Ça fait maintenant plusieurs mois que je roule avec le PC200-3K6 de Rheidon accroché sur mon support mural AC260, branché sur ma prise Green’UP. Le combo tourne bien, je n’ai rien à lui reprocher au quotidien. Alors quand Rheidon m’a proposé de tester le PC200 Pro, la version qui monte à 7,4 kW et qui embarque un système d’embouts interchangeables, j’étais curieux de voir ce que ça change vraiment par rapport à mon boîtier actuel. Spoiler : pas pour tout le monde, mais pour certains profils, ça change beaucoup de choses.
Le déballage, et ce fameux sac

La boîte ne change pas beaucoup de recette par rapport au PC200-3K6 : packaging soigné, notice illustrée, et surtout ce sac de transport en simili-cuir qui reste un des meilleurs arguments visuels du produit. Rheidon n’a pas lésiné dessus, on sent que la marque a compris que ce détail comptait pour beaucoup d’acheteurs.

Dans la boîte, on retrouve le boîtier avec son grand écran, un câble de 7 mètres (contre 6 mètres sur le 3K6), un support mural, un petit cadenas, les chevilles et vis pour l’installation, et surtout la nouveauté : l’embout Quick Switch livré d’origine, généralement en P17 32A. Sur la version que j’ai reçue, Rheidon m’a aussi fourni deux embouts supplémentaires : un Schuko (prise domestique classique) et un Type 2, pour se brancher directement sur une borne publique.
Le Quick Switch, l’argument central du Rheidon PC200 Pro
C’est la vraie différence avec mon 3K6. Chaque embout se clipse et se retire en tournant d’un quart de tour, sans outil. J’ai testé le changement à plusieurs reprises : ça prend moins de dix secondes, et le clic qu’on entend en fin de course donne confiance sur le fait que c’est bien enclenché.

Rheidon a mis un capteur de température dans chaque embout, pas seulement dans le boîtier principal. Ce capteur communique directement avec le chargeur, qui adapte automatiquement l’ampérage maximum disponible selon l’embout branché. Concrètement, si je clipse un embout Schuko 16A, le chargeur ne me propose que les paliers jusqu’à 16A, même si je suis capable techniquement de monter à 32A avec l’embout P17. Cette détection automatique évite l’erreur bête de forcer une puissance que la prise ne peut pas encaisser.

La gamme d’embouts disponibles couvre pas mal de terrain : Schuko 16A et 8A, P17 16A et 32A, Type 2 pour les bornes, et plusieurs prises étrangères (Angleterre, Suisse, Italie). Si vous partez en vacances avec la voiture, c’est clairement là que le Pro prend l’avantage sur mon 3K6, qui reste fixé sur son unique prise.
Pour moi qui charge à 90% à la maison sur ma Green’UP, l’intérêt reste limité au quotidien. Mais je vois très bien l’usage pour quelqu’un qui campe régulièrement, qui a une résidence secondaire avec une prise différente, ou qui voyage à l’étranger avec son véhicule.
La puissance : 7,4 kW, oui, mais pas chez tout le monde

C’est le point sur lequel je veux être précis, parce que le marketing autour de ce genre de chargeur entretient parfois la confusion. Le PC200 Pro peut effectivement délivrer jusqu’à 7,4 kW, mais seulement si vous êtes branché sur une prise P17 32A dédiée, avec une installation électrique qui suit derrière (disjoncteur adapté, section de câble suffisante).
Sur ma prise Green’UP, qui est une prise renforcée classique, le plafond reste de 3,6 kW en 16A, exactement comme sur mon 3K6. Le boîtier détecte l’embout Schuko et bride automatiquement, donc pas de risque de faire sauter le disjoncteur, mais pas de miracle non plus : je ne récupère pas plus de kilomètres par heure qu’avec mon chargeur actuel.

