Ecovacs a présenté le Deebot T90S Pro Omni cet été avec une fiche technique qui coche beaucoup de cases : 40 000 Pa d’aspiration, un rouleau lavant de 27 cm rincé à l’eau propre pendant qu’il tourne, une caméra capable de repérer du café renversé et une station qui lave tout à 75 °C. Il est vendu 799 €, sous la barre des modèles les plus chers de la marque.
Sur le papier, c’est séduisant. Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’il fait dans une vraie maison. Avec deux enfants, les miettes sous la table, les jouets qui traînent et les câbles oubliés font partie du décor, et j’ai ajouté quelques pièges de mon cru pour voir jusqu’où il tient. Je l’ai fait tourner sur tout mon rez-de-chaussée, de jour comme de nuit.
Design : un robot sans tourelle et une station bien pensée

Le T90S n’a pas de tourelle sur le dessus. Ecovacs a logé le LiDAR dans le pare-chocs avant, ce qui ramène la hauteur à 9,5 cm. Chez moi, il passe sous le meuble TV sans forcer, là où un robot à tourelle bute et fait demi-tour.
Sous le capot, on trouve l’interrupteur, le bac à poussière de 250 ml et le QR code pour l’appairage. Au dos du bac, une micro-grille protège le filtre HEPA. Après plusieurs passages sur un sol bien chargé, le bac était plein de poussière tassée, et le filtre derrière la grille est resté propre. Certains fabricants suppriment cette grille, et je le regrette à chaque fois : c’est elle qui protège le filtre.
La station fait 50 cm de haut et prend 46 cm en profondeur à cause de la rampe, prévoyez la place devant. Les deux bacs d’eau sont posés sur le dessus : 4 litres pour l’eau propre, 2,2 litres pour l’eau sale. La différence se justifie, car une partie de l’eau reste au sol pendant le lavage. Le bac d’eau propre cache une cartouche anticalcaire au fond, bienvenue dans les régions où l’eau entartre tout.
Derrière la façade, on trouve le sac de 2,5 litres et le réservoir de détergent de 300 ml. La station dose le produit seule, et le mélange sert à deux choses : laver le rouleau dans la base et nettoyer le sol, puisque le détergent est ajouté à l’eau injectée dans le robot.

La boîte est minimaliste : le cordon d’alimentation, la rampe à clipser et un flacon de solution nettoyante. Aucune pièce de rechange. Ça ne me dérange pas, les brosses d’un robot durent longtemps et je préfère un prix d’achat plus bas. Petit défaut pratique : on ne peut pas enrouler le surplus de câble à l’arrière de la station, il faudra garder l’attache fournie.
Le rouleau OZMO Roller 3.0 : un lavage à l’eau propre
C’est la pièce maîtresse du robot. Le rouleau mesure 27 cm, et 16 doubles buses l’arrosent sous pression, soit 32 points d’injection. Un racloir retire l’eau sale, qui part dans un compartiment séparé à l’intérieur du robot. Le tout tourne à plus de 200 tours par minute. Le rouleau lave donc avec de l’eau propre du début à la fin, alors que des patins rotatifs gardent la saleté dans leur tissu et la promènent de pièce en pièce. Le robot embarque 110 ml d’eau propre mélangée au détergent, et la station vide et rince le compartiment sale à chaque retour.

Le rouleau sait aussi se décaler vers l’extérieur quand le robot longe un mur ou un meuble, grâce au système TruEdge 3.0. Une bordure de protection en bout de rouleau évite d’abîmer les plinthes.
Sur les tapis, le T90S fait mieux que relever son rouleau. Un capteur à ultrasons détecte le textile, le rouleau monte de 15 mm et un capot se referme dessus. Sur un tapis épais, un relevage seul ne suffit pas toujours à éviter le contact. Avec le capot, mon tapis est resté sec à chaque passage. Pour un robot à rouleau, c’est à mon sens l’ajout le plus utile de ce modèle. L’application propose aussi d’éviter complètement les tapis si vous préférez.
Ce que donne le lavage en conditions réelles
J’ai laissé sécher une épaisse tache de chocolat au milieu de la pièce et une autre collée au mur, puis j’ai lancé le robot en débit maximal avec deux passages. Au centre, la tache a disparu en deux ou trois passages. Sur le bord, j’ai enchaîné jusqu’à neuf passages, et le robot ne lave pas plus près qu’à environ 1 cm du mur. La bordure de protection en bout de rouleau fait près de 5 mm d’épaisseur, le rouleau ne peut donc pas laver au ras de la plinthe.

