Test Mova E50 Pro Ultra : mon avis complet sur le robot aspirateur laveur à moins de 499 €

par JulSa_

Laver les serpillières à l’eau chaude et doser le détergent tout seul, c’était il y a peu un argument de robot haut de gamme. Mova a lancé cet été le E50 Pro Ultra à 469 € avec ces deux fonctions, une aspiration annoncée à 30 000 Pa et une station aux réservoirs de 5 litres.

Je l’ai installé dans mon rez-de-chaussée, une soixantaine de mètres carrés aspirables une fois le canapé et les gros meubles déduits, dans une maison où vivent deux petits garçons. Il aspire mieux que ce que son prix laisse espérer. Il a aussi deux défauts qu’il vaut mieux connaître avant de commander.

 

Une station pensée pour qu’on y touche le moins possible

La station mesure 50 cm de haut, 35 cm de large et 48 cm de profondeur rampe comprise. Elle est blanche, sobre, sans fioriture. L’intérêt est ailleurs.

Station du Mova E50 Pro Ultra avec le robot en charge

Mova a revu la façon de sortir les réservoirs. Ils font partie de la structure et s’extraient par l’avant : on les soulève de 2 cm, on les décale de 4 cm vers la droite et ils sortent. Aucun capot à ouvrir sur le dessus. Pour caser la station sous un plan de travail ou dans un meuble bas, c’est un gros avantage.

Réservoirs d’eau intégrés à la station du Mova E50 Pro Ultra

Les volumes ont gagné un litre chacun par rapport à la génération précédente : 5 litres d’eau propre, 4,5 litres d’eau sale. Mova installe d’origine une cartouche de billes anticalcaires au fond du réservoir propre. La marque annonce jusqu’à 700 m² lavés avec un plein. Rapporté à mes 60 m², ça représente une dizaine de lavages complets du rez-de-chaussée entre deux remplissages, sur le papier.

 

Le revers, ce sont des réservoirs opaques. Pour connaître le niveau d’eau, il faut les sortir et les poser à plat. Une simple jauge en façade aurait évité la manipulation.

Sous le cache avant, le sac à poussière de 3,2 litres tient deux à trois mois selon la saleté de la maison, moins avec un animal à poils longs. Il se referme quand on le retire, ce qui évite de relâcher un nuage de poussière au-dessus de la poubelle.

 
Sac à poussière de 3,2 litres de la station Mova E50 Pro Ultra

La version Pro ajoute un réservoir de détergent de 600 ml, transparent, avec dosage automatique. On voit enfin la quantité consommée, et elle est faible. Ce détergent sert uniquement au lavage des serpillières dans la station : il n’est pas mélangé à l’eau que le robot envoie au sol. Un peu de produit reste sur les patins et finit par terre, mais si vous voulez laver tout le sol au détergent, versez-en un fond dans le réservoir d’eau propre et désactivez le dosage automatique dans l’application. Sinon, vous doublez la dose.

Réservoir de détergent de 600 ml et sac à poussière de la station Mova E50 Pro Ultra

Lavage à 100 °C et séchage à 63 °C

Les 100 °C annoncés par Mova correspondent à la température de l’eau à la sortie du module de chauffe, à l’intérieur de la station. J’ai mesuré ce qui arrive sous les serpillières : entre 50 et 56 °C au fond du bac. L’eau perd des degrés en chemin, c’est normal, et elle reste assez chaude pour dissoudre les graisses bien mieux qu’un rinçage à froid. Pendant la chauffe, la station consomme environ 1 000 W.

Plateau de lavage des serpillières de la station Mova E50 Pro Ultra

Le plateau de lavage aligne 20 buses, dix de chaque côté, sur un fond lisse. Après mon test au chocolat séché (j’y reviens plus bas), ce fond était propre et sec. L’entretien se limite à un petit filtre qui retient les déchets solides et à un coup d’éponge, de temps en temps, dans le creux où l’eau sale est réaspirée.

