J’ai un rez-de-chaussée de 60 m² aspirables, deux petits garçons qui sèment des miettes et des jouets partout. Autant dire que pour un aspirateur robot, ma maison ressemble à un parcours du combattant : des Lego au sol le matin, des traces de goûter sur le carrelage l’après-midi, et des chaussettes orphelines un peu partout. J’ai déjà passé du temps avec un Narwal il y a quelques mois, le Freo Z10 Ultra, qui m’avait bien plu. Cette fois j’ai gardé le Flow 2 plusieurs semaines, le nouveau haut de gamme de la marque, pour voir s’il tenait ses promesses dans ces conditions bien réelles.
Ce qui change par rapport au Flow premier du nom

Le Flow original m’avait déjà impressionné l’an dernier sur le lavage. Le Flow 2 garde la même recette, avec quelques ajustements qui comptent.
La grosse serpillère rotative est toujours là, avec ses 12 N de pression au sol et ses 16 buses qui pulvérisent de l’eau en continu. La température monte : l’eau de lavage passe à environ 60° contre 45° avant, le séchage à l’air chaud grimpe lui aussi. L’aspiration fait un vrai saut, de 22 000 Pa sur la génération précédente à 31 000 Pa ici. Sur le papier c’est énorme, dans la pratique on va voir que ça reste perfectible.
Le vrai changement, c’est la partie intelligence. Le Flow 2 embarque une double caméra 1080p avec un champ de vision de 136°, couplée à des capteurs laser et infrarouge. Le robot identifie les objets au sol, les répertorie sur la carte, et adapte sa trajectoire en temps réel. Il sait même détecter vos animaux et partir à leur recherche si vous le demandez. Moi je n’ai pas de chat ni de chien, donc je n’ai pas pu pousser cette fonction, mais avec deux enfants j’ai surtout apprécié qu’il repère les jouets traînant dans les chambres.

Le design de la base a aussi évolué. Elle mesure 40 par 43 cm pour 46 cm de haut, avec un look plus sympa que l’ancienne. Elle embarque un réservoir d’eau claire, un réservoir d’eau sale, un bac à détergent intégré à l’intérieur de la base, et un sac à poussière de 2,4 L donné pour 3 à 4 mois d’autonomie.
La prise en main : simple, même un soir de semaine

Je redoute toujours l’installation de ces engins. Là, ça a été rapide. Quelques minutes dans l’application Narwal, un premier tour de cartographie, et c’était parti. Le robot a fait son plan de mon rez-de-chaussée sans accroc, j’ai juste eu à fusionner deux pièces qu’il avait coupées un peu arbitrairement (mon salon, qu’il voulait diviser en deux).
Une fois la carte faite, on peut tout régler pièce par pièce. Aspiration seule, lavage seul, aspiration puis lavage, ou les deux en même temps. On choisit la puissance d’aspiration, le débit d’eau, le niveau de méticulosité (avec des passages plus ou moins rapprochés). Pour mon carrelage de cuisine, je l’ai mis en aspiration et lavage simultanés. Pour le parquet du salon, j’ai gardé la même chose avec un débit d’eau modéré, et franchement le sol sèche vite, ce qui est appréciable quand les garçons courent partout deux minutes après.

J’ai programmé un nettoyage quotidien en journée, quand on n’est pas là. Le mode « ne pas déranger » permet de bloquer les créneaux où les enfants dorment, c’est le genre de détail qui fait la différence au quotidien.
Le lavage : son point fort, et de loin

C’est là que le Flow 2 m’a scotché. J’ai fait le test que je fais sur tous mes laveurs : une tache de terre partiellement sèche, de la sauce soja, et du yaourt sur le carrelage.
La terre, il l’a délogée sans problème. La sauce soja, c’est un autre niveau de difficulté. En général, même avec un bon balai laveur, il reste un film marron sur le sol. Là, le robot a tout retiré. Je cherchais la pellicule marron habituelle à la caméra, rien. Le yaourt, pareil, propre en un passage alors que je l’avais programmé pour trois.


Le secret, c’est que la serpillère s’autonettoie en permanence pendant qu’elle roule. Elle ne redépose pas les saletés plus loin. Quand le robot détecte une grosse tache ou un liquide, il repart parfois à la base nettoyer la serpillère, puis revient finir le travail. À la fin de ma session, la serpillère elle-même était presque nickel, ce qui en dit long sur l’efficacité du système.
Le rouleau de serpillère peut se déporter sur le côté pour passer au plus près des plinthes. Ça, c’est essentiel et bien fait. En revanche, il n’y a pas de bras articulé pour aller chercher dans les angles, et ça se sent : les coins ne sont pas parfaitement nettoyés. C’est mon principal regret sur la partie lavage.
Petite précision honnête : un robot laveur, ça reste un outil d’entretien quotidien. Il n’enlèvera pas une grosse tache incrustée depuis trois jours. Son truc à lui, c’est de garder un sol propre jour après jour, et là il excelle.
L’aspiration : bonne, sans être la meilleure du marché


