Test Airseekers Tron : le robot tondeuse au look de Batmobile tient-il la route ?

par JulSa_

Quand le carton est arrivé chez moi, mes deux garçons ont d’abord cru que je leur avais commandé un jouet géant. Difficile de leur en vouloir : avec ses roues avant inclinées et son allure de véhicule sorti de Mad Max, l’Airseekers Tron ne ressemble à aucun robot tondeuse que j’avais croisé jusqu’ici. Reste à savoir si ce design tape-à-l’œil cache une vraie machine ou juste un beau châssis. J’ai passé plusieurs semaines à le faire tourner sur mon terrain pour vous répondre.

Bon plan Prime Day : l’Airseekers Tron est en promotion du 15 au 26 juin 2026, sous son tarif habituel à 1 699 €. À retrouver sur le site officiel Airseekers.

Le déballage : on dirait une Batmobile cabossée

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Premier contact, le carton est lourd, dans les 32 kg, et bien rempli. À l’intérieur : le robot, la station de charge à visser, l’antenne RTK en trois parties avec son piquet, deux chargeurs, six lames de rechange, une plaque de protection et quelques outils. Airseekers a eu la bonne idée de glisser un guide de démarrage rapide en français, ce qui n’est pas toujours le cas chez les marques moins connues.

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Le robot mesure environ 70 cm de long pour 24 kg. Ce qui saute aux yeux, ce sont ces deux roues avant penchées vers l’intérieur à 30°. Airseekers explique que ce design segmenté permet des virages serrés sans abîmer le gazon, puisque les roues avant ne sont pas motrices. Sur le papier, l’idée est maligne. Dans la pratique, je vais y revenir, c’est aussi la source du principal défaut de la machine.

 
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Les bandes de LED à l’avant et l’anneau lumineux sur le dessus renforcent le côté véhicule de film de SF. Mes fils adorent, les voisins se retournent. Sur le plan strictement esthétique, c’est l’un des robots les plus réussis du marché.

L’installation : pas compliquée, mais pas non plus du plug-and-play

J’ai commencé par assembler la station de charge. Six vis à serrer pour fixer la tour sur la plaque de base, puis quatre piquets qui s’enfoncent profond dans la terre pour la stabiliser. Le tournevis est fourni, rien de sorcier.

 

Vient ensuite l’antenne RTK. On fait passer le câble à l’intérieur du tube, on visse l’embout, on plante le piquet à trois branches. Un conseil tiré de mon expérience : le câble RTK est court. Si vous voulez placer l’antenne loin de la station, il faut une prise de courant supplémentaire à proximité, car l’antenne peut alors être alimentée par son propre bloc. Sinon, vous êtes obligé de la coller à la station.

Le reste se fait depuis l’application : création de compte, scan du QR code, connexion au Wi-Fi, ajout de l’antenne, mises à jour. Faites tout ça dans une zone bien couverte par votre Wi-Fi, sinon vous allez galérer. Sur mon exemplaire, la connexion à l’antenne a un peu coincé au début, et il a fallu quelques essais avant que tout se synchronise. Rien de bloquant, mais à surveiller.

 

Dernière étape, la cartographie. On promène le robot le long des bords du jardin avec deux joysticks virtuels sur le téléphone. Et là, attention : la commande est très sensible. À la moindre pression un peu forte, le Tron part trop vite ou braque trop fort. Mes tracés ressemblaient au départ à des gribouillis d’enfant. On prend le coup de main, mais une cartographie automatique par l’IA aurait été la bienvenue, surtout sur une machine bardée de caméras.

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La navigation : RTK ou NRTK, à vous de choisir

Airseekers propose deux modes. Le RTK classique passe par l’antenne plantée dans le jardin. Le NRTK s’appuie sur des stations de correction réparties sur le territoire, via le Wi-Fi ou la 4G, et se passe d’antenne. Bon point : l’accès au réseau RTK et les données cellulaires sont fournis sans frais supplémentaires par Airseekers. On bascule de l’un à l’autre dans l’appli, mais il faut refaire la carte à chaque changement.

J’ai testé les deux. Globalement, ça fonctionne. Le robot respecte bien les limites de zone, gère les zones interdites et suit les couloirs de liaison entre deux parcelles. J’ai même placé toute la masse de ma maison entre l’antenne et le robot pour voir si le signal tenait : aucun souci, il a continué son boulot sans broncher.

 

Là où le bât blesse, c’est ce fameux train avant. Sur une pelouse parfaitement plane, tout va bien. Mais dès que le sol ondule un peu, ce qui est le cas de la plupart des jardins, le Tron tire d’un côté. Une seule des deux roues avant accroche, et la machine corrige toute seule vers un léger angle. Résultat, les lignes droites ne sont pas toujours droites, et il reste parfois de fines bandes d’herbe non coupée. En mode RTK, il lui est aussi arrivé de mordre de quelques centimètres au-delà de la zone, et de se coincer sur un bord en pente. L’appli ne m’a pas prévenu par notification, ce qui est dommage.

La détection d’obstacles : globalement fiable, avec des trous

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Cinq caméras, une vue à 300°, de l’IA pour analyser tout ça. Le constructeur met le paquet sur la sécurité, et c’est un argument qui compte chez moi avec deux enfants qui jouent dans le jardin. Autre détail rassurant : un système antivol permet de suivre la position du robot en temps réel par GPS depuis l’appli, et la machine s’arrête net si on la soulève.