 

Le séchage à air chaud démarre de lui-même à la fin du lavage. On le règle sur 1, 2 ou 3 heures. Mova annonce 63 °C, j’ai relevé 64 et 65 °C sur les deux patins. J’ai testé le robot en pleine canicule, avec 27 °C dans la maison, et au bout de deux heures les serpillières étaient sèches au toucher et propres. Le séchage tire environ 63 W, soit 4 centimes d’électricité pour un cycle de trois heures. Je le laisse donc activé à chaque lavage.

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Station du Mova E50 Pro Ultra sans le robot

Un robot de 9,7 cm de haut, sans caméra

Le robot mesure 35 cm de diamètre pour 97 mm de haut, tourelle LiDAR comprise, et pèse environ 3,9 kg. Mon meuble TV laisse 98 mm de passage : le E50 Pro Ultra se glisse dessous avec un millimètre de marge. Sur les seuils, il est annoncé à 22 mm. Il force, recule, retente, et finit par passer.

Profil du robot Mova E50 Pro Ultra, 97 mm de haut

Il se repère avec un LiDAR à 360° et un laser frontal qui trace une ligne au sol pour repérer les obstacles plus bas que la tourelle. L’œil noir à l’avant ressemble à une caméra, mais ce n’en est pas une. Le robot n’a ni caméra ni éclairage LED. Il travaille donc dans le noir complet sans problème, mais il ne reconnaît pas les objets et ne fait pas de vidéosurveillance. Dessous, on trouve un capteur à ultrasons pour détecter les tapis et quatre capteurs de vide qui l’arrêtent en haut des escaliers.

 
Laser frontal Adaptive Avoidance du Mova E50 Pro Ultra

La batterie de 5 200 mAh se recharge à environ 35 W, plus vite que la plupart des robots d’entrée de gamme, et une option réserve la recharge aux heures creuses. Si elle se vide en plein cycle, le robot rentre à la station, recharge et reprend là où il s’était arrêté. En veille, il consomme moins de 3 W, environ 3,50 € par an.

Mova E50 Pro Ultra vu de dessus

Sur le capot, Mova a conservé un bouton de nettoyage localisé, qui traite une zone de 2 m sur 2 autour du robot. Ce bouton disparaît des modèles haut de gamme, et je le regrette : avec deux enfants, c’est celui qui sert pour les miettes sous la table après le goûter. Le robot n’a pas d’assistant vocal intégré, mais il se pilote à la voix avec Alexa ou Google Home.

Boutons du capot du Mova E50 Pro Ultra, dont le nettoyage localisé

Aspiration : 30 000 Pa et des résultats de haut de gamme

Mova double presque la puissance de la génération précédente avec 30 000 Pa. Je ne fais plus trop confiance à ces chiffres, qui grimpent chaque année sans rien garantir. Je préfère regarder ce qui reste au sol.

 

Pour mon crash test, j’ai vidé un sac d’aspirateur par terre, avec poussière, riz, lentilles, miettes et petits morceaux de plastique, sur une zone qui mêle sol dur et tapis. Réglages du quotidien : aspiration standard, itinéraire standard, mode aspiration seule.

Le robot commence par les bordures, puis traite le centre en lignes parallèles. Il augmente la puissance dès qu’il monte sur le tapis. À la fin du premier passage, il ne restait que quelques moutons qu’il avait éparpillés lui-même. Je l’ai laissé repartir pour un second passage en lignes perpendiculaires : au final, un grain de riz sur le tapis, rien d’autre au centre. Pour un robot à 499 €, c’est le niveau d’un modèle haut de gamme.

Le problème se situe le long des murs. Même après un troisième passage, un liseré de poussière de 3 à 4 mm restait contre la plinthe. La brosse latérale est fixe : elle ne se déporte pas pour aller chercher les angles et ne touche pas tout à fait le mur. Le flux d’aspiration rattrape la poussière légère, mais les miettes plus lourdes dans les coins de la cuisine demanderont un coup de balai.

 

Reste la brosse principale, en caoutchouc et en V. Elle est très bonne sur la poussière fine et dans les tapis. Sur les cheveux, c’est autre chose : après un seul passage, rien autour des pales, mais des cheveux déjà enroulés aux deux extrémités de l’axe. Il faut retirer l’embout pour les sortir. Sans entretien, ce type de brosse finit en quelques semaines entourée de cheveux. Mova vend en option une brosse CleanChop, dotée d’une lame qui coupe les cheveux. À ce prix, j’aurais aimé la trouver dans le carton. On trouve des modèles génériques compatibles pour quelques euros.

