Test longue durée du Fanatec ClubSport Formula V3 : l’efficacité avant tout

par jvener974

Après avoir partagé le quotidien de son prédécesseur (le Formula V2.5 X) pendant plusieurs années avant d’alterner avec le ClubSport Wheel Rim GT3, il était temps de passer le dernier-né de la gamme au crible. Pour livrer ce verdict, il ne s’agissait pas de faire un simple déballage ou de tourner trois tours de piste : ce ClubSport Formula V3 a essuyé des centaines d’heures de jeu, des sessions d’endurance exigeantes et a été mis à rude épreuve sur iRacing, Le Mans Ultimate ainsi que sur la franchise F1.

Installé directement sur la base ClubSport DD (dont vous pouvez retrouver notre test complet), voici ce que ce volant a réellement dans le ventre.

Déballage et conception : la sobriété du haut de gamme

Fanatec ClubSport Formula V3 2

Dès l’ouverture de la boîte, la marque allemande confirme son savoir-faire. Le ressenti haut de gamme est immédiat et l’assemblage respire la solidité.

 

Sur le plan visuel, là où le V2.5 X arborait une esthétique très colorée, cette version V3 prend le parti d’un design full noir et carbone particulièrement réussi. Ce choix de sobriété offre un rendu très propre et neutre sur le setup.

La grande évolution matérielle concerne le revêtement : Fanatec abandonne l’Alcantara au profit de poignées en cuir perforé. Visuellement de très bonne facture, ce cuir s’annonce nettement plus durable et résistant au temps que l’Alcantara des générations précédentes. Un point d’attention toutefois lors des périodes de fortes chaleurs : dès que les mains deviennent moites, le revêtement peut s’avérer glissant. Pour conserver un grip parfait tout en protégeant le volant, le port de gants reste recommandé.

Sur la partie fixation, le volant est directement livré avec le nouveau Quick Release QR2. Issu de la compétition, ce QR2 est un modèle du genre : simple, rigide et d’une efficacité exemplaire sur la base.

 

Prise en main et ergonomie

Fanatec ClubSport Formula V3 3

La vraie révolution sur la piste provient de l’élargissement de la roue, qui passe de 270 mm sur la génération précédente à 290 mm sur ce V3.

En piste, ces 2 centimètres supplémentaires changent la donne. On gagne immédiatement en précision de pilotage. Certes, une augmentation de diamètre implique théoriquement une légère perte de levier et de sensation de puissance sur le retour de force. Mais couplé aux 15 Nm généreux de la base ClubSport DD, cet impact est imperceptible en pratique, personne ne jouant avec le FFB poussé au maximum.

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En termes de commandes, nous ne sommes pas en terrain inconnu puisque le V3 reprend la disposition logique qui a fait le succès de son aîné, tout en corrigeant ses erreurs passées :

 
  • Des molettes de pouce corrigées : C’était pour moi l’un des gros points noirs du V2.5 X (molettes trop proches et trop souples entraînant des modifications intempestives de répartition de freinage). Sur le V3, l’écartement accru et des crantages plus fermes résolvent enfin le problème.
  • L’apport du 2e FunkySwitch : L’ajout d’un second commutateur à 7 positions est une excellente nouvelle pour gérer les dashboards et Workmaps de plus en plus complexes des simulations modernes (LMU, iRacing).
  • Une profusion d’attributions : Entre les 11 boutons, les 3 commutateurs rotatifs 12 positions, les molettes cliquables, les basculeurs et les 2 FunkySwitchs, ce sont plus de 70 actions assignables qui tombent naturellement sous les doigts. En course, tout s’utilise à l’aveugle sans jamais quitter la piste des yeux ni devoir toucher au clavier. Ce qui est primordial en course.

