Deux ans et demi après sa sortie originale sur Nintendo Switch, Super Mario Bros. Wonder revient sur Nintendo Switch 2 dans une édition augmentée baptisée Rendez-vous au Parc Bellabel. Au programme : un DLC multijoueur généreux, sept nouveaux niveaux solo centrés sur les Koopalings, Harmonie comme personnage jouable, un nouveau pouvoir sous forme de Super pot de fleur, et une mise à niveau technique en 4K à 60 fps. Nintendo continue d’appliquer la recette déjà vue sur Kirby and the Forgotten Land ou Super Mario Party Jamboree : reprendre un carton de la Switch, le bonifier et le réadapter pour la nouvelle machine.
Après plusieurs soirées passées à arpenter le parc, à affronter Wendy transformée en poisson géant et à déclencher des fous rires en local, j’ai fait le tour de ce que propose cette édition. Verdict complet, avec les bons comme les moins bons côtés.
Un chef-d’œuvre 2D qui n’a pas pris une ride

Avant même de parler du contenu inédit, il faut replacer le contexte. Super Mario Bros. Wonder est sorti en 2023 et a marqué le retour triomphal de la licence en 2D après onze années de disette depuis New Super Mario Bros. U. Nintendo avait réussi là un tour de force : rafraîchir une formule vieille de quarante ans sans la dénaturer, grâce à une direction artistique sublime, des animations d’une richesse folle et surtout ses fameuses Fleurs Prodiges qui viennent bouleverser l’intégralité d’un niveau sans prévenir.
Deux ans et demi plus tard, rien n’a changé. Le level design reste tout simplement une leçon. Aucun niveau ne ressemble à un autre, chaque stage déroule une idée nouvelle, et cette fameuse sensation du « encore un niveau avant d’aller dormir » fonctionne toujours aussi bien. J’ai rejoué les premiers mondes en lançant la version Switch 2 et je me suis surpris à redécouvrir des trouvailles que j’avais oubliées, comme ce passage où Mario se transforme en Goomba et doit se cacher dans les buissons pour survivre.
Les Fleurs Prodiges restent le point d’orgue de cette formule. Elles altèrent l’environnement, déforment le gameplay, envoient Mario dans l’espace ou le font danser sur une musique entraînante avec tous les ennemis alentour. Leur qualité d’exécution est telle que chaque déclenchement provoque encore aujourd’hui un sourire aux lèvres. C’est simple : si tu n’as jamais touché à Wonder, tu tiens probablement l’un des trois meilleurs Mario 2D jamais conçus, aux côtés de Super Mario Bros. 3 et Super Mario World.
Les Koopalings débarquent au Parc Bellabel

L’ajout scénaristique du DLC part d’un prétexte sympathique : les Koopalings, ces sept enfants terribles de Bowser, viennent voler les précieuses Fleurs Bellabel avant de se disperser aux quatre coins du royaume. La brigade Toad installe alors des tentes à travers les différents mondes pour nous aider à les traquer. C’est léger comme scénario, mais ça donne un prétexte cohérent pour revisiter la carte du jeu de base.
Les sept niveaux dédiés aux Koopalings sont la vraie bonne surprise de ce DLC. Chacun met en scène un Koopaling avec de nouveaux pouvoirs psychédéliques conférés par Bowser. Wendy se transforme en énorme poisson téléportable, Lemmy balance des pluies de bombes depuis ses tours de ballons, Morton devient un pantin géant qui tire les ficelles à l’arrière-plan. Les designs sont fous, les mécaniques de combat renouvelées, et on a enfin l’impression que Nintendo a vraiment réfléchi à ses affrontements de boss.
C’est d’ailleurs l’un des plus gros reproches qu’on pouvait faire au jeu original. Les combats de boss classiques manquaient clairement d’inspiration, surtout comparés à l’inventivité des niveaux eux-mêmes. Ici, Nintendo repart d’une page blanche et livre ce que j’estime être les meilleurs combats de boss vus dans un Mario 2D depuis Super Mario World. La stratégie pour les vaincre saute souvent aux yeux rapidement, mais le plaisir est immédiat, et la mise en scène vaut le détour.
Le bémol, c’est la durée. Sept niveaux, ça passe vite. Très vite même. Pour un joueur expérimenté, l’ensemble se boucle en deux heures grand max. C’est rythmé, c’est fun, mais on a franchement envie d’en avoir plus, et on se demande pourquoi Nintendo n’en a pas fait davantage quand la qualité est au rendez-vous.
Le camp d’entraînement, le vrai défi pour les pros

