UGREEN a pris l’habitude de bousculer le marché du NAS depuis son arrivée fracassante en 2024. Avec la série GT, le constructeur change de camp : exit Intel, place à un AMD Ryzen Embedded, à du 10 GbE en standard et à une prise en charge des SSD U.2 qu’on ne voit habituellement que sur des machines à quatre chiffres. Le DXP2800 GT est la déclinaison 2 baies de cette gamme, vendue 509,99 € nue. Sur le papier, la fiche technique fait rêver. Dans la vraie vie, quelques détails méritent qu’on s’y attarde avant de sortir la carte bleue.
Ce que contient la boîte

Le carton extérieur est un simple emballage brun, celui du NAS est nettement plus soigné, avec des visuels produit sur les flancs. La machine repose dans un berceau de mousse, avec un compartiment latéral pour les accessoires.

On y trouve le NAS, un câble d’alimentation, un câble réseau CAT 7, un câble HDMI Ultra High Speed de la marque (certifié, ce qui n’est pas si courant), un tournevis, un sachet de vis pour SSD 2,5 pouces, deux clés de tiroir, deux pads thermiques déjà posés sur les emplacements M.2, un guide de démarrage rapide et une carte de garantie de deux ans. La documentation complète, elle, est en ligne.
Design et connectique

Le châssis est en métal gris foncé mat, avec un liseré doré autour de la façade et des numéros de baie dorés. En photo, le contraste ressort beaucoup. En vrai, l’ensemble tire vers le noir et reste discret sur un bureau. Le nom du modèle n’est pas imprimé sur un autocollant mais gravé en relief, un détail qui change tout sur la perception de la finition. Bonne nouvelle également, la surface ne garde pas les traces de doigts.
En façade, les deux tiroirs sont numérotés 01 et 02, avec des serrures. En dessous se trouvent le bouton d’alimentation rétroéclairé, trois LED (une pour le réseau, deux pour l’activité des disques, qui passent à l’orange en cas d’erreur), un port USB-C 3.2 Gen 2 et un USB-A 3.2 Gen 2, tous deux à 10 Gb/s.


À l’arrière, une grille magnétique anti-poussière se retire d’un geste pour être nettoyée. Derrière elle, on trouve une sortie HDMI 2.0b, un USB-A 3.2 Gen 2, deux USB 2.0, le port RJ45 10 GbE, un bouton de reset encastré et la prise d’alimentation en barillet. Le ventilateur de 92 mm occupe la majeure partie du panneau et travaille en aspiration, ce qui fait circuler l’air sur les disques.

Deux absences se remarquent. Il n’y a pas de lecteur de cartes SD, contrairement au modèle quatre baies de la même gamme : les photographes qui vident des cartes tous les week-ends le regretteront. Il n’y a pas non plus d’encoche Kensington, ce qui reste étonnant sur un appareil dont le contenu vaut souvent plus cher que le boîtier. Les pieds en caoutchouc, enfin, ne surélèvent la machine que de quelques dixièmes de millimètre, alors que la trappe mémoire chauffe.
Montage des disques et accès aux composants

Les tiroirs sont sans outil pour les disques 3,5 pouces. On tire le flanc du tiroir, on présente le disque de biais pour aligner les ergots sur les trous de vis, on appuie, on referme jusqu’au clic. Une pression sur le bouton situé sous le tiroir libère le disque. Pour du 2,5 pouces, les vis fournies font le travail.
La mémoire s’atteint par une trappe sous le châssis, deux vis à retirer. Un slot est occupé par le module de 8 Go, l’autre est libre. La montée en capacité ne demande donc aucun démontage.


Les deux emplacements M.2 sont l’aspect le moins réussi du montage. Ils se logent à gauche de la première baie, à l’intérieur du châssis. Il fait sombre là-dedans, la main masque le peu de lumière disponible et les vis de maintien se cherchent au toucher. Rien de dramatique, c’est une opération qu’on ne fait qu’une fois, mais prévoyez une lampe et cinq minutes de calme. Sur le plan thermique, ce placement dans le flux d’air du ventilateur est en revanche une bonne idée, les NVMe chauffent vite sous charge soutenue.

