Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

Pas encore de commentaire

[Cinéma] Avis / Critique : Stratton - un pur sous-produit de James-Bond ?

[Cinéma] Avis / Critique : Stratton – un pur sous-produit de James-Bond ?
Camorra

Proust nous l’a longuement expliqué avec sa très ennuyeuse « Madeleine » : la mémoire a besoin de stimuli pour enregistrer. Quoi de plus stimulant qu’un film ? Qu’il soit bon ou mauvais, même le plus gros nanar de tous les temps sera suffisamment stimulant pour que nous l’enregistrions. C’est précisément pour cette raison que je ne prends jamais de notes quand je vais voir un film avec l’optique d’en faire la critique. Précisément pour cette raison que je n’avais pas apporté de calepin pour cette projection, précisément pour cette raison que j’ai emmerdé tout mon voisinage avec la lumière de mon téléphone alors que je prenais des notes : Stratton est tellement plat que j’ai dû déroger à la règle. Sacrilège.

 

Synopsis

Une lourde menace pèse sur le monde : un gros méchant russe a volé, sous les yeux des services secrets britanniques (le MI-6), un gaz très mortel. « Neige de Satan » l’appelle-t-on dans le milieu, histoire d’être certains de la dangerosité de la chose (parce-qu’un nom comme « la barbapapa de oui-oui » aurait pu porter à confusion). Non content de voler le gaz, le méchant décide de le foutre (le gaz) dans 4 drônes et de les envoyer dans un endroit mystérieux, une grande ville traversée par un fleuve que le MI-6 a beaucoup de mal à identifier (et qui s’avère être, ô surprise : Londres. Sont pas doués au MI-6). Et Stratton dans tout ça ? Ah oui lui. Donc il est membre s’une super mega top unité d’élite du MI-6 et est, après moultes péripéties, chargé d’arrêter le méchant russe. Et le méchant gaz au passage.

 

Bande-annonce

 

Si beaucoup de films sont construits sur le même modèle, la plupart d’entre eux arrive à se démarquer des autres, par une mise en scène audacieuse, un humour décalé, des personnages marquants ou des scènes d’action ambitieuses. Rien ici ne permet de donner un quelconque intérêt à cette production. Elle n’est que caricature de film d’action et ennui. Tout les clichés sont de la partie : les méchants qui mitraillent les gentils sans jamais les toucher (si vous voulez trouver un emploi chez les méchants, il suffit visiblement de ne pas savoir viser, envoyez votre CV et lettre de motivation à badguy@evil.ru), les flashbacks sur la vie heureuse du pote de Stratton qui meurt après 3 minutes de film, Les russes qui parlent anglais entre eux, le méchant qui rentre chez lui plus tôt que prévu alors que les gentils y installaient justement des caméras, les méchants qui testent leur gaz sur des enfants innocents du tiers-monde, la musique à suspense durant les scènes de fusillades ou tout le monde tire partout sauf sur les gens… Et j’en passe, le seul suspense est de savoir quel prochain cliché nous sera imposé. Parce-que ce film est chiant. Tellement chiant…

 

Mais comment un film d’action peut-il être assomant ?

Déjà parce-qu’il n’y a aucune surprise, aucun coup d’éclat mais aussi et surtout parce-que les personnages sont plats, vides, inexpressifs et fades. Dommage dans la mesure où le casting aurait pu suffir de lui-même à sauver le film : Dominic Cooper est génial dans « Preacher » et nous retrouvons le Drago Malefoy de Harry Potter avec plaisir. Sauf qu’à aucun moment nous n’avons la chance de nous y attacher, rien ne nous est donné pour suiciter la moindre empathie.

 

Et le scénario dans tout ça ? C’est important le scénario dans un film, primordial même. Que vaut-il ?

Difficile de répondre à cette question, j’hésite entre « rien » et « baclé »… Bon, disons les deux, inutile de tergiverser… J’ai tendance à exagérer je le sais pertinemment mais j’ai dans mes précieuses notes un exemple parlant : Stratton découvre un drône dans la planque du méchant et arrête un autre drône à la fin du film. Tout est bien qui finit bien et tout le monde se satisfait de cette happy end où Stratton peut aller pêcher tranquillou avec son vieil ami. Mais voilà, on nous parle de 4 drônes au début. 4. Et on rabache ce chiffre tout au long du film pour tenter de faire monter la tension. Donc bordel, où sont passés les deux derniers drônes ? A priori, le MI-6 s’en contrefiche totalement. Par contre les scénaristes insistent lourdement sur l’ex de Stratton qui a piqué un mug en le larguant. Disons que le sens des priorités est relatif, chacun voit midi à sa porte. Par exemple j’ai trouvé les dialogues juste insipides alors que mon voisin les a trouvés affligeants. Et pourtant ce film est tiré d’un livre (que je suis ravie de ne pas avoir lu). Amis marketeux : « d’après le roman d’Untel » n’est pas un argument de vente ni un gage de qualité.

 

Je ne m’attendais pas à un chef-d’oeuvre, je pensais voir un bon film d’action. C’est effectivement un film d’action, peut-être que ce n’est pas si mal après tout, aussi monotone qu’il soit. Et puis si vous décidez malgré ce que je viens d’écrire d’acheter le DVD, rien ne vous empêche de faire le ménage en même temps que vous le visionnerez, de lire un traité sur la théorie des cordes ou d’apprendre une nouvelle langue. Vous pouvez également l’utiliser comme un élégant cale-pied ou dessous de verre.

Pour Conclure

3

sur 10

Si vous aimez les films rébarbatifs, les personnages soporifiques, les clichés et les scènes d'actions bâclées : foncez !