Heureusement, pour les joueurs qui cherchent à se faire les dents, le camp d’entraînement de la brigade Toad récupère le flambeau. Ce mode solo propose une soixantaine d’épreuves réparties en cinq catégories : courses contre la montre, élimination d’ennemis dans un temps imparti, collecte intégrale de pièces, survie en restant invincible, et une catégorie mixte qui pioche dans tous les concepts.
Ces défis prolongent l’ADN de Wonder en le poussant dans ses retranchements. Les premiers sont abordables, mais à mesure qu’on progresse, ça devient franchement corsé. La combinaison Badge Ressort + Badge Invisibilité sur certains stages m’a provoqué quelques crises de nerfs mémorables, et je peux confirmer avoir recommencé certaines épreuves une vingtaine de fois avant de les valider. On est sur du Super Meat Boy light, et c’est exactement ce qui manquait au jeu de base pour contenter les amateurs de plateforme pure.
La progression est encadrée par un système de rangs et de badges qui incite à la complétion, et l’organisation des menus est ici particulièrement soignée. Ça peut sembler un détail, mais sur un jeu qui multiplie les modes et les options, c’est vraiment appréciable. On sait toujours où on en est et ce qu’il reste à faire.
L’ajout des doubles badges mérite aussi d’être mentionné. Le principe : combiner deux effets de badges en un seul pour créer des builds bien plus vicieux. Certains stages du camp imposent leur usage, ce qui force à repenser sa manière de jouer. C’est une bonne idée, même si dans les faits je m’en suis peu servi en dehors des défis qui l’exigeaient.
Le parc Bellabel, un hub multijoueur généreux

C’est clairement le morceau de résistance de ce DLC. Le parc Bellabel est pensé avant tout comme un hub multijoueur divisé en plusieurs zones, avec une partie dédiée au jeu local et une autre à l’online. Dix-sept attractions sont disponibles en local, contre six en ligne mais jouables jusqu’à douze participants.
Côté local, la proposition est très riche. On trouve de tout : des arènes où il faut éliminer le plus d’ennemis, un mode Loup Fantôme qui mise sur la dissimulation et la tension, des Buffets Yoshi façon chaos coopératif, des courses de beignets qui demandent une vraie coordination, des relais de Bob-ombs qui forcent à communiquer. Les fous rires sont garantis, d’autant que les gaffes d’un joueur débutant face à un habitué créent toujours des situations savoureuses.
Mon préféré reste sans conteste le cache-cache où chaque joueur peut se transformer en n’importe quel objet du décor. J’ai passé une soirée entière à m’incruster sous forme de fleur cancan pendant que mes amis tournaient en rond en me cherchant. Des situations complètement absurdes qui rendent la proposition vraiment fraîche.
En ligne, c’est plus classique. Le gros du contenu repose sur des courses avec des véhicules ou objets farfelus : balles rebondissantes, jets, fleurs hélicos. C’est efficace, la prise en main est immédiate, et je n’ai pas constaté de lag lors des parties testées. Mais on sent vite que le catalogue est plus limité qu’en local, et les options pour jouer spécifiquement avec ses amis restent franchement sommaires. C’est dommage, surtout à ce niveau de prix.
Les ajouts cosmétiques et la personnalisation

Au-delà des mini-jeux, le parc Bellabel intègre tout un système de personnalisation basé sur les gouttes d’eau récoltées en jouant. Ces gouttes permettent de faire pousser des fleurs qui débloquent différents objets : des fleurs instruments qui enrichissent la musique du parc, des fleurs ornementales pour décorer les lieux, des fleurs salutations pour communiquer en ligne.
J’ai personnellement accroché au principe d’assembler progressivement l’orchestre du Poplin maestro. Chaque instrument débloqué ajoute un musicien qui se balade dans le parc en interprétant le thème principal, et voir son orchestre prendre forme stage après stage donne une vraie raison de retourner jouer aux mini-jeux. Le problème, c’est que le thème en question est tellement entêtant qu’il te reste dans la tête des heures après avoir éteint la console.
Les fontaines sont une bonne trouvaille pour ceux qui veulent optimiser leur progression : elles permettent d’arroser plusieurs pousses d’un coup. Le truc, c’est que l’explication arrive un peu tard et que j’ai perdu du temps à arroser les fleurs une par une comme un benêt avant de comprendre l’astuce.
Au final, cette couche de personnalisation reste sympathique mais accessoire. Ça donne un objectif à long terme pour les complétionnistes, sans être franchement indispensable.
Harmonie, le Luma et le Super pot de fleur

