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[Cinéma] Avis / Critique : "Ça", quand PINDER boit du Joker Venom

[Cinéma] Avis / Critique : « Ça », quand PINDER boit du Joker Venom
Gornwain

Le 7ème art devant jouer de tous ses charmes pour m’attirer dans ses fauteuils cosy et ses tickets hors de prix, il fallait pour ma part absolument voir la nouvelle adaptation d’un des meilleurs romans de Stephen King, « Ça » l’emblème du roman que tu as pas envie de lire le soir. Avec un Bill Skarsgård qui fait autant psychopathe que le regretté Heath Ledger, plongeons dans la folie de ce film qui est sans nul doute, une très bonne adaptation. (Vu en VF, même si la VO me fait TROP envie 😛 )

Synopsis :

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés« . Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »…
Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou

Enfants à vélo (ça)

Une production « Madeleine de Proust » 😎 

Nous sommes ici en présence d’un bijou de Stephen King. Il est ici totalement respecté dans son fond et quelque peu changé au niveau de la forme pour correspondre au niveau du public de 2017. Celui-ci ne côtoie pas assez de film hardcore et donc ne s’attend qu’à un divertissement parmi tant d’autre. Dommage.

Toutefois, le réalisateur rend tous les honneurs au titre en appuyant parfaitement le conflit qui anime les enfants du « Club des Ratés » avec leurs parents : entre oppression et liberté dans la représentation des acteurs, lumière et ténèbres face caméra. Avec un vrai décalage au niveau des scènes entre les passages en extérieur avec les enfants et les plans rapprochés chez les parents.
L’enfance se confronte au monde que rien n’épargne (avec pêle-mêle : le deuil, l’inceste, le harcèlement, les premières agitations sexuelles, la peur de la maladie et de la mort) avec un gros travail sur les couleurs, notamment le rouge sur les moments dramatiques ou de tensions toujours présents, par petites touches bien cachées (mis à part les ballons et le sang bien sûr).

On a aussi le droit à des références à gogo tout le long du film : Gremlins, L’Arme fatale, les New Kids on the Block et Molly Ringwald, Freddy Krueger, les Goonies … Une vague nostalgique sur laquelle Muschietti prend plaisir à surfer, tout en travaillant le produit pour la sublimer aux yeux des spectateurs.

Où sont passés les Oscars en chocolats ?

Revenons sur Pennywise, interprété de main de Maître par Bill de la grande famille Skarsgård. Le costume totalement dans la réflexion angoissante, un maquillage accentuant le jeu d’acteur qui ferait hurler tous vos neveux et nièces, mâtiné d’effets spéciaux parfois recherchés et de rares fois un peu baveux.
Concernant les acteurs enfants, copie parfaite il faut le dire. Mention spéciale pour les interprètes Sophia Lillis (Beverly) et Jaeden Lieberher (Bill) qui sont impressionnants de justesse et qui crève tous les deux l’écran, accentuée par l’amourette qu’il se crée tout au long du film. Les autres servent aussi une distribution de grande qualité, alternante avec justesse entre les moments d’humour, de terreur, de tensions et d’angoisses.

Club des Ratés (ça)

Peut être trop (rég)lisse et mal compris ..

On pourra attaquer les quelques raccourcis de scénario que le film se permet pour avancer s’agissant de l’origine de Ça et tout le cheminement de pensée de pourquoi les enfants l’appellent comme « ça » : le raccourci est très (trop) rapide. Il n’y a pas de vrai renouveau du genre au regard des ficelles de l’horreur, visibles assez facilement, mais qu’importe.

On notera surtout une grosse mésentente sur la vraie nature du film, qui n’est pas du tout orienté horreur mais bien plus sur la terreur, vers une peur extrême, une angoisse profonde et une très forte appréhension saisissant les personnages (que partagent enfants et parents). La raison est certainement la campagne de promotion qui a beaucoup loupée son marketing donc je comprends la déception de beaucoup de gens, qui s’attendaient au prochain Conjuring.

Une fin avec ou sans pop-corn ?

Sur le reste du film, 1 ou 2 longueurs en milieu de film sont encore à déplorer ou encore des moments un peu plus lourd, même si les 30 dernières minutes, on se prend des claques non stop au niveau de la tension dramatique. Avec une fin peut être discutable mais compréhensible pour faire le pont plus tard avec le prochain film à venir.

En résumé, un bouquin plutôt respecté, mais en même temps travailler dans l’air du temps (les peurs des années 50-60 qu’il a fallu repenser, le truc de passer dans l’inconscient de Pennywise en mode Mentalist delirium avec un voyage dans le macro-verse de la créature à la pure King, la moitie des gens étaient perdus avant le générique). Un pur exercice du malaise universel que tout le monde peut connaître, a connu ou connaîtra. Par la suite, comment les gamins vont revenir dans l’ambiance des années 2000, j’espère que « ça » sera super prenant (attention toutefois aux nouveaux acteurs plus vieux donc).

Pour tous les coulrophobes, merci de votre passage et n’oubliez pas votre ballon de l’Amitié 😈 

Pennywise avec un Ballon (ça)

 

Pour Conclure

"Ça" réalisé par Andrès Muschietti
9

Une Production Chic

Autant le dire de suite, je trouve cette œuvre quasi parfaite. On pourra toujours repenser à Tim Curry à l’époque qui apporta aussi beaucoup au personnage de Pennywise dans les années 90, mais bien trop édulcoré après l’avoir revu pour l’occasion. Bref, des acteurs dantesques, une ambiance de hantise permanente tenue grâce à une très bonne photographie et une histoire rééditée au plus proche de la classe du livre de l'époque. Bravo Muschietti, on se donne rendez-vous au prochain.