds sont souvent assez simples, soit réduite en raison du temps neigeux, soit simplement focalisées sur nos personnages. On notera malgré tout un effet “fish eyes” qui rappelle la déformation des objectifs grand-angle.
Il y a malgré tout assez peu de dialogue par rapport à la moyenne des œuvres du genre, mais cela ne fait que renforcer la gestion du rythme. Ce titre se dévore assez rapidement, mais son ambiance froide et douloureuse lui donne un côté terriblement lent. Un effet d’autant plus efficace quand on prend le temps de saisir la douleur du protagoniste.

Côté édition, Delcourt-Tonkam fait dans le classique avec un manga de très bonne facture. Excellente qualité de papier, couverture magnifique, couverture cartonnée très intéressante… Seuls points noirs : l’absence de message de l’auteur et son prix à 8€50.

Conclusion
Est-ce que Au bout du chemin est un manga pour vous ? Avant tout, je dois vous prévenir qu’il s’agit d’un titre très dur, avec des thèmes très abrupte, comme le viol, le meurtre, le suicide ou encore la dépression. Par conséquent, il convient de prendre garde à qui tiendra ce livre entre ses mains. Si le thème vous intéresse, il s’agit d’un seinen qui saura à coup sûr vous satisfaire, aussi sérieux que subtile dans son approche.
J’ai eu un véritable coup de cœur aussi douloureux que appréciable pour Au bout du chemin. C’est un manga très subtile, qui parvient à frapper de sa douleur et de sa sensibilité le lecteur, avec une force rare. Vivement la suite !