Un point à connaître avant l’achat : la pile CMOS et la mémoire eMMC qui héberge UGOS sont enfouies dans la machine. Y accéder impose un démontage complet du boîtier, panneau arrière, ventilateur, carte fille SATA et une dizaine de vis internes. Tant que vous restez sur UGOS, cela n’a aucune conséquence. Pour un bidouilleur, c’est une porte fermée.
Le Ryzen R2514, l’ECC et la question de la mémoire

Le processeur est un AMD Ryzen Embedded R2514, quatre cœurs et huit threads, 2,1 GHz de base et jusqu’à 3,7 GHz, avec une partie graphique Radeon Vega de 8 unités de calcul. Le TDP oscille entre 12 et 25 W. C’est une puce d’architecture Zen+ « Picasso » sortie fin 2022, donc pas de la fraîche. Son intérêt n’est pas la performance de pointe mais la tenue en charge : ces références industrielles sont conçues pour tourner sans interruption pendant des années sans varier de fréquence.
En pratique, huit threads sur un NAS domestique, c’est confortable. Une copie de fichiers volumineuse, une sauvegarde planifiée, trois conteneurs Docker et une automatisation domotique peuvent cohabiter sans que l’interface devienne pâteuse.

La mémoire mérite une mise au point. Plusieurs fiches produit annoncent de la DDR5 ; le BIOS de la machine affiche 8192 Mo de DDR4 à 2667 MT/s, module Kimtigo. C’est bien de la DDR4, et vu les tarifs actuels de la mémoire, c’est plutôt une chance : une barrette DDR4 coûte aujourd’hui bien moins cher que son équivalent DDR5, et le second slot vous ouvre la porte des 64 Go pour un budget raisonnable si vous comptez faire tourner des machines virtuelles.
Installation et prise en main d’UGOS Pro
Le NAS se découvre depuis un navigateur via l’adresse find.ugnas.com, ou depuis l’application dédiée disponible sur Windows, macOS, Android, iOS et tvOS. Si la détection échoue, ne cherchez pas midi à quatorze heures : dans neuf cas sur dix, votre navigateur n’a pas l’autorisation d’accéder aux appareils du réseau local. C’est le piège classique de la première mise en route, et il fait perdre un quart d’heure à beaucoup de monde.


L’assistant demande ensuite un nom pour la machine, l’acceptation des conditions, la création du compte administrateur avec un mot de passe solide, puis propose d’associer une adresse e-mail au NAS. Cette dernière étape reste facultative. Comptez cinq minutes pour l’initialisation du système.
Un point que j’apprécie beaucoup : UGOS ne crée pas de pool de stockage tout seul pendant l’initialisation. Vous gardez la main sur les disques que vous voulez regrouper et sur la configuration. Beaucoup de systèmes concurrents décident à votre place, avec les mauvaises surprises qui vont avec.