Sur l’aspiration, le Flow 2 m’a un peu moins emballé. Pour être clair, il rend une maison globalement nickel au quotidien, et c’est l’essentiel. Mais sur mon test des 100 g de saletés variées (sel, sucre, miettes, poussière, plastique, un peu de verre) concentrées sur 4 m², il a ramassé 83 g. C’est correct, à peu près au niveau du Flow premier du nom qui était à 82 g. La hausse à 31 000 Pa ne fait donc pas un écart spectaculaire.
À l’œil, il restait quelques saletés au sol après son passage. Sur tapis, c’est mieux, notamment parce qu’il fait des allers-retours en croisillons. Il détoure d’abord le tapis, nettoie les bords, puis attaque le centre. Sur un tapis bien encrassé, il ne fait pas un sans-faute, mais il enlève l’essentiel.
Ce volume de saletés concentré sur 4 m² n’arrive jamais en conditions réelles, c’est juste mon moyen de départager les robots entre eux. Au quotidien dans ma maison, avec les miettes des garçons et la poussière classique, il fait parfaitement le job. Pour situer, le Freo Z10 Ultra que j’avais testé l’an dernier plafonnait à 18 000 Pa : sur le papier le Flow 2 est presque deux fois plus puissant, mais à l’usage la différence d’aspiration brute reste moins marquée qu’on pourrait le croire. Si vous avez beaucoup de moquette ou de tapis épais, un vrai aspirateur balai restera plus efficace en complément.
La détection d’obstacles : la vraie démonstration

Avec deux enfants, c’est le critère qui compte le plus pour moi. Un robot qui s’emmêle dans un câble ou avale un jouet, c’est un robot qui s’arrête et qui ruine tout l’intérêt de l’automatisation.
Là, le Flow 2 est impressionnant. Je lui ai mis une chaussette, une chaussure, une petite boîte en carton, un câble : tout détecté. J’ai même tenté un truc vicieux, lui jeter un câble USB très fin devant lui en plein parcours, alors qu’il n’était pas là à la cartographie. Il a changé de trajectoire. Si un câble fin de ce genre est détecté, un enfant qui passe ou un jouet posé au dernier moment ne devrait pas lui poser de souci.
Le test ultime, c’était la brique de Lego de 4 tenons. C’est petit, c’est au ras du sol, et honnêtement ça ressemble presque à une saleté à ramasser. Il l’a vue. Il l’a un peu poussée avec sa brossette rotative, mais il l’a détectée, et ça c’est rare même chez les robots haut de gamme. Pour des chambres d’enfants toujours encombrées, c’est exactement ce qu’on veut.

Il franchit les seuils jusqu’à 3 cm en une fois, 4 cm en deux passages, le tout avec une hauteur de 9,5 cm qui lui permet de passer sous le canapé et la plupart des meubles. Il bute encore sur les meubles en fil de fer fin, qu’il ne voit pas avec ses capteurs et qu’il découvre au contact via son bumper, mais ça reste un cas tordu.
L’application : complète et bien traduite
L’appli Narwal est l’une des plus abouties que j’aie utilisées. Cartographie en 2D ou 3D, gestion pièce par pièce, programmation horaire, historique des nettoyages, suivi de l’usure des accessoires. On peut créer des zones interdites, indiquer où sont les tapis pour qu’il ne les lave pas par erreur, et même définir des pièces « très sales » où il insistera davantage.

Il y a aussi un flux vidéo en direct depuis les caméras du robot, avec la possibilité de le piloter à distance. Pratique pour vérifier ce qui se passe à la maison, ou pour ceux qui ont des animaux.
Deux petites limites côté logiciel. D’abord, il ne détecte pas quand je déplace un tapis : si je le bouge, il garde en mémoire l’ancienne position et refuse de laver à l’endroit où il croit qu’il y a encore un tapis. Devoir refaire la carte à chaque déplacement, c’est un peu pénible et facilement améliorable. Ensuite, il n’y a pas encore d’option pour traverser des rideaux qui touchent le sol afin d’aller nettoyer les plinthes derrière. Rien de bloquant, mais ce sont des points d’affinage possibles.
L’entretien : presque rien à faire


La base s’occupe de presque tout. Elle vide le bac à poussière, lave la serpillère à l’eau chaude et la sèche à l’air chaud. Le détergent est ajouté automatiquement depuis le bac intégré à la base, qu’on remplit une fois et qu’on oublie.
Une précision importante : je n’ai pas raccordé l’appareil à l’arrivée d’eau ni à l’évacuation. Je l’utilise en mode classique, avec les deux réservoirs à remplir et à vider à la main. C’est parfaitement viable au quotidien. Narwal propose une version avec raccordement à l’eau (la station compacte, à 1 499 € au lieu de 1 299 €), qui gère le remplissage et la vidange automatiquement. Le branchement est à faire soi-même. Si vous avez un point d’eau et une évacuation à proximité de la base, ça supprime la dernière corvée manuelle. Pour ma part, je n’avais pas la plomberie au bon endroit, donc je suis resté sur la version standard et ça ne me dérange pas.


Le sac à poussière de 2,4 L tient 3 à 4 mois. En mode classique comme le mien, la seule corvée régulière, c’est de surveiller le niveau du réservoir d’eau claire et de vider l’eau sale de temps en temps. Si vous oubliez l’eau sale trop longtemps, elle finit par sentir, donc autant prendre l’habitude. Un point que les fiches commerciales ont tendance à passer sous silence.
Faut-il l’acheter ?
Si vous cherchez un robot avant tout pour laver vos sols, le Flow 2 est ce que j’ai vu de mieux. Pour ma maison avec carrelage et parquet, deux enfants et des sols qui se salissent tous les jours, c’est un vrai confort. Le lavage est excellent, la détection d’obstacles est exceptionnelle, et l’entretien est quasi inexistant.
Maintenant, soyons lucides : si vous possédez déjà un Flow premier du nom, l’écart ne justifie pas forcément l’achat. Le lavage est aussi bon sur les deux, l’aspiration progresse peu en conditions réelles. Le Flow 2 est un peu plus chaud sur le lavage et le séchage, un peu plus malin sur la détection, mais on est sur une évolution, pas une révolution.
Le prix reste son point sensible : 1 299 € pour la version standard, 1 499 € pour la station compacte avec raccordement à l’eau. C’est un investissement. À ce tarif, on attend un nettoyage des angles irréprochable, et ce n’est pas encore tout à fait le cas.