Brosse principale en caoutchouc en V du Mova E50 Pro Ultra retirée

Le bac à poussière du robot contient 300 ml, avec un filtre HEPA. Il n’a pas de micro-grille de protection, donc la poussière fine se loge dans les plis du filtre papier et il faut le nettoyer régulièrement. L’auto-vidage dure 10 à 15 secondes. Une fois, le clapet de sortie s’est refermé sur un peu de poussière et quelques cheveux, qui sont partis au vidage suivant.

 

Lavage : propre au centre, un centimètre de trop au bord

Les deux serpillières rotatives tournent à 260 tours par minute avec une pression de 12 N, et celle de droite sort sur le côté pour longer les plinthes. Un réservoir interne de 80 ml les garde humides pendant tout le cycle. En mode Swing, le robot pivote sur lui-même pour pousser ses serpillières plus loin sous les meubles bas.

Dessous du Mova E50 Pro Ultra : brosse principale et deux serpillières rotatives

Mon test : des traces épaisses de chocolat séché, étalées jusqu’à la plinthe. Humidité au maximum, itinéraire en profondeur, trois passages. Le premier humidifie surtout le sol. Le deuxième, en lignes croisées, commence à attaquer les taches. Au troisième, il restait encore pas mal de chocolat, et j’ai trouvé les serpillières moins mouillées que ce que j’attendais. La canicule a pu jouer, l’eau s’évaporait vite. J’ai relancé trois passages sur un sol cette fois bien humide, et le centre est ressorti impeccable.

Le bord, lui, garde une bande d’environ 1 cm. Le robot longe la plinthe à cette distance, alors que 5 mm suffiraient. Ça colle avec la poussière oubliée pendant le test d’aspiration. Le mode Swing ne s’est pas déclenché sous mon meuble de test habituel, et sous un autre meuble il a marché de façon aléatoire. Ces deux fonctions dépendent du capteur latéral, dont le faisceau m’a paru très faible sur mon exemplaire. Je n’exclus pas un capteur défaillant, ou un réglage que Mova corrigera par mise à jour. Si votre E50 Pro Ultra colle mieux aux murs, dites-le-moi en commentaire.

 

Sur les tapis, les serpillières se relèvent de 10,5 mm selon Mova. Mesure faite, elles restent à environ 5 mm du sol. Pour un tapis épais, mieux vaut les retirer avant le cycle, elles se décrochent en une seconde. Le robot ne sait pas les déposer seul à la station.

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Détection d’obstacles : il faut ranger avant

C’est le prix à payer pour un robot sans caméra. J’ai posé sur son trajet une chaussure, un cube de jouet, une télécommande, un stylo et une chaussette. Il a contourné la chaussure et le cube. Il a heurté la télécommande et le stylo, même après une deuxième tentative. La chaussette, je l’avais posée un peu froissée : elle dépassait 2 cm de haut et il l’a vue. À plat, il serait passé dessus.

Mova E50 Pro Ultra sur sa station

En pratique, le laser frontal ne repère que des objets d’environ 2 cm d’épaisseur ou plus. Avec deux petits garçons à la maison, ça impose un tour de ramassage avant chaque cycle, car une petite voiture ou un câble de chargeur oublié au sol, il ne les verra pas. Les propriétaires d’animaux doivent aussi savoir qu’il ne reconnaît pas les déjections. Le résultat est le même de jour comme de nuit, puisque les lasers n’ont pas besoin de lumière.

 

Application Mova : précise, avec un peu de découpage à faire

Le robot se connecte en Wi-Fi 2,4 GHz à l’application Mova. La cartographie rapide l’envoie dans tous les recoins avant de revenir à la station. Le plan obtenu est précis, mais sans caméra le robot a du mal à séparer certaines pièces, et chez moi il en a regroupé plusieurs dans une grande zone.