La création du pool passe par l’application Stockage. On sélectionne les disques, on choisit un type de RAID, puis on crée un volume par-dessus. Sur deux baies, les options se limitent à Basic, JBOD, RAID 0 et RAID 1. Le RAID 1 est le choix par défaut recommandé et le seul qui ait du sens pour protéger des données : vos deux disques sont en miroir, vous perdez la moitié de la capacité brute, et la panne d’un disque ne vous coûte rien d’autre qu’un remplacement. Deux disques de 2 To donnent donc environ 1,8 To utile.
Rappel qui n’est jamais superflu : le RAID n’est pas une sauvegarde. Il protège de la panne mécanique, pas de la suppression accidentelle, du chiffrement par rançongiciel ni de l’incendie. Prévoyez une copie ailleurs, idéalement hors du domicile.
Pour le système de fichiers, UGOS propose ext4 et Btrfs. Btrfs apporte les instantanés, les quotas par dossier et une meilleure protection de l’intégrité des données, au prix d’un léger surcoût de traitement. Ext4 reste le choix le plus brut et le plus rapide. Pour un usage familial avec des instantanés réguliers, Btrfs est le plus pertinent.
UGOS gère aussi le cache SSD. Depuis la section Disque dur, un M.2 peut être affecté en cache lecture ou lecture-écriture sur un pool, avec une recommandation de laisser environ 20 % de la capacité libre pour limiter l’usure. Sur une paire de disques mécaniques, un cache en lecture rend l’accès aux fichiers fréquents nettement plus vif.
Une fois le volume créé, un petit assistant en bas à droite de l’écran liste les étapes restantes : créer un dossier, puis activer UGREENlink. Ce dernier service donne un accès distant à l’intégralité de l’interface depuis n’importe quel navigateur, avec un certificat HTTPS fourni par UGREEN. Le principe est identique à ce que proposent les autres constructeurs, sans abonnement.
UGOS Pro au quotidien et le catalogue d’applications
Le bureau d’UGOS reprend les codes d’un système d’exploitation classique, avec des icônes claires et une barre système qui affiche en direct la charge CPU, la mémoire et le débit réseau. Quelqu’un qui vient de Windows n’est pas dépaysé plus de trente secondes.
Le Panneau de configuration centralise tout : utilisateurs, services de fichiers, connectivité, matériel et alimentation, mises à jour du système. Le gestionnaire de tâches donne les informations matérielles et logicielles, dont les températures des disques.

L’App Center regroupe les applications maison, rangées par catégorie. Côté multimédia : Theatre, Music, Photos, Jellyfin et DLNA. Côté sauvegarde : Sync and Backup, Snapshot, l’explorateur de versions de fichiers et le montage de disques cloud. Côté avancé : Docker, machines virtuelles, gestionnaire SAN, qBittorrent, un navigateur Firefox intégré, une suite bureautique en ligne, l’application de prise de notes SiYuan et Home Assistant.

L’absence de Plex en installation native reste la critique récurrente, d’autant que l’image Docker fonctionne sans le moindre problème sur cette machine. Autre reproche, une partie des applications proposées repose en réalité sur Docker sans que l’interface le signale clairement.
C’est justement Docker qui sauve la mise et qui rend le catalogue restreint acceptable. L’implémentation est propre, avec un menu déroulant pour accéder directement aux interfaces web des conteneurs et la possibilité de créer des raccourcis sur le bureau. Si vous êtes à l’aise avec les conteneurs, plus rien ne vous manque. Si vous ne l’êtes pas, vous buterez de temps en temps sur une fonction que vous pensiez native.

L’application mobile mérite qu’on en dise un mot. Le tableau de bord affiche l’état de la machine, les températures, l’occupation des volumes, et permet de réorganiser les blocs à sa convenance. On peut redémarrer ou éteindre le NAS, gérer les applications, mettre à jour un conteneur ou un projet Docker complet d’un doigt. Deux réserves : la navigation ferme le menu à chaque retour en arrière, et l’icône ronde en haut à droite pour revenir à l’accueil ne saute pas aux yeux. Surtout, l’extinction depuis le téléphone est possible mais le rallumage ne l’est pas, l’application n’envoyant pas de paquet magique. Le Wake on LAN ne fonctionne qu’en passant par un onduleur.
Performances réseau : ce que le 10 GbE apporte vraiment

