Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

Pas encore de commentaire

[Test] Mass Effect Andromeda, vers l'Infini ... et l'Uchronie

[Test] Mass Effect Andromeda, vers l’Infini … et l’Uchronie
Gornwain

Après avoir appris que Bioware avait dans l’optique de faire un nouveau Mass Effect, mon sang n’a fait qu’un tour. Passionné de ce genre de space-opéra, l’arrivée d’Andromeda annoncée possiblement une certaine renaissance du titre, après un épisode 3 plus que discutable, même s’il demeure incomparable dans la vidéothèque de bon nombre de joueurs. Voici donc mon retour d’expérience après plus de 40 heures sur ce Mass Effect Andromeda.

 

Présentation :

Mass Effect Andromeda est un RPG, TPS orienté action, science-fiction et space opéra. Sorti le 23 mars 2017 et développé par le studio Bioware, nous nous retrouvons 600 ans plus tard comparés à la fin de l’épisode 3 et nous sommes dans la peau d’un pionnier prenant part à l’initiative Andromède. Ce voyage consiste à explorer la galaxie dans l’espoir de découvrir un nouveau foyer pour l’humanité.

Autant dire qu’on ne peut qu’être admiratif de l’ambiance de la série de Bioware, qui instaure tout de suite une certaine nostalgie. Mais décryptons tout cela ensemble : c’est foncièrement un jeu correct, mais j’ai décidé de faire un focus plus important sur les points faibles du titre, qui sont soit assumé par l’équipe de développement soit qui dégrade pour de bon l’expérience du joueur habitué à la licence.

Longue vie et prospérité

Pour commencer, l’approche de cet épisode est très orienté « Stargate » , ce qui se retranscrit de fait au sein des dialogues. Des aventuriers débarquent, tentent d’établir des relations diplomatiques, se battent contre des méchants souvent armés, etc. Une orientation qui me plaît vraiment, un concept de Mass Effect hérité du précédent avec de l’évolution des niveaux et des pouvoirs/habilitées à faire agrémenter d’une touche de crafting pour les armes et armures.

Le petit brin d’humour est toujours présent et fait souvent mouche, si on choisit les réponses adéquates au sein des discussions.En effet, le système de dialogue est plus évolué et permet de choisir encore mieux le ton de sa réponse. Une bonne idée de mettre un caractère particulier de chaque réponse (sérieux, décontracté, …). Les conséquences de nos choix sont pour le moins difficiles à évaluer sur le long terme, même si les possibilités offertes dans les réponses sont plus larges qu’auparavant.

On remarque de but en blanc que le système de couverture est bien différent ; notamment par l’arrivée du monde ouvert, il y a donc plus de possibilités de prise à revers de votre groupe. Toutefois, on ne peut que regretter l’absence de gros boss charismatiques comme avant. ; la gestion des coéquipiers en combat est trop brouillonne et pas aussi profonde que dans le 3ème opus.
L’IA des ennemis est nettement intelligente, une fois que son script est lancé car elle se retrouve parfois aux fraises durant un combat ou même coincé dans un mur du décor 😉 Les classes multiples quand à elles, interchangeable à la volée durant les combats dicte un vrai dynamisme durant les escarmouches.

Photo Multi Mass Effect Andromeda

Le multijoueur est inclus dans ce nouvel opus. Grosso modo, une adaptation du gameplay combat du titre. Il n’a a pas de réel tutoriel sur ce mode, ce qui est dommageable pour les non-initiés, même en plein jeu. Les changements de vues sont parfois problématiques au niveau des sauts, la faute à quelques bugs de caméra.
Une partie dure une vingtaine de minutes environ et c’est nerveux, rapide mais très punitif même à faible niveau ( à moins que je sois particulièrement nul en shooter). Un multijoueur que je trouve parfaitement anecdotique car Mass Effect, c’est du solo avant tout, mais ce mode pourra contenter certaines personnes.

Le jeu bénéficie d’une musique très cool, mais aussi d’une grosse durée de vie, avec toutes les planètes à terraformer et le puits sans fond de quêtes en tous genres que nous réaliserons à bord de notre Nomade, clairement un ajout de qualité, une valeur mécanique sûre bien réexploitée de l’ancien Mako.

On notera un doublage français de grande classe, mais parfaitement inégale suivant les doubleurs (tels qu’Alexandre Astier qui récolte un rôle plus que passable, qu’il explique néanmoins par le fait que les doubleurs jeu-vidéo ne voient pas le jeu en action). Arrivons maintenant là où le bât blesse.

It was at this moment, Jackson knew he fucked up

Pour ce nouvel opus, un choix non exhaustif de bugs en tous genres : du ghosting, des problèmes d’affichage, OOB ou encore déplacement de caméra. Bien qu’ils ne soient pas rebutants, ils sont un vrai frein pour l’expérience de jeu et l’immersion. Ce Mass Effect ne permet pas certains actes ou déplacement du personnage logique, du coup on se retrouve souvent face à des situations parfois bizarre de game design. Les mises à jour me donnent raison sur les bugs du jeu arrangés, mais encore qu’il reste à corriger.

Que dire des animations visuelles, notamment dans le contexte des discussions quelques fois à la ramasse comparé au ton de la conversation. L’enchaînement des réactions est discutable, voir parfois affligeants ; les personnages ressemblants soit à des robots ou des tueurs en série (et surtout les visages, Mon Dieu). La modélisation des humains est totalement pourrie, tels des enfants de 14 ans avec de la peau grasse ; presque toutes les autres races sont mieux réalisées. A l’époque en 2012, Miranda il faut se rappeler que c’était le combo visage/animation fait par Yvonne Strahovski en modèle. Dans ce jeu, on dirait des poupées en porcelaine, pas du tout dignes d’un design de 2017.