Le découpage manuel prend deux minutes : dans la gestion des pièces, on trace une séparation au niveau de chaque porte. Il a même accepté du premier coup d’isoler les toilettes, une pièce minuscule que beaucoup de robots refusent de séparer. Comme il ne reconnaît pas les pièces, on les nomme soi-même, ce qui sert ensuite pour les commandes vocales.

On retrouve les réglages habituels : ordre de nettoyage, zones interdites, murs virtuels, plusieurs cartes pour les maisons à étages, déclaration des tapis et des seuils (le robot pousse alors plus fort pour les franchir). L’option rideau est maline. Un LiDAR s’arrête devant un rideau comme devant un mur, et en déclarant sa position on autorise le robot à le pousser pour laver jusqu’à la fenêtre.

 

Les paramètres sont désormais rangés en blocs (station, sol, tapis), plus lisibles qu’une longue liste. On a 32 niveaux de débit d’eau, réglables pièce par pièce, de quoi mettre moins d’eau sur un parquet que sur du carrelage, et le mode CleanGenius qui ajuste seul aspiration et lavage.

Mon test de la forêt de pieds de chaise s’est déroulé sans accroc : le robot slalome avec précision et sort sa serpillière entre deux pieds pour laver au plus près.

Prix et garantie

Le Mova E50 Pro Ultra est affiché 469 € sur Amazon, contre 499 € sur le site de Mova. Mova le garantit 3 ans, un an de plus que la garantie légale. La version E50 Ultra, sans détergent automatique et avec un lavage à l’eau froide, est affichée 399 €, et Mova l’a lancée en promotion à 349 €.

 

FAQ

Le Mova E50 Pro Ultra a-t-il une caméra ?

Non. Il se repère avec un LiDAR à 360° et un laser frontal. Il évite les objets d’environ 2 cm d’épaisseur ou plus, mais il ne les reconnaît pas et ne propose ni vidéosurveillance ni surveillance des animaux.

Quelle différence entre le Mova E50 Pro Ultra et le E50 Ultra ?

Tout se joue dans la station. Le E50 Ultra n’a pas de réservoir de détergent et lave ses serpillières à l’eau froide, tout en gardant le séchage à air chaud. Le robot, l’aspiration de 30 000 Pa et les serpillières sont identiques. Comptez environ 100 € d’écart.

Le détergent sert-il à laver le sol ?

Non, il sert au lavage des serpillières dans la station. Pour laver le sol au détergent, ajoutez-en un peu dans le réservoir d’eau propre et coupez le dosage automatique dans l’application.

Le robot passe-t-il sous les meubles bas ?

Avec 97 mm de haut, il passe sous la plupart des meubles. Sous mon meuble TV, qui laisse 98 mm, il se glisse avec un millimètre de marge.

Faut-il acheter la brosse CleanChop ?

Oui si vous avez des cheveux longs à la maison ou un animal à poils longs. La brosse en caoutchouc d’origine retient les cheveux autour de son axe dès le premier passage.

Combien de lavages avec un plein d’eau propre ?

Mova annonce jusqu’à 700 m² lavés avec les 5 litres du réservoir. Pour un rez-de-chaussée de 60 m², ça fait une dizaine de passages complets.

Mon avis sur le Mova E50 Pro Ultra

Le E50 Pro Ultra fait le principal très bien. Au crash test, il aspire aussi proprement qu’un robot vendu deux fois plus cher, sur sol dur comme sur tapis. Sa station lave les serpillières à l’eau chaude, les sèche en deux heures et tient longtemps sans intervention, avec des réservoirs qui sortent par l’avant.

Je lui reproche surtout sa distance aux plinthes, au lavage comme à l’aspiration, en gardant un doute sur mon exemplaire. La brosse CleanChop absente du carton vous coûtera quelques euros de plus si vous avez des cheveux longs à la maison. L’absence de caméra se gère en ramassant les jouets avant de lancer le cycle, un réflexe à prendre de toute façon avec des enfants.

 

Si vous cherchez un robot qui aspire fort et lave bien sans vous demander d’entretien quotidien, il fait partie des meilleurs choix sous les 500 €.

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