Le port 10 GbE s’appuie sur un contrôleur Marvell AQC113, bien pris en charge sous Linux. Encore faut-il pouvoir l’exploiter, et c’est là que la réalité rattrape la fiche technique.
Avec un pool de deux SSD NVMe, le lien 10 GbE se remplit sans difficulté lors des tests sous CrystalDiskMark et NAS Performance Tester. C’est le scénario pour lequel cette machine a été pensée : un pool rapide en façade ou en interne, une station de travail équipée en 10 GbE, et des fichiers volumineux qui transitent à pleine vitesse.
Avec deux disques mécaniques en RAID 1, l’histoire est différente. Le miroir n’agrège pas les débits comme le fait l’agrégation par bandes : l’écriture plafonne à la vitesse d’un seul disque, autour de 200 à 250 Mo/s sur un 3,5 pouces moderne, la lecture grimpe à peine plus haut. Sur un réseau 2,5 GbE, un seul disque suffit déjà à saturer le lien, avec des transferts séquentiels dans la région de 280 à 290 Mo/s. Le réseau est alors le facteur limitant, pas la machine.
Traduction pour l’acheteur : le port 10 GbE ne sert pleinement que si votre infrastructure suit de bout en bout (commutateur, carte réseau, câblage) et si vous mettez du NVMe ou de l’U.2 dans les baies. Sinon, il reste utile pour servir plusieurs clients simultanément sans goulot d’étranglement, ce qui est déjà un argument valable, mais ne vous attendez pas à des miracles avec deux disques durs.
Le stockage hiérarchisé et la compatibilité U.2

