AVERTISSEMENT : Le présent article a une visée informative. Le protocole BitTorrent est une technologie légale, mais le téléchargement ou la diffusion sans autorisation d’œuvres soumises au droit d’auteur est illégal. Nous encourageons en aucun cas le piratage et rappelons que le délit de contrefaçon est puni par la loi (articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle).
En mars 2026, un séisme a secoué le paysage du téléchargement francophone : YggTorrent, pilier du partage de fichiers avec environ 7 millions d’utilisateurs, a brutalement fermé. Un habitué pourrait dire “bah quoi ? Rien de nouveau. Ce genre de site subit régulièrement des offensives des autorités”. Pourtant, cette fois, le scénario était différent. La justice n’a pas eu à bouger le moindre doigt. L’attaque est venue de l’intérieur et porte le nom de Gr0lum, un hacker qui a mis fin à une aventure qui a démarré en 2017. Le plus fou ? La majorité des utilisateurs de la plateforme ont soutenu cette action. Pourquoi ? Qu’est-ce qui peut justifier ce positionnement pour le moins curieux ? Que retenir de tout ceci ? C’est ce que nous allons voir !
Un modèle économique polémique
Tout a commencé fin 2025 quand les administrateurs d’YggTorrent ont introduit le mode Turbo. Cette nouveauté imposait un abonnement mensuel de 15 € pour pouvoir contourner les importantes limitations de téléchargement qui ont été mises en place au fil des ans. Quand on sait que le succès de la plateforme repose sur les efforts bénévoles des uploadeurs et des modérateurs, la pilule est évidemment mal passée.
Cette transition systématique vers un modèle payant reflète une tendance globale du web : à l’image des jeux casino en ligne, il est impératif d’investir pour profiter d’une expérience complète. Toutefois, là où des opérateurs légaux font preuve de transparence dans leurs conditions d’utilisation, YggTorrent a été accusé de prendre en otage les membres de la plateforme. Gr0lum a notamment fait savoir que le site avait enregistré environ 10 millions d’euros de recettes entre 2024 et 2025, tout en resserrant l’étau sur les membres qui contestaient cette politique de monétisation.
Les fracassantes révélations de Gr0lum
Au-delà de la fronde due à la nouvelle formule susmentionnée, ce qui a mis le feu aux poudres, ce sont les révélations de Gr0lum. Il a en effet déclaré avoir découvert, en regardant le code source de YggTorrent, que les administrateurs se livraient à des pratiques sombres. Il a par exemple affirmé que près de 55 000 numéros de cartes bancaires appartenant à des utilisateurs avaient été enregistrés à leur insu.
Quand à cela s’ajoutent des accusations de pistage comportemental, de scans de cartes d’identité ou encore de surveillance des portefeuilles de crypto-monnaies, on comprend aisément qu’une grande partie de la communauté se soit retournée contre la plateforme. Quoi qu’il en soit, le hacker a décidé, après ses découvertes, d’appliquer la politique de la terre brûlée. Conséquence : il a complètement vidé et détruit les serveurs principaux ainsi que les bases de données. Cela a évidemment paralysé totalement la structure.
Ygg.gratis, la suite ?
Suite à tout ceci, Gr0lum a pris la décision saluée de collaborer avec le collectif Utopeer pour créer une sauvegarde de l’intégralité du répertoire de torrents. C’est ainsi que moins de 24 heures après la fermeture de YggTorrent, Ygg.gratis a vu le jour.
Ce nouveau site se présente comme un retour aux sources du protocole BitTorrent qui met en avant des valeurs de partage de fichiers sans contrepartie financière. La transition a été pensée pour être la plus simple possible dans le but de permettre aux utilisateurs de retrouver facilement leurs contenus habituels.
Voici les points que cette nouvelle équipe estime non négociable (pour le plus grand bonheur de la communauté) :
- Gratuité totale : aucun abonnement n’est nécessaire pour télécharger.
- Accessibilité : les quotas de téléchargement qui frustraient la communauté ont été supprimés, offrant plus de liberté.
- Continuité : le catalogue historique a été intégralement maintenu ce qui permet de retrouver des fichiers anciens et rares.
Quand la communauté reprend ses droits
Le YggTorrentGate a définitivement marqué la fin d’une ère. Le site a certes rouvert depuis, mais son image est durablement ternie. La guerre interne ayant conduit à son arrêt temporaire a prouvé une chose : la puissance d’une communauté peut se retourner contre ceux qui veulent l’exploiter sans transparence. Une chose est sûre désormais, le monde du torrent francophone connaît une nouvelle révolution et cette fois, l’éthique semble être plus que jamais de mise.