Côté personnages jouables, Harmonie fait son entrée dans l’univers Wonder. Son intégration est naturelle vu la place qu’elle prend dans la licence depuis Super Mario Galaxy, et je suis content de pouvoir enfin la choisir. Le souci, c’est que comme tous les personnages du jeu de base, elle possède exactement les mêmes capacités que Mario, Luigi, Peach ou Daisy. C’est un ajout purement esthétique, et j’aurais aimé que Nintendo en profite pour lui donner une vraie identité de gameplay.
Le Luma orange est plus intéressant sur le principe. Il s’agit d’un compagnon invulnérable que peut incarner un second joueur, capable de ramasser des pièces et d’éliminer des ennemis sans jamais mourir. C’est une excellente option d’accessibilité pour jouer avec un enfant ou un débutant. Les Joy-Con 2 permettent même de le contrôler en mode souris avec une précision accrue, ce qui fonctionne étonnamment bien en coop. Pour les parents qui veulent initier un enfant aux jeux de plateforme sans le frustrer, c’est une idée lumineuse.
Le Super pot de fleur est le seul nouveau pouvoir de cette édition. Il transforme le personnage en un pot végétal capable de lancer des fleurs vers le haut pour attaquer en hauteur ou casser des obstacles. Dans certaines configurations de niveau, notamment lors des combats contre les Koopalings, il débloque des approches de combat originales. C’est un ajout sympathique sans être révolutionnaire, et il ne devient pas un pilier du gameplay comme peuvent l’être la fleur de feu ou le costume d’éléphant.
Technique : la 4K et les temps de chargement

Sur le plan technique, le passage à la Switch 2 fait du bien au jeu, même si on reste loin d’une révolution visuelle. Le rendu en 4K à 60 fps en mode TV est superbe, avec des couleurs plus éclatantes, une netteté accrue et quelques nouveaux effets spéciaux parsemés ici et là. Les animations déjà sublimes du jeu original prennent encore plus de relief, et on profite pleinement du soin maniaque apporté aux moindres détails.
Mais le vrai gain, c’est la réduction des temps de chargement. Le jeu original en comportait énormément, entre les transitions de niveaux, les passages dans le monde principal et les changements de zones. Ici, tout est drastiquement accéléré. Les enchaînements sont environ deux fois plus rapides, et c’est particulièrement sensible dans le parc Bellabel où l’on jongle constamment entre différentes sections. Un confort de jeu qui change vraiment la donne sur la longueur.
Quelques fonctionnalités spécifiques à la Switch 2 sont également intégrées. Le GameChat permet de communiquer facilement en ligne, ce qui rend les sessions multijoueur bien plus vivantes. Le GameShare autorise un ami avec une Switch classique à rejoindre une session locale, ce qui est franchement généreux de la part de Nintendo. Le mode souris est plus anecdotique et ne sert franchement à rien en dehors du Luma en coop, mais sa présence est un plus appréciable.
Enfin, le mode Coup de pouce a été ajouté pour rendre le jeu totalement inoffensif : aucun dégât subi, les chutes dans le vide remplacées par de simples remises en place. Pour les parents, c’est l’outil idéal pour partager le jeu avec leurs enfants.
Pour qui est faite cette édition ?
Tu vas adorer si :
- Tu n’as jamais joué à Super Mario Bros. Wonder et tu veux la meilleure version possible
- Tu as un groupe d’amis régulier pour du jeu en local
- Tu aimes les défis de plateforme pure et tu cherches un vrai challenge
- La 4K et les temps de chargement réduits comptent pour toi
- Tu veux initier un enfant aux jeux de plateforme grâce aux options d’accessibilité
Tu vas hésiter si :
- Tu possèdes déjà la version Switch et tu joues principalement solo
- Tu espères un contenu inédit massif plutôt que des ajouts
- Le tarif de 80 € te semble difficile à avaler
- Le multijoueur en ligne est ton principal intérêt
Verdict final
Super Mario Bros. Wonder Nintendo Switch 2 Edition est exactement ce qu’elle prétend être : une édition enrichie généreuse d’un jeu déjà exceptionnel. Le jeu de base reste un monument du genre, et les ajouts apportés par le DLC Rendez-vous au Parc Bellabel viennent corriger certains défauts mineurs tout en ajoutant du contenu multijoueur vraiment solide.
Les sept niveaux des Koopalings sont excellents et offrent les meilleurs combats de boss de tout le jeu, le camp d’entraînement ajoute enfin le challenge qui manquait aux vétérans du genre, et le parc Bellabel propose de vraies soirées de rigolade entre amis. Techniquement, la 4K à 60 fps et les temps de chargement réduits apportent un confort tangible. C’est probablement le meilleur traitement « Switch 2 Edition » que Nintendo ait livré jusqu’ici.
Les bémols existent, évidemment. Sept niveaux solo c’est court, le mode en ligne aurait mérité plus de variété, Harmonie n’apporte rien sur le plan mécanique, et le tarif reste salé. Mais rien de tout ça ne vient gâcher un plaisir de jeu intact, et je me surprends à vouloir y retourner plusieurs jours après avoir bouclé le DLC.