Les deux baies acceptent aussi bien des disques SATA que des SSD U.2 NVMe. À ce niveau de prix, c’est franchement rare. Les U.2 sont des SSD d’entreprise, avec une endurance en écriture sans commune mesure avec le grand public et des débits qui n’ont rien à voir avec le SATA.
Cela ouvre trois configurations. Deux disques mécaniques en façade pour le stockage de masse et l’archivage, avec les M.2 en pool rapide dédié aux conteneurs et aux services système. Ou deux U.2 en façade pour un espace de travail vidéo qui encaisse le montage 4K en direct. Ou un mélange des deux selon le budget.
Restons lucides : un SSD U.2 coûte cher et peu de particuliers en achèteront. C’est davantage une assurance pour l’avenir qu’une fonction que vous exploiterez le premier jour. Elle a le mérite d’exister et elle explique en partie le positionnement de cette gamme.
Multimédia : lecture directe oui, transcodage lourd non
La partie graphique Vega décode le H.264, le H.265 en 8 et 10 bits, le VP8, le VP9, le MPEG-2 et le VC-1 jusqu’en 4K à 60 images par seconde. L’AV1 n’est pas de la partie.
En lecture directe, c’est-à-dire quand le client reçoit le fichier tel quel et le décode lui-même, le DXP2800 GT ne bronche pas. Une télévision récente, une box multimédia ou un téléphone moderne se chargent du travail, et le NAS se contente de servir les données. Sur ce terrain, aucune inquiétude, y compris avec plusieurs flux simultanés.
Le transcodage à la volée, en revanche, est le point faible de cette machine. Non par manque de puissance brute, mais parce que la prise en charge de l’accélération matérielle AMD par les serveurs multimédias reste moins mature et moins constante que celle de la solution équivalente chez Intel. Si votre usage consiste à convertir du 4K HEVC en 1080p pour cinq amis connectés à distance, cette configuration n’est pas la plus indiquée.
Il existe une contrepartie intéressante : la lecture directe par HDMI. Depuis l’application mobile, on sélectionne une vidéo stockée sur le NAS et on l’envoie sur l’écran branché en HDMI, sans passer par le réseau ni par le moindre transcodage. La sortie monte à 4K 60 Hz et gère les codecs courants. La fonction est encore estampillée bêta et UGREEN prévient qu’il peut être nécessaire de changer de piste audio en cas de désynchronisation, ou que des scintillements peuvent survenir. Elle fonctionne néanmoins, y compris avec du contenu situé sur un partage réseau monté dans l’application Fichiers, ce qui élargit considérablement son intérêt si le NAS trône près du téléviseur.
Surveillance Center : prometteur mais bridé
Le Surveillance Center est la nouveauté logicielle de cette génération. Il transforme le NAS en enregistreur vidéo pour caméras IP en ONVIF et RTSP, avec découverte automatique sur le sous-réseau et ajout manuel par adresse IP pour les autres.
L’application accepte jusqu’à huit canaux, sachant qu’une caméra double capteur en occupe deux. On y trouve une vue en mosaïque personnalisable, le contrôle PTZ en temps réel, une lecture sur ligne de temps avec calendrier, un filtrage par événements et une gestion fine des permissions utilisateur. Le tout sans licence à acheter, alors que certains concurrents facturent chaque caméra au-delà de deux.
Le problème est de taille : la version actuelle ne prend en charge que le H.264. Or une bonne partie des caméras vendues aujourd’hui diffuse en H.265, pour la compression bien meilleure qu’il apporte. Si vos caméras ne peuvent pas être forcées en H.264, la fonction vous est tout simplement inaccessible. Difficile, dans ces conditions, d’acheter ce NAS pour la vidéosurveillance tant que le H.265 n’est pas géré.
Reconnaissance photo en local
L’application Photos embarque un gestionnaire de modèles d’intelligence artificielle qui tournent entièrement sur la machine, sans passer par un service cloud. C’est l’argument confidentialité, et il est réel.
Les modèles disponibles couvrent la reconnaissance de personnes, la lecture et l’indexation du texte présent dans les images, la détection des photos similaires et des doublons, la reconnaissance de 39 races de chats et de chiens, le floutage automatique des contenus sensibles, la recherche par langage naturel, et même l’entraînement d’un modèle personnalisé à partir de vos propres échantillons. Chaque modèle s’active à la demande.
L’indexation initiale est le point à anticiper. Sur une bibliothèque de 220 000 images, un NAS équipé d’une puce Intel avec accélération dédiée demande une douzaine d’heures ; une machine ARM d’entrée de gamme monte à trente-six heures. Le R2514 se situe entre les deux et ne dispose pas de cette accélération, donc prévoyez une longue nuit de calcul, voire deux, avec un processeur occupé en tâche de fond. Une fois la première passe terminée, l’indexation des nouvelles photos devient indolore. Sur la qualité, le regroupement de visages est fiable, la détection de doublons rend service, la recherche de scènes est plus inégale.
Consommation et bruit
L’alimentation est un bloc de 72 W en 12 V / 6 A. Les relevés au wattmètre donnent environ 42 W en accès disque, 18 W lorsque les disques sont en veille, et environ 1 W machine éteinte. Sur une année de fonctionnement continu, cela représente une facture modeste, d’autant que la mise en veille des disques est réglée sur 20 minutes par défaut et peut descendre à 10.