Ceux qui ont fait installer une P17 dans leur garage, ou qui ont une borne P17 accessible dans leur immeuble ou leur entreprise, verront la vraie différence : le temps de charge est quasiment divisé par deux par rapport à une prise renforcée classique.
L’écran et l’interface du Rheidon PC200 Pro
L’écran reprend la même philosophie que sur le 3K6 : grand, lisible même en plein soleil, et affichant en direct la puissance, l’ampérage sélectionné, le voltage et l’énergie déjà délivrée pendant la session. Les paliers d’ampérage sont plus nombreux que sur mon 3K6 : 6, 8, 10, 13, 15, 16, 20, 24, 30 et 32A, ce qui permet un réglage plus fin selon l’installation sur laquelle on se trouve.
L’application, la vraie nouveauté par rapport au 3K6

Mon PC200-3K6 n’a ni Wi-Fi ni Bluetooth. Le Pro corrige ça, et c’est un ajout que j’ai trouvé plus utile que prévu à l’usage.
L’appairage se fait d’abord en Bluetooth, puis on bascule sur le Wi-Fi de la maison pour un contrôle à distance. Une fois connecté, on accède à plusieurs fonctions concrètes :
- réglage de l’ampérage à distance, y compris pendant une charge déjà en cours, sans avoir à débrancher
- programmation horaire pour caler les charges sur les heures creuses, avec plusieurs plages possibles selon les jours
- création de plusieurs profils utilisateurs, utile si plusieurs personnes ou plusieurs véhicules partagent le chargeur
- historique des sessions, avec export possible en fichier pour la comptabilité ou le remboursement par un employeur si la voiture est un véhicule de société
J’ai testé le changement d’ampérage à la volée pendant une charge : je suis passé de 32A à 24A puis retour à 32A sans que la session s’interrompe. Sur mon 3K6, la seule façon de changer la puissance, c’était de débrancher et rebrancher. Là, ça se fait depuis le canapé.
La sécurité, le point fort commun aux deux modèles

Rheidon ne change pas de philosophie sur ce point, et c’est tant mieux. On retrouve un différentiel de type A intégré directement dans le boîtier, en plus de celui du tableau électrique, avec détection de courant continu de 6 mA. Un autotest se lance avant chaque démarrage de charge, et si quelque chose cloche (terre absente, défaut détecté), le chargeur refuse tout simplement de démarrer plutôt que de prendre un risque.
La protection thermique fonctionne comme sur le 3K6 : chaque prise embarque son capteur, et en cas de surchauffe, la charge se coupe automatiquement avant de reprendre seule une fois la température redescendue. Le boîtier reste certifié IP65 et fonctionne de -30°C à +50°C, donc aucun souci pour le laisser dehors ou charger en plein hiver.
Face à face avec le PC200-3K6
Après plusieurs semaines à jongler entre les deux, voici comment je les distingue concrètement. Le 3K6 reste mon chargeur du quotidien : simple, fiable, sans connectivité à gérer, parfait pour qui charge toujours au même endroit sur une prise renforcée. Le Pro apporte trois choses que le 3K6 n’a pas : la possibilité de monter à 7,4 kW si l’installation le permet, les embouts interchangeables pour voyager ou brancher sur différents types de prises, et le pilotage à distance via l’appli.
Si votre situation ressemble à la mienne, une seule voiture, une charge quasi exclusivement à domicile sur une prise renforcée, le 3K6 reste largement suffisant et moins cher. Le Pro prend tout son sens dès que vous sortez de ce cas de figure : plusieurs véhicules, plusieurs lieux de charge, un P17 disponible, ou simplement l’envie d’avoir la main sur son chargeur depuis son téléphone.
Le prix

Le PC200 Pro se positionne un peu en dessous de 400 €, contre 269 € pour le 3K6. L’écart se justifie par le Quick Switch et la connectivité, mais il vaut mieux vérifier avant d’acheter que vous avez réellement un usage pour ces deux fonctions. Les embouts supplémentaires se vendent à part, entre 49 € pour un Schuko et 75 € pour le Type 2, donc si vous comptez équiper plusieurs prises, le budget grimpe vite.
Conclusion
Le PC200 Pro fait ce qu’il annonce : plus de puissance quand l’installation suit, plus de flexibilité grâce aux embouts, et un vrai gain de confort avec l’application. Ce n’est pas un chargeur qui révolutionne l’usage quotidien pour quelqu’un qui, comme moi, charge toujours au même endroit sur une Green’UP. Mais dès que la situation se complique un peu, plusieurs prises, plusieurs véhicules, des trajets réguliers loin de chez soi, il devient clairement le meilleur choix des deux.