Plus gênant, le robot appuie parfois trop fort contre le mur. Son pare-chocs touche, il perd le fil de sa trajectoire et repart vers le centre au lieu de suivre la bordure. J’ai essayé le mode TruEdge « Extrême », sans changement. Il reste que la bande de 1 cm le long du mur est rarement la zone la plus sale d’une maison, on y marche peu. Et à la fin de l’essai, le rouleau était propre sur presque toute sa longueur, avec juste un léger dépôt sur le bord qui venait de ramasser le chocolat.
Un point d’ergonomie à connaître : pour lancer un lavage sans aspiration, il faut appuyer sur le bouton jaune en haut à droite de l’écran, pas sur le bouton bleu de démarrage. J’ai mis un moment à le trouver.
Détection des taches : le robot change de plan tout seul
C’est la partie la plus réussie du T90S. J’ai renversé du café sur le sol, volontairement cette fois, avant de lancer le robot en mode intelligent, sans aucun réglage manuel.

Le robot repère la flaque avec sa caméra et crée une zone autour. Il coupe la brosse latérale pour ne pas étaler le liquide, puis arrête la brosse principale et l’aspiration. Seul le rouleau travaille, en quadrillant la zone dans un sens puis dans l’autre. Ensuite, il ne reprend pas sa route avec un rouleau gorgé de café : il retourne à la station pour le laver, revient sur la tache et refait un quadrillage complet avant de continuer. C’est la méthode que j’aurais appliquée à la main.
Même logique dans la cuisine, où j’avais semé une bonne quantité de miettes. Le robot augmente l’aspiration en arrivant sur la zone la plus chargée, fait un premier passage, puis revient de lui-même pour ramasser les dernières miettes. À la fin, la zone était propre.
Aspiration et cheveux : puissant, avec un défaut sur les bords
Les 40 000 Pa s’accompagnent d’un flux d’air de 16,45 litres par seconde, et c’est ce débit qui aide à ramasser les gros débris. Pour mon test d’aspiration, j’ai vidé un sac d’aspirateur au sol : poussière fine, lentilles, riz, morceaux de plastique et moutons de poussière. Je conseille de régler la puissance au maximum, même pour l’entretien courant : le robot reste discret et la puissance normale m’a paru juste.

Le robot commence par les bords, puis quadrille le centre. Au premier passage, il a ramassé presque tout. Le problème vient du double passage : Ecovacs ne refait pas les bords la deuxième fois, seulement le centre, dans le sens perpendiculaire. Il restait donc des débris sur le tapis et le long de la plinthe. J’ai dû lancer un nettoyage des bords seuls pour obtenir un résultat propre, et le tapis aurait mérité un troisième passage. Une mise à jour logicielle suffirait à corriger ce défaut.
Les cheveux, eux, ne posent aucun problème. La brosse ZeroTangle 4.0 mêle lamelles en silicone et poils inclinés à 45 degrés, qui poussent les cheveux vers le bout de la brosse, où un flux d’air latéral les envoie dans le bac. Le bac contenait une belle quantité de cheveux à la fin de mes tests, et je n’en ai trouvé aucun enroulé dans la brosse principale. La brosse latérale en gardait quelques-uns, posés au centre sans être emmêlés.

Cette brosse latérale ne va pas tout à fait au fond des angles. Il reste peu de chose dans les coins, mais une brosse plus longue ou extensible ferait mieux.
Côté station, la vidange automatique dure une dizaine de secondes. Elle se lance dès que le robot se pose sur sa base.
Navigation, cartographie et obstacles
Une carte rapide à corriger une fois
La première cartographie va vite. Chez moi, le robot a pourtant ignoré un mur et fusionné une pièce avec le couloir, ce qui m’a obligé à redécouper la zone à la main dans l’application. Le reste du rez-de-chaussée était juste, y compris les petites pièces. Une fois la carte corrigée, on n’y touche plus.