Ce sont surtout les disques qui décident de votre consommation réelle. Deux disques 3,5 pouces gourmands feront grimper les chiffres, deux modèles récents à faible consommation les feront baisser.
Côté bruit, le ventilateur de 92 mm se contente d’un souffle discret tant que les disques ne travaillent pas. La machine peut vivre sur un bureau ou dans un salon sans devenir agaçante. Ce sont les disques mécaniques qui feront le plus de bruit, comme toujours, donc leur choix conditionne largement le confort acoustique. Un pool full SSD rendrait la machine quasi inaudible.
BIOS, systèmes alternatifs et petites subtilités
La machine étant x86, elle expose un BIOS AMI Aptio complet, accessible avec un clavier et un écran HDMI en pressant Ctrl + F2 au démarrage. Ctrl + F12 affiche un menu de démarrage permettant de choisir UGOS, une clé USB ou d’entrer dans le BIOS.
Trois réglages méritent une visite dès la première mise en route. La politique en cas de coupure de courant est réglée sur « Power off » par défaut, ce qui signifie que le NAS reste éteint après un retour du secteur. Sur un appareil censé fonctionner en permanence, c’est rarement ce que l’on veut, changez-la. Le Wake on PME est actif, la virtualisation matérielle AMD SVM aussi, ce qui est indispensable si vous comptez utiliser l’application de machines virtuelles. Un module TPM 2.0 est présent, utile pour faire tourner Windows dans une VM.
Le chien de garde matériel, qui causait des redémarrages en boucle sur les générations précédentes lorsqu’on installait un autre système, est désactivé d’usine sur ce modèle. Bonne nouvelle pour ceux qui veulent tenter Unraid ou TrueNAS.
Un mot sur une confusion qui circule à propos de cette gamme. UGOS réside sur une mémoire eMMC de 64 Go soudée à la carte, et l’on peut lire ici ou là que cela empêcherait d’installer un autre système. Ce n’est pas exact. Ce qui est soudé, c’est le support d’UGOS, pas le verrou du démarrage : l’ordre de boot reste modifiable dans le BIOS, et rien n’interdit de démarrer sur une clé USB ou sur un NVMe pour faire tourner Unraid ou TrueNAS. La vraie limite est que vous ne pourrez pas remplacer ni retirer le support d’UGOS, et que la pile CMOS réclame un démontage intégral. Cela reste une machine x86 ouverte, ce qui est l’un de ses meilleurs arguments face aux modèles ARM.
Au passage, le contrôleur réseau Marvell étant bien géré par le noyau Linux, le port 10 GbE a de bonnes chances d’être reconnu du premier coup sous ces systèmes, ce qui est loin d’être garanti avec des puces 10 GbE plus exotiques.
Prix et disponibilité
Le DXP2800 GT est commercialisé depuis le 8 juin 2026 au prix conseillé de 509,99 €, disques non inclus, sur la boutique officielle UGREEN et sur Amazon France. Des remises de lancement et des promotions ponctuelles font régulièrement descendre le tarif sous les 450 €, ce qui change nettement l’équation.
À ce niveau de prix, réunir une plateforme x86, un port 10 GbE, la compatibilité U.2 et la prise en charge de l’ECC reste inhabituel. C’est l’argument central de cette machine, davantage que ses performances brutes.
Questions fréquentes
Le DXP2800 GT gère-t-il vraiment la mémoire ECC ?
Oui, à condition d’acheter un module ECC compatible séparément. La barrette de 8 Go fournie n’est pas ECC, la fonction n’est donc pas active à la sortie du carton.
Peut-on installer Plex dessus ?
Pas depuis l’App Center, où l’application n’existe pas en version native. En passant par Docker, l’image officielle s’installe et fonctionne sans difficulté.
Le port 10 GbE sert-il à quelque chose avec deux disques durs ?
Pas pour un transfert séquentiel unique : deux disques en RAID 1 plafonnent autour de 200 à 250 Mo/s en écriture. Il devient utile avec des SSD NVMe ou U.2, ou pour servir plusieurs clients en même temps.
Peut-on installer Unraid ou TrueNAS ?
Oui. Le BIOS permet de changer l’ordre de démarrage et le chien de garde est désactivé par défaut. UGOS reste sur son eMMC soudée, que vous ne pourrez ni remplacer ni supprimer.
Combien de caméras peut-il enregistrer ?
Jusqu’à huit canaux, sans licence supplémentaire. Attention toutefois, le Surveillance Center ne gère actuellement que le H.264.
Y a-t-il un lecteur de cartes SD ?
Non, contrairement à la version quatre baies de la gamme.
Conclusion
Le DXP2800 GT est une machine cohérente, à condition de bien comprendre ce qu’elle est. Ce n’est pas le NAS le plus puissant du catalogue UGREEN et son processeur affiche déjà quelques années au compteur. En revanche, il concentre des fonctions que l’on trouve habituellement bien plus haut dans les gammes, dans un format compact, sobre en énergie et silencieux.
Il conviendra parfaitement à celui qui veut un serveur domestique sérieux pour ses sauvegardes, ses conteneurs Docker, sa domotique et sa médiathèque en lecture directe, avec une marge de manœuvre pour évoluer. Il décevra celui qui compte transcoder du 4K pour plusieurs utilisateurs distants, celui qui a besoin de RAID 5 et de capacité, et celui dont les caméras diffusent en H.265.
Un 2 baies qui assume son positionnement : moins de puissance de calcul que les modèles Intel de la marque, mais une connectique et une flexibilité de stockage qu’on ne voit nulle part ailleurs à 500 €. Si votre réseau est prêt et que le transcodage lourd ne fait pas partie de vos usages, c’est une excellente base pour se lancer.
