Recharge 3,6 kW ou 7,4 kW : quelle puissance choisir ?

par JulSa_

Sur le papier, 7,4 kW double 3,6 kW. La tentation est immédiate : prendre le plus rapide. Mais au quotidien, la question n’est pas « lequel charge le plus vite », c’est « lequel correspond à vos trajets et à votre installation ». Et là, la réponse surprend souvent.

J’ai fait tourner les deux logiques en parallèle pour voir où se situe la vraie frontière entre ces deux puissances. Certaines choses changent vraiment au quotidien, d’autres pas du tout.

La règle de base : on recharge ce qu’on a consommé

Un conducteur français roule en moyenne autour de 30 km par jour, et beaucoup tournent entre 30 et 50 km en comptant les trajets domicile-travail. Avec une consommation de 15 à 18 kWh aux 100 km, ça représente 5 à 8 kWh à remettre dans la batterie chaque soir. Pas une recharge complète : un appoint.

 

C’est le point de départ de toute comparaison honnête. On ne recharge presque jamais de 0 à 100 % à la maison. On rend à la batterie ce que la journée lui a pris, pendant qu’on dort.

3,6 kW : la nuit fait tout le travail

À 3,6 kW, récupérer 30 km de trajet demande environ une heure et demie. Pour 50 km, comptez deux heures et demie. Vous branchez à 19 h, la voiture est prête bien avant minuit. Sur une nuit complète de huit à dix heures, vous avez largement de quoi couvrir n’importe quelle journée ordinaire, et même reconstituer une bonne partie d’une grosse décharge.

Le seul cas où 3,6 kW montre ses limites, c’est la recharge intégrale d’une grande batterie. Passer 50 kWh de vide à plein prend une quinzaine d’heures à cette puissance, soit plus qu’une nuit. Mais ce scénario ne se présente que si vous arrivez sur la jante après un long trajet, et dans ce cas vous avez de toute façon rechargé en route sur une borne rapide.

 

Pour la majorité des conducteurs qui branchent chez eux chaque soir, le 3,6 kW suffit. C’est la logique du PC200-3K6 : un chargeur portable qui se branche sur une prise domestique, sans installation, et qui transforme chaque nuit en plein d’essence silencieux.

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7,4 kW : pour les journées longues et les appoints express

Rheidon PC200 Pro 5 1

Le 7,4 kW divise les temps par deux. Les 30 km reviennent en moins de cinquante minutes, les 50 km en un peu plus d’une heure. L’intérêt n’est pas la nuit, où vous avez le temps de toute façon, mais la journée. Vous rentrez à midi, vous repartez à 14 h avec 100 km de plus. Ou vous enchaînez deux gros trajets dans la même journée sans attendre.

Le 7,4 kW vise les gros rouleurs, les foyers à deux voitures électriques qui se partagent un point de charge, ou ceux qui font des recharges complètes régulières. C’est la puissance du PC200 Pro 7K4, le format portable connecté de la gamme Rheidon, pensé pour ceux qui veulent récupérer vite sans installer de wallbox fixe. Je l’ai mis à l’épreuve dans mon test complet du PC200 Pro.

 

Le vrai prix d’entrée du 7,4 kW : la prise

Voici où le spec sheet ment par omission. Le 3,6 kW se contente d’une prise de courant ordinaire, à condition de régler l’intensité sur ce qu’elle supporte. Le 7,4 kW, lui, tire 32 A. Aucune prise domestique classique n’encaisse 32 A en continu. Il faut une prise industrielle CEE 32 A bleue, ou à défaut une prise renforcée, et un abonnement d’au moins 9 kVA.

Autrement dit, le 7,4 kW déplace le coût. Le chargeur est plus cher, mais surtout il impose un point de raccordement adapté et parfois une hausse d’abonnement. Sur un compteur 6 kVA, le 7,4 kW disjoncte avant même d’avoir commencé. Le 3,6 kW passe sans rien changer.

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Le courant réglable, le point commun qui change tout

Les deux modèles Rheidon partagent une qualité qui pèse lourd à l’usage : on ajuste le courant directement sur l’appareil. Le PC200-3K6 se règle de 6 à 16 A, la version Pro 7K4 de 6 à 32 A. Vous adaptez la charge à la prise du moment et à la marge que laisse votre compteur.

 

Concrètement, un chargeur 7,4 kW bridé à 16 A redevient un chargeur 3,6 kW quand vous n’avez qu’une prise standard sous la main. Cette flexibilité évite d’être prisonnier d’une seule configuration. Vous chargez fort là où l’installation le permet, doucement ailleurs, sans matériel supplémentaire.

Alors, lequel choisir ?

Si vous roulez normalement, que vous branchez chaque nuit et que votre compteur est en 6 kVA, le 3,6 kW couvre tout sans toucher à votre installation. Si vous avalez beaucoup de kilomètres, que vous avez besoin d’appoints rapides en journée, et que vous disposez déjà d’une prise CEE 32 A et d’un abonnement 9 kVA, le 7,4 kW prend tout son sens.

La puissance idéale ne se lit pas sur la fiche technique. Elle se déduit de vos trajets et de ce que votre maison peut fournir. Regardez d’abord comment vous roulez, le reste suit.

 
Le 7,4 kW recharge-t-il vraiment deux fois plus vite ?
Oui, à puissance réellement délivrée. Pour 50 km d’autonomie, comptez environ une heure et quart en 7,4 kW contre deux heures et demie en 3,6 kW. L’écart compte en journée, beaucoup moins la nuit où le temps ne manque pas.

Puis-je brancher un chargeur 7,4 kW sur une prise normale ?
Pas à pleine puissance. Le 7,4 kW exige 32 A, donc une prise CEE industrielle. Sur une prise classique, il faut brider le courant, ce qui revient à charger comme un 3,6 kW. Pour exploiter les 7,4 kW, prévoyez le bon point de raccordement.

Mon abonnement 6 kVA suffit-il pour du 7,4 kW ?
Non. Un chargeur 7,4 kW dépasse à lui seul les 6 000 VA d’un abonnement 6 kVA et fait sauter le compteur. Il faut passer en 9 kVA au minimum. Le 3,6 kW, lui, reste compatible avec un 6 kVA.

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