L’éditeur est complet : murs virtuels, zones interdites, fusion et division des pièces, type de sol (carrelage, bois, marbre, tatami), tapis ronds, ovales ou rectangulaires, seuils et portes vitrées pour limiter les chocs. On peut aussi placer des meubles sur la carte, ce qui paraît gadget jusqu’au moment où l’on demande à voix haute au robot d’aller nettoyer autour du canapé.
Sous la table et ses chaises, la navigation est sans faute. Le robot contourne chaque pied, sort sa brosse latérale quand il a de la place et la rentre pour ne pas taper dans le bois. Le rouleau s’étend pour laver le plus près possible au lieu d’abandonner toute la zone.
Des obstacles bien vus de jour, beaucoup moins la nuit
J’ai semé une série d’objets au sol et lancé le robot deux fois, en plein jour puis dans le noir. Voici ce que j’ai relevé :
| Objet | En journée | Dans le noir |
|---|---|---|
| Chaussette | Évitée | Évitée, mais touchée par le rouleau |
| Chaussure | Évitée, lacet attrapé par la brosse latérale | Évitée proprement |
| Cube | Évité | Évité |
| Télécommande | Évitée | Non détectée, emportée |
| Câble | Évité | Évité |
| Stylo | Non détecté, le robot a tenté de l’avaler | Non détecté |
| Petite figurine | Évitée, effleurée par la brosse latérale | Non détectée |
| Coton-tige | Non détecté (deux essais) | Non testé |
| Fausses déjections | Évitées à chaque essai | Touchées, et une partie avalée |
De jour, le robot s’en sort bien. Face aux déjections, il garde une marge plus large, coupe sa brosse latérale et laisse tourner le rouleau, preuve qu’il reconnaît le type d’objet. Il a aussi contourné un câble posé en plein soleil, une situation qui piège souvent les caméras.
Dans le noir, les résultats chutent. Le robot passe trop près, rate des objets et a fini par ingérer une partie des fausses déjections. Si vous avez un chien ou un chat, programmez les nettoyages en journée. Dommage aussi que l’application n’affiche pas de photo des obstacles détectés : on ne sait pas ce que le robot a vu.
Application, Yiko et mode agent
L’application Ecovacs Home est fournie. Puissance, débit d’eau, nombre de passages, ordre des pièces, fréquence de vidange, durée de séchage : les amateurs de réglages fins ont de quoi faire. J’ai relevé quelques nouveautés utiles.
Le journal de nettoyage propose maintenant une relecture : on appuie sur lecture et on voit le trajet du robot se dessiner dans l’ordre où il l’a fait. Le mode simplifié affiche de grandes icônes et réduit la liste des réglages, pratique pour un parent âgé ou une personne qui voit mal. Les réglages AIVI 3D 4.0 offrent deux niveaux de prudence face aux obstacles, standard ou sensible, et TruEdge 3.0 deux niveaux d’approche des murs.

Le mode agent mise sur l’IA. On parle au robot en langage naturel, par exemple pour lui dire que le sol de la cuisine reste trop mouillé, et il baisse le débit d’eau pour les passages suivants. En mode agent complet, il détecte la saleté et insiste jusqu’à ce que le sol soit propre, sans qu’on touche à aucun réglage. Personnellement, je garde mes réglages manuels, mais l’idée a du sens pour quelqu’un qui veut un sol propre sans ouvrir l’application.
L’assistant vocal Yiko s’appuie sur trois micros placés sur le robot. Un « OK Yiko, nettoie le couloir » suffit à lancer le robot, et « Arrête le nettoyage » à le stopper. Il ne comprend pas tout du premier coup : j’ai eu droit à un « Désolé, je n’ai pas compris » en sortant de la liste des commandes, consultable dans l’application.
La caméra frontale sert enfin de caméra de surveillance. Depuis le téléphone, on voit ce que voit le robot, un bon complément à une alarme quand on part en vacances.
Autonomie : PowerBoost recharge le robot pendant le lavage