Photo Visage Effect AndromedaPhoto Visage Effect Andromeda

Le jeu se fait le porte-parole des quêtes MMO par milliers qui ne font que se succéder sous forme d’allers et retours pour pousser au bout l’intrigue tel un boulet au pied. En gros, active des interrupteurs et merci d’être passé. Et cela est présent très fréquemment dans ces quêtes, avec cet aspect remplissage qui dégouline de partout (notamment devoir faire du scanner dans tous les sens).

Parlons des temps de chargement lors de la connexion de votre profil. En règle générale, il est assez rapide, sauf si vous vous déconnectez en plein jeu de votre compte Origin, et alors là redémarrez votre jeu, c’est le plus rapide pour reprendre votre partie (plus de 5 minutes d’attente, HORRIBLE).

Un arrêt au stand pour discuter une seconde des nouvelles races introduites sur Andromeda : tout d’abord, les Angara qui selon moi transpirent la petite référence à Star Wars (Chagrien / 20) ainsi que les Reliquats, sorte de sous-produit de Geth qui ne font que remplacer au pied levé les Protéens oubliées un peu plus loin.

Et tous ces petits points n’arrivent pas à porter le scénario, trop conventionnel, assez loin du système solaire pour ne pas y voire des redondances de la première trilogie. Un scénario explicitement tiré par les cheveux : ou est le grandiose de l’époque des moissonneurs qui faisaient flipper par leur puissance et leurs desseins machiavéliques (des vaisseaux gratte ciels qui récoltent la vie tel un paysan récoltant son blé avec une moissonneuse John Deere).

J’ai réussi à entrevoir une amélioration générale vers la fin sur l’ensemble du jeu que ce soient les visages, expressions ou encore cinématiques.
La fin du jeu laisse penser à une ouverture pour plus tard, ou juste une continuité de la partie ? (bien que le studio a dit qu’il mettait la série en pause ? Pourquoi donc…??)

Il est toutefois difficile de passer toutes les cinématiques inhérentes au jeu (atterrissage, décollage, arrivée sur les planètes) surtout dans un jeu qui nous demande trop souvent d’aller et venir pour compléter une quête secondaire ou tertiaire.

Photo Combat Mass Effect Andromeda

Certains points du gameplay ne sont pas du tout intuitifs (exemple : lire ses messages, oblige à décoller pour parfois revenir sur ses pas, pas super pratique et une grande perte de temps par la même occasion). On ne peut s’empêcher de faire l’analogie avec Skyrim dans les déplacements sur les reliefs de montagne, on oublie donc plus d’une fois la gravité où il m’a été possible de tenter des choses ultimes.

Au niveau de l’ergonomie, le travail n’est pas assez peaufiné. On se perd encore trop entre tous les écrans pour accéder à un simple menu optionnel et l’accès aux différentes pièces du vaisseau nous fait faire un vrai marathon.

Les personnages secondaires le sont trop souvent, et n’apportent pour la plupart que peu de profondeur à l’équipe et à l’intrigue (ou sont les Wrex, Garrus, Liara de la première trilogie ?). Le début de l’histoire est assez poussif et la trame principale a bien du mal à se mettre en place : on ne prend pas franchement notre Pionnier au sérieux dès le départ et il nous faut bien quelques heures avant qu’il ne puisse être crédible. C’est ainsi que le jeu est constamment le cul entre deux chaises, à essayer de contenter les fans hardcore de la série et les casual qui débarque. Comme dit, un énorme gouffre dans la narration se fait ressentir : un cruel manque de rebondissements et de quêtes importantes pour l’histoire.

Je trouve aussi que le cadrage de la caméra est bizarre. Elle est toujours centrée sur le visage alors que c’est clairement le point faible du jeu. A croire que les développeurs voulaient vraiment se faire lyncher.

Photo Mass Effect Andromeda

Pour résumé, ce voyage dans Andromède est trop dirigiste et impératif dans l’approche de son gameplay, les décors atrocement inégaux tantôt fabuleux ou tout juste passables suivant les environnements et des quêtes annexes beaucoup trop inégales dans leur qualité et leur contenu.

Points positifs :

  • Paysages tantôt sublimes …
  • L’univers Mass Effect bon sang !!
  • Les passages de colonisation/viabilisation
  • Des combats plus dynamique/nerveux

Points négatifs :

  • … tantôt passable
  • Animation bâclée/ visages immondes
  • Problèmes techniques en tous genres
  • Scanner de partout
  • Un scénario clairement en deçà
  • Une fin mise en suspens, qui ne répond pas à bon nombre de questions essentielles

Pour Conclure

Mass Effect Andromeda, par Bioware
7

Superficiel

Mass Effect Andromeda peine à se trouver au sein même de sa propre licence. Un aspect désordonné et une finition terne font paraître les défauts grossiers que Bioware aurait très bien pu corriger avec un peu plus de minutie, ce que demande un jeu comme Mass Effect. On retrouve l'univers tant apprécié mais ayant perdu de sa substance. La Qualité a laissé la place à la Quantité, ce qui n'est pas le bon choix pour un space-opéra en général. Un jeu a expérimenté en one shot, un vestige pas vraiment taillé pour devenir un Hit.