Palettes et écran : entre efficacité et retards sur la concurrence

Fanatec ClubSport Formula V3 5

Le module de palettes magnétiques

Fourni de série, le module de palettes magnétiques s’impose comme un indispensable. Chaque passage de rapport réclame un appui ferme et net sans être excessif, éliminant tout risque de missed shift. Le travail sur l’acoustique est remarquable : le bruit mécanique est parfaitement maîtrisé et qualitatif, ce qui évitera de réveiller la maison lors d’une session nocturne.

On pourra certes regretter l’absence de série d’un module à 4 palettes avec embrayage analogique — les puristes de départs en monoplace devront repasser à la caisse pour un module optionnel — mais pour un usage généraliste avec embrayage auto ou au pédalier, le contrat est rempli.

L’écran OLED : un bilan mitigé

L’intégration du nouvel écran OLED de 2,7 pouces souffle le chaud et le froid. La taille en hausse est bienvenue pour la lisibilité de la télémétrie de base ou l’accès aux réglages du FFB (accessible d’ailleurs via un petit bouton d’affichage dédié sur la gauche du volant). Le paramétrage via le logiciel Fanatec reste simple et intuitif, même si l’on aurait apprécié plus de personnalisation.

 

Cependant, il faut se rendre à l’évidence : la marque accuse un certain retard face à la concurrence. Sur ce segment de prix, d’autres fabricants proposent des écrans couleur ou une vraie intégration avec SimHub. De la même façon, l’absence de boutons rétroéclairés sur le volant est le plus gros oubli de cette version.

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L’appréciation de cet écran dépendra donc de vos habitudes : accessoire flatteur pour certains, décevant pour les amateurs de tableaux de bord personnalisés, ou totalement inutile si vous roulez en réalité virtuelle.

Face à la concurrence et positionnement tarifaire

Fanatec ClubSport Formula V3 4

La comparaison avec le marché actuel demande une vraie nuance :

 
  • Face à un Conspit 300 GT mieux équipé (4 palettes, boutons rétroéclairés), le Formula V3 est certes un poil moins bien équipé, mais beaucoup moins cher !
  • Face à un Moza KS Pro proposé à tarif équivalent, le Fanatec fait l’impasse sur l’écran couleur, les boutons rétroéclairés et les palettes d’embrayage de série.

Fanatec va devoir réagir face à des concurrents qui rendent désormais leurs roues plus polyvalentes et compatibles d’une marque à l’autre. Pour les possesseurs d’un écosystème Fanatec, rester sur la marque demeure le choix le plus fluide.

Il convient toutefois de saluer l’effort financier de Fanatec. Bien que les moteurs de vibration intégrés à la roue aient disparu (une perte largement compensée aujourd’hui par la réactivité de la technologie FullForce), le ClubSport Formula V3 s’affiche à environ 350 € avec son QR2. C’est une baisse d’environ 90 € par rapport au prix de lancement du V2.5 X !

Voir une évolution matérielle corriger les défauts du passé tout en diminuant son prix final est suffisamment rare en simracing pour être souligné.

 

Verdict

Le Fanatec ClubSport Formula V3 fait exactement ce qu’on lui demande, et il le fait vraiment bien.

Si les critiques que l’on peut lui adresser concernent le retard technologique sur l’esthétique et l’affichage (pas de rétroéclairage des boutons, écran OLED N&B limité face à la concurrence), ce ne sont pas ces détails qui vous font gagner ou perdre en piste. En course, un bon volant est un outil qui ne vous trahit pas, dont vous connaissez l’ergonomie par cœur et qui reste d’une fiabilité exemplaire, même après des centaines d’heures de roulage.

Utilisé principalement sur les monoplaces, prototypes (LMP3, LMP2, Hypercar) ou la F1 — tout en étant excellent en GT3 si vous ne possédez pas une roue ronde ou typée GT comme le ClubSport Wheel Rim GT3 —, ce Formula V3 est un outil redoutable.

 

Il s’adresse aussi bien aux simracers voulant corriger les défauts du V2.5 X qu’aux débutants exigeants à la recherche d’une roue hyper polyvalente et durable.

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