Ranko Haruna est une lycéenne solitaire. Mal à l’aise dans ses relations sociales avec les autres, elle préfère rester dans son coin et le regarder s’entre-déchirer. Tant qu’elle a son cocon constitué de sa mère, de son cochon de compagnie et de ses jeux-vidéos, elle a tout pour être comblée. Seulement, sa mère décide de se remarier. C’est ainsi que Ranko va devenir la grande sœur de Kaya Amamine…
Spring Storm and Monster : Fashion Gangsta
Kaya Amamine n’est pas vraiment un garçon comme les autres. Encore collégien, il cause bon nombre de problèmes à son entourage en passant beaucoup de temps à traîner dans les rues. Du genre mauvais garçon, il se retrouve souvent impliqué dans des bagarres et à pris l’habitude d’imposer ses souhaits aux autres. Pour Ranko, la situation devient compliquée. En effet, Kaya est impudique, n’hésite pas à essayer de la racketter et lui met même régulièrement la pression en menaçant son cochon de compagnie.
Mais les chiens ne font pas des chats. Nagiko, la mère de Ranko, veut croire en Kaya et lui laisser une chance de vivre dans un environnement où les gens sont de son côté. Alors Ranko, elle aussi, veut y croire, et le ramener dans le droit chemin.
Parviendra-t-elle à comprendre ce garçon si différent d’elle ? Kaya réussira-t-il à s’attacher à sa nouvelle famille ? Comment leur relation demi-sœur / demi-frère va-t-elle évoluer ?

Bon, je vous le donne en mille, Kaya n’a, évidemment, jamais vu Ranko comme une soeur, mais plutôt comme une femme dont il vit la proximité sans le moindre problème, bien au contraire. Si celle-ci est effrayée par son côté bad boy, elle est fortement intriguée par le contraste entre la violence dont il peut faire preuve et l’aspect candide de ses phases les plus sincères. Elle va donc redoubler d’effort pour se rapprocher de lui et l’influencer autant qu’elle le peut, avec plus ou moins de succès, quitte à se retrouver à proximité d’un monde dont elle ignore tout et qui l’effraie bien plus que l’indécence de son nouveau demi-frère.
Une trame qui n’est pas sans rappeler le grand classique Hana Yori Dango, le tout surpiqué de sentiments naïfs et d’une romance prévisible. La proximité physique des deux protagonistes est assez forcée et dissone complètement de l’aspect asocial de Ranko, créant ainsi un rapport de domination assez maladroit.
Spring Storm and Monster est un manga shojo écrit par Mitsubachi Miyuki depuis 2022. Il y a actuellement 10 tomes au Japon et le premier tome est arrivé chez nous le 26 Février 2026, chez Delcourt-Tonkam. Le tome 2 est prévu pour le 18 Juin 2026.

Si tu veux quelque chose, demande le
Côté dessin, Mitsubachi Miyuki est exactement là où on l’attend. Kaya reprend les codes du shojo classique en interprétant un délinquant aux traits fins, mais exprimant assez régulièrement son immaturité, notamment dans sa vision de la romance et son rapport au corps féminin. De ce côté, Ranko est bien plus en reste, sortant rarement de son design classique, même dans les scènes les plus audacieuses. Les effets shojo sont assez nombreux, mais légers, si bien que l’atmosphère est bien plus portée par le découpage dynamique de ce manga que par des scènes contemplatives. Par ailleurs, le rythme se retrouve être assez rapide, même la narration a tendance à pousser les avancés vers la fin du tome.

Côté édition, Delcourt-Tonkam reste dans ses habitudes. Une bonne qualité de papier, une couverture en accord avec le titre et une reliure agréable. On notera l’effort particulier attribué à la quatrième de couverture, ainsi qu’à la couverture cartonnée. Très appréciable pour un manga toujours vendu 7€30.
Conclusion
C’est avec la violence d’une tempête printanière que Spring Storm and Monster donc sur son public tel un délinquant sur un distributeur. Et c’est avec cette même violence qu’il dirige la relation qui lie Ranko et Kaya. Une romance qui devrait beaucoup plaire aux fans de romances plutôt agressives, comme Honey X Honey ou le secret de la souris.
Si d’un point de vue écriture, je n’ai rien à redire à Spring Storm and Monster, j’avoue avoir vu la relation venir bien trop vite à mon goût. Si c’est loin d’être un shojo désagréable, son manque de finesse, que ce soit dans son approche narrative ou son aspect romantique, le rend assez brute. J’avoue préférer une approche plus douce et tendre, comme C’est de l’amour crois-moi !.