La batterie fait 4 000 mAh, une capacité classique. La différence vient de PowerBoost : chaque fois que le robot rentre laver son rouleau, la station en profite pour le recharger en accéléré, 10 % en trois minutes selon Ecovacs. Le temps de lavage, perdu sur la plupart des robots, devient du temps de charge.
Sur mon rez-de-chaussée, il boucle ses cycles complets, aspiration et lavage compris, sans tomber en panne. PowerBoost prendra tout son sens dans une grande maison, où le robot n’aura plus à s’arrêter en plein ménage pour une longue recharge. Il faudra seulement remplir le bac d’eau propre plus souvent. Une option de charge en heures creuses existe aussi dans l’application.
Entretien : la station fait presque tout


Après chaque cycle, la station vide le bac à poussière, lave le rouleau à l’eau chaude puis le sèche à l’air chaud pendant 2, 3 ou 4 heures. Après 3 heures, mon rouleau était sec au toucher, à part quelques gouttes sur l’axe. Si vous avez un doute, passez à 4 heures.


Il reste quelques gestes à faire vous-même :
- vider le bac d’eau sale et remplir le bac d’eau propre, selon la surface lavée ;
- changer le sac de 2,5 litres quand il est plein ;
- rincer de temps en temps le plateau amovible de la station, où s’accumulent des résidus et, au début, des peluches du rouleau neuf ;
- nettoyer environ une fois par mois la petite bande amovible sous le robot, où la saleté finit par se loger ;
- essuyer les quatre capteurs de vide, le capteur latéral et la fenêtre infrarouge arrière.
Prix et disponibilité
Le Deebot T90S Pro Omni est vendu 799 €.
À ce prix, il s’adresse à ceux qui veulent un robot qui aspire fort, lave à l’eau propre et s’entretient presque seul. La détection des taches et le capot de protection du rouleau le placent au-dessus des robots laveurs plus simples.
FAQ sur l’Ecovacs Deebot T90S Pro Omni
Le Deebot T90S Pro Omni lave-t-il jusqu’au bord des murs ?
Non. Le rouleau se décale vers les plinthes, mais une bordure de protection d’environ 5 mm l’empêche d’aller au contact, et il lave à environ 1 cm du mur. Pour un lavage au ras des plinthes, des patins rotatifs vont plus loin.
Peut-il passer sur un tapis sans le mouiller ?
Oui. Il détecte les tapis par ultrasons, relève son rouleau de 15 mm et referme un capot dessus. Le tapis reste sec.
Évite-t-il les déjections d’animaux ?
En journée, oui : il les a évitées à chaque essai en gardant une marge de sécurité. Dans le noir, il les a touchées et en a avalé une partie. Avec un animal, mieux vaut programmer le ménage en journée.
Quelle est l’autonomie du Deebot T90S Pro Omni ?
La batterie de 4 000 mAh est rechargée de 10 % en trois minutes à chaque lavage du rouleau grâce à PowerBoost. Il peut ainsi enchaîner une grande surface d’une traite, à condition de garder le bac d’eau propre rempli.
Faut-il nettoyer le rouleau à la main ?
Non. La station le lave à 75 °C et le sèche à l’air chaud. Il faut seulement rincer le plateau de lavage de la station de temps en temps.
Peut-on s’en servir comme caméra de surveillance ?
Oui. Depuis l’application, on voit en direct ce que filme la caméra frontale, pratique en complément d’une alarme.
Conclusion : mon avis sur le Deebot T90S Pro Omni
Le Deebot T90S Pro Omni lave avec de l’eau propre du début à la fin, et ça se voit sur les taches séchées. Sa façon de traiter une flaque de café, en coupant l’aspiration, en lavant son rouleau à mi-parcours puis en revenant finir le travail, est ce qui m’a le plus marqué pendant ce test. Côté aspiration, la brosse ressort sans un cheveu, et la station s’occupe de presque tout l’entretien, il ne reste qu’à gérer l’eau et le sac.
Ses défauts tiennent surtout au logiciel. Le double passage oublie les bords, le robot se cogne parfois au mur quand il lave les plinthes, et sa vision baisse nettement la nuit. Une partie de ces soucis pourrait disparaître avec une mise à jour. En l’état, il s’adresse aux foyers qui veulent un sol lavé proprement au quotidien sans y penser, et qui acceptent de passer un coup de chiffon le long des murs de temps en temps.
