XPeng a fait circuler son système de conduite assistée Next Generation Pilot dans Paris, pendant le Mondial de l’Auto 2026. Au volant d’un L03 en mode supervisé, la conduite s’est montrée très prudente, avec une lecture fine de l’environnement, face au Tesla FSD.
Reste la question de l’usage réel en Europe. XPeng dit pouvoir adapter son logiciel à un nouveau pays en 14 jours et vise une homologation au début de 2027, mais le feu vert des autorités restera décisif. L’accès se ferait par abonnement, sur des modèles compatibles.
L’essentiel
- Conduite prudente : Le NGP roule avec une marge de sécurité, temporise au redémarrage aux feux et ne dépasse pas la vitesse autorisée, ce qui peut lisser l’allure au quotidien.
- Gestion urbaine : À Paris, il a slalomé proprement entre obstacles, anticipé piétons et cyclistes et progressé en zone de travaux, sans intervention autre que la supervision.
- Compatibilité limitée : Le NGP demande 1 500 TOPS sur le L03 Ultra. Les versions moins chères du L03 et la plupart des autres modèles XPeng actuels ne pourront pas l’activer.
- Feu vert 2027 visé : XPeng évoque une adaptation pays en 14 jours et vise une homologation européenne début 2027, avec un accès par abonnement une fois l’autorisation obtenue.
Ce qu’on a observé à Paris
Sur un parcours urbain dense, le NGP a géré la conduite de point à point en mode L2++, avec un superviseur prêt à reprendre la main. Une caméra d’habitacle vérifie l’attention du conducteur. Lors de ces essais, le système demandait d’effleurer le volant, un rappel qui doit disparaître en version de série.
Le logiciel met son clignotant, se place proprement aux feux et anticipe les pièges courants. Il a slalomé entre une camionnette et une voiture mal positionnée, laissé passer des piétons, repéré un cycliste à pied qui s’est lancé à la dernière seconde et géré des zones de travaux au marquage incertain.

Dans une scène marquante, la voiture a longé des bus en double file en calculant l’espace au centimètre près pour se faufiler sans bloquer la circulation. À l’inverse, un passager sortant d’un bus porte ouverte a surpris le système, qui aurait pu ralentir davantage à son niveau.

Prudence XPeng vs réactivité Tesla
Face au Tesla FSD, le NGP apparaît plus précautionneux. À un feu qui passe au vert, il marque un léger temps avant de repartir si un usager est devant. Il ne dépasse pas la limite de vitesse, même si le flux roule plus vite, quand le FSD peut proposer des réglages différents.
La différence tient aussi aux capteurs. Tesla mise sur une philosophie « Vision Only ». XPeng combine 12 caméras et 12 radars, alimentant une IA dédiée. Le résultat, à Paris, donne une conduite courtoise et posée, avec des décisions maîtrisées et peu de surprises.
Pour suivre l’arrivée du FSD en Europe et des annonces récentes côté Tesla, vous pouvez lire notre récap des nouveautés, dont le FSD en Europe, dans notre article « Tesla lève le voile sur ses innovations ».
Règles et calendrier en Europe
XPeng vise une autorisation « début 2027 » pour activer le NGP en Europe, sous réserve d’avancées réglementaires. Pendant le salon, Liu Xianming, responsable du pôle IA chez XPeng, a assuré pouvoir adapter le logiciel à un nouveau pays en 14 jours, avec très peu de données locales, sans réécriture complète.
He Xiaopeng, PDG de XPeng, dit vouloir affronter les meilleurs systèmes d’aide à la conduite. Le principal verrou reste l’homologation, un obstacle que Tesla connaît bien. En attendant, les démonstrations publiques se font sous supervision humaine.
Matériel compatible et modèle économique
Le NGP tournait sur le XPeng L03 en version Ultra, doté de deux puces maison Turing totalisant 1 500 TOPS. XPeng réserve cette configuration aux L03 Ultra, facturés 42 990 € et 46 990 €. Les versions à 34 990 € et 37 990 € n’en disposent pas.
Hors du tout dernier G9L, les modèles G6, G9 et P7+ ne seront pas compatibles, faute de puissance embarquée. Une fois autorisé, le NGP sera accessible via un abonnement, à un tarif non communiqué à ce stade.
