Guerrier quasi indestructible qui parcourt les terres sans repos, Conan s’apprête à vivre une nouvelle aventure. Quelles fourberies se dresseront sur son chemin ?
La Bête du Nord – Le déchaînement de Conan
Parcourant les chemins arides et peuplés de Bandit de la région de Corinthe, Conan finit par arriver dans une cité qui respirait le crime, comme le châtiment, Hud-Hund Engaun. Si le cimmérien espérait y passer inaperçu, c’était sans compter sur l’envie de certains de provoquer des bagarres à la moindre occasion.
Quoi qu’il en soit, sa corpulence et ses exploits physiques attirent immédiatement l’attention de Gyula, le chef de l’un des deux plus gros clan de voleur de la ville. Celui-ci, sentant ses derniers jours arriver, lui demande d’aller délivrer sa fille des mains du chef de clan rival, Zingaro. Conan attend la nuit pour s’infiltrer dans le palais farouchement gardé, où elle est retenue prisonnière.
Mais il y a encore de nombreux dangers qu’il ignore… Comment le cimmérien parviendra-t-il à s’en sortir ?

Je ne connais pas Conan le Barbare. Cette saga qui défie les décennies a vécu ses heures de gloire bien des années avant ma naissance, si bien que je n’en connais que quelques bribes. Toutefois, La Bête du Nord se revendique de cet héritage, d’une bande dessinée posée, plus narrative, où l’action s’intègre dans une violence décomplexée et figée. Un style daté, que l’on retrouve assez peu dans les œuvres actuelles, mais qui s’avère toujours aussi agréable à parcourir.
Les auteurs, Oscar Martin et Leonel Castellani, laissent transparaître leur amour, leur respect et leur admiration pour l’œuvre originale et ceux qui l’ont adaptée par le passé. Ils en parlent bien mieux que je ne le ferais jamais, et d’une façon qui parlera à coup sûr à qui a grandi avec les aventures du Cimmérien.
Le scénario nous réserve quelques surprises des plus appréciables, sans pour autant s’étaler à construire quelque chose sur le long terme. Quoi qu’il en soit, malgré quelques points de subtilité, j’avoue avoir trouvé l’expression de Conan plus profonde dans l’amour des auteurs pour ce personnage, que dans leur expression de ses aventures.
Non qu’elle soit inintéressante, mais tout simplement trop orientée sur la violence et l’action qui caractérise le barbare. Le cadre social s’effiloche, le scénario n’est plus qu’une mise à jour de mission et le massacre continue.

La Bête du Nord est une bande dessinée écrite par Oscar Martin et Leonel Castellani. Sorti le 29 Janvier 2026 chez Delcourt, c’est un volume de BD One Shot qui reprend les aventures du célèbre Conan le Barbare, avant qu’il ne devienne roi.
Il y a toujours plus fort que soi
Si vous aviez découvert Conan le Barbare quand vous étiez plus jeune, alors La Bête du Nord va, assurément, vous conquérir. En effet, à l’instar de l’adaptation de Capitaine Flam, on sent particulièrement l’admiration des auteurs pour les adaptations précédentes de l’œuvre de Robert E. Howard. Cela se transmet particulièrement dans le dessin et sa mise en scène très découpée. Les dialogues sont peu nombreux, laissant la place à la sauvagerie ou la narration.
Le découpage est très classique, sortant rarement du quadrillage, mais n’hésitant pas à juxtaposer les cases. Le contraste joue entre les aplats de couleurs ou les ébauches de fonds et le blanc des pages. Un jeu qui donne un rythme très régulier à l’aventure, que ce soit dans les scènes d’action ou dans les scènes plus posées. Le sang joue également beaucoup sur le contraste de l’œuvre, créant une sorte de synergie dans laquelle la sauvagerie peut pleinement s’exprimer.

Côté édition, Delcourt nous propose ici un volume de (très) grande taille et d’excellente facture, qui nous permet d’apprécier les détails et les couleurs de chaque page. De quoi satisfaire les lecteurs de bande dessinée les plus accomplis.
Conclusion
Cette BD est une création par des fans, pour des fans. Elle transpire les souvenirs et les bons moments de ses auteurs, qui cherchent à les partager avec ceux qui peuvent se retrouver dans cette vision.

Si j’ai apprécié La Bête du Nord, je dois me rendre à l’évidence. J’ai grandi avec des bases culturelles trop différentes de celles de nos auteurs, si bien que ne perçoit qu’une partie du rayonnement de ce héros. C’est une œuvre d’action assez bourrine qui plaira toutefois à ceux qui cherchent de la sauvagerie.