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Le bilan est plutôt bon. Le robot détecte les obstacles fixes et mobiles, ralentit et contourne. Pendant mes tests, il a évité sans problème un tuyau d’arrosage qui traînait. En revanche, il a parfois ignoré une balle de tennis posée sur la pelouse, sans doute à cause du contraste de couleur. Et une fois, en revenant à la station, il a carrément poussé avec son pare-chocs un pied de parasol de 30 kg sur un mètre cinquante. Ça en dit long sur sa puissance, mais ce n’est évidemment pas le comportement attendu.

 
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Mon conseil après plusieurs sorties : sur les grandes zones dégagées avec de l’herbe haute, je désactive l’IA pour qu’il soit plus agressif et ne prenne pas chaque touffe pour un obstacle. Sur les zones encombrées, près des jeux des enfants ou du mobilier de jardin, je la réactive. Ce réglage manuel selon la situation change vraiment le confort d’usage.

La coupe et le mulching : beaucoup de muscle, du mulching en demi-teinte

Côté puissance, le Tron ne fait pas semblant. Il tourne autour de 2 000 W et avale l’herbe haute sans broncher. Sur le papier, Airseekers annonce 60 % de pente en tonte et jusqu’à 65 % en déplacement. Sur mon terrain, qui n’a rien d’un green de golf anglais avec ses trous et ses branches, il est passé là où d’autres robots se seraient embourbés ou bloqués. Et le confort de ne pas avoir à aller le débloquer toutes les demi-heures, ça n’a pas de prix.

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Le système FlowCut est le gros argument marketing. Une chambre aérodynamique aspire et redresse l’herbe, puis six lames réparties sur deux niveaux la pulvérisent en particules fines qui retombent au sol pour le nourrir. Sur une pelouse déjà entretenue et coupée régulièrement, le rendu est propre, sans paquets d’herbe à ramasser. C’est le vrai intérêt du mulching.

 

Mais lors d’une première coupe sur de l’herbe haute, le résultat est plus mitigé. Pas mal de brins longs restaient au sol. La parade : tondre une première fois à hauteur maximale, puis redescendre progressivement la hauteur de coupe au fil des passages. La hauteur se règle de 30 à 90 mm par paliers de 10 mm, directement dans l’appli. Bon à savoir : le disque standard coupe sur 220 mm, mais un disque large optionnel monte la largeur de coupe à environ 270 à 300 mm.

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La tonte des bordures, elle, souffre du même défaut que la plupart des robots. La lame est placée au centre, à environ 12 cm du bord. Le Tron laisse donc une bande non coupée le long des transitions qui ne sont pas au ras du sol. Un coup de coupe-bordure reste nécessaire de temps en temps, comme avec presque tous ses concurrents.

Autonomie, bruit et consommation : du costaud qui se fait entendre

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La batterie amovible de 15 Ah est un vrai plus. On ouvre le bac à l’arrière, on la sort en deux secondes, on la remplace. Si elle rend l’âme dans quelques années, pas besoin de jeter toute la machine. Et avec une deuxième batterie, on peut presque faire tourner le robot en continu, puisque le temps de charge est proche du temps d’utilisation.

 
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En pratique, j’ai tondu environ 350 m² par charge en mode RTK avec les réglages standard, sur un peu plus de trois heures, avant qu’il retourne à la station autour de 20 % de batterie. Airseekers annonce une recharge complète en 150 minutes, ce qui colle à peu près à ce que j’ai constaté.

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Deux points à connaître avant d’acheter. D’abord, la consommation en veille à la station en mode RTK est élevée, autour de 25 à 30 Wh par heure. Sur un mois, l’addition grimpe vite, bien au-delà de 20 kWh dans un scénario de tonte régulière. Le Tron coûte donc plus cher en électricité que beaucoup de robots concurrents. Ensuite, le bruit. Airseekers annonce un fonctionnement à 65 dB ou moins. Sur le terrain, j’ai relevé plus que ça : on dépasse les 60 dB en marche, et on frôle les 70 dB pendant la tonte, sans doute à cause de la puissance du moteur. C’est l’un des robots les plus bruyants que j’ai testés. Le vengeur silencieux de Gotham repassera.

Verdict

L’Airseekers Tron est une première vraie réussite pour une marque encore discrète. C’est une machine costaude, taillée pour les grands terrains et surtout pour les terrains difficiles, là où la plupart des robots déclarent forfait. Sa motricité et sa puissance sont au-dessus du lot, sa batterie amovible est bien vue, et son look fait son petit effet.

 

Il garde des défauts de jeunesse. Le train avant incliné nuit à la précision dès que le sol n’est pas plat, le mulching demande de la méthode sur l’herbe haute, l’appli accuse parfois des latences et la consommation électrique est gourmande. La bonne nouvelle, c’est que la plupart de ces points relèvent du logiciel, donc corrigibles à distance par mises à jour. Airseekers a d’ailleurs déjà ajouté le NRTK et l’automapping après le lancement.

Si vous avez un grand jardin compliqué et que vous cherchez une bête de somme capable de passer partout, il mérite votre attention. Si votre terrain est petit et plat, des modèles plus précis et plus discrets feront mieux le travail.

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