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[Littérature] Avis / Critique : Harry Potter et l’Enfant Maudit

[Littérature] Avis / Critique : Harry Potter et l’Enfant Maudit
Gornwain

Ne faisant qu’un avec la génération ayant vu l’arrivée d’Harry Potter et de ces aventures, la sortie récente des dernières aventures de mon sorcier préféré a ravivé ma Plume à Papotes dernier cri. Sortie le 31 juillet 2016 en langue anglaise, ainsi qu’au 14 octobre 2016 en France, m’en vais-je donc vous conter cette nouvelle histoire magique.

C’est avant tout une pièce de théâtre écrite par Jack Thorne, adoubée par J. K. Rowling et adapté par John Tiffany et ça se voit ! Le ton est radicalement plus différent, la psychologie plus poussée au sein du récit.

En matière de représentation théâtrale à proprement parler, la pièce s’étale sur 2 représentations de 2h30 chacune. Je n’ai pas vu la pièce, mais la façon dont l’auteur souhaite transposer son texte sur scène, entre les sortilèges, les différentes ambiances, etc donne très envie de la voir.

Ce fut un gros phénomène pour la sortie de l’ouvrage partout en Angleterre et dans le monde. Le récit reprend aux alentours de l’épilogue de mémoire un peu mitigé des « Reliques de la mort« . Cela rend l’ellipse plus facile à diriger, et permet d’entrer dans l’histoire plus naturellement avec le retour de tous les personnages que l’on connaît bien.

1ère partie : Une production qui succède à une légende …

Il est difficile de considérer cette œuvre comme une suite potentielle et donc comme un éventuel tome 8. Elle se distingue principalement des ouvrages précédents car il y avait l’idée de suivre la scolarité d’Harry et ses amis, année après année.

Synopsis :

Une vingtaine d’années se sont écoulées depuis la bataille de Poudlard et la défaite des Forces du Mal. Harry Potter est père de 3 enfants : James, l’aîné ; Albus Severus, son cadet, sans oublier la petite Lily. Marié à Ginny Weasley, il reste très proche de ses deux amis d’enfance Ron et Hermione (laquelle a accédé au poste prestigieux de ministre de la Magie). Ils ont eux-mêmes deux enfants, Rose et Hugo.

Mais cette vie de famille en apparence idyllique dissimule des aspects plus noirs. Albus vit une relation complexe avec son père et peine à porter le poids de sa célébrité… et toutes les attentes qui vont avec. Son plus proche ami, Scorpius Malfoy, fait l’objet d’une rumeur tenace affirmant qu’il n’est autre que le fils caché de Voldemort. Et pour couronner le tout, les anciens alliés du Seigneur des Ténèbres recommencent à se manifester… et la cicatrice de Harry se remet à le faire souffrir.

Se pourrait-il que les ténèbres jaillissent à nouveau ?

Les thèmes abordés sont très nombreux entre l’amitié, l’importance du choix, l’amour filial ou encore la mort.

Le fils d’Harry, Albus, est angoissé, effrayé de cette école des sorciers, en particulier de la maison Serpentard et ressent tout le poids de l’histoire familiale sur ses épaules, ainsi que du passé fabuleux de son célébrissime papa dont il n’a jamais voulu, si pris par ses attributions de Messie qu’il ne voit pas combien souffre son enfant.

Il ne parvient pas à trouver sa place et se met très rapidement à détester Poudlard, tout le contraire de son père dans le canon historique.

Il en vient à sympathiser avec le fils de Drago, ce qui montre encore mieux la grande discordance avec Harry et son ancienne relation avec ce dernier.

On comprend au fur et à mesure de la lecture les problèmes d’Harry, car nous avons grandi comme/avec lui : élever ses enfants c’est difficile, encore plus lorsqu’on est Harry Potter.

Les parents seront d’autant plus concernés par cette relation parent/enfant qui marche du tonnerre à mes yeux : Harry adulte aux prises avec des problématiques d’adultes (ces problématiques en tant que père, ces disputes de couple avec Ginny, des moments privilégiés avec ses amis), et en cela le livre est peut-être plus ouvert pour le grand public non réceptif à cet univers. Comment être père quand on n’a pas connu le sien ? Doit-on surprotéger ses enfants contre la vie ?

Les enfants ne sont pas des calques de leurs parents et présentent leur personnalité propre et les adultes dévoilent de nouvelles facettes qu’ont ne leur connaissaient pas. Ce sont donc 330 pages régulières, ponctuées de nombreuses références/explications et sans grand temps mort. En définitive, qui se lit vite et bien entre un distillat quasi parfait d’action et de développement émotionnel. Le mystère autour de l’identité du fameux « enfant maudit » est quant à lui bien entretenu, même si …

Le fanboy de la première heure que je suis est content de replonger dans cet univers, même avec une lecture un peu déroutante car rédigée sous un format théâtral mais qu’importe, on prend vite le pli.

Arrivons maintenant aux points qui fâchent le puriste qui sommeille en moi…

 

2ème partie : … mais trop peu réglementaire comparée aux attentes

Nous arrivons à la partie ou ma rigidité va faire preuve de toute la détermination nécessaire pour relever les incohérences et bourdes assez singulières que se permet ce produit littéraire ou la plupart des sentiments sont figés et/ou remodelés pour coller à une histoire pas assez évoluée.

Tout d’abord, il n’y a rien de bien innovant qui nous saute aux yeux. Et ce n’est pas un véritable roman, de la bouche même de J. K. Rowling car sa filiation n’est pas réellement reconnue par celle-ci  ; on ne fait que jouer sur la nostalgie, sans beaucoup renouveler le genre déjà trop connu des lecteurs. Ce n’est pas une réelle renaissance, mais une bonne fiction pour les nombreux fans à travers le monde !

Et vous vous en rendrez vite compte, de par des modifications pas toujours très cohérente des personnages :

SPOIL (cliquez pour lire)

Cedric devenant un Mangemort dans une des réalités visitées.

Harry qui n’est plus vraiment le même comparé à l’œuvre originelle, Ron et Hermione très peu fidèle à leur personnalité des romans, Neville et Luna totalement absents alors qu’ils jouaient un rôle prépondérant à la fin de la guerre. Et surtout James, totalement absent alors qu’il est l’aîné de la famille.

Je ne m’attarderais pas non plus sur le dénouement de fin.

SPOIL (cliquez pour lire)

Où l’on découvre que Voldemort qui a une fille avec Bellatrix (complètement absurde quand on sait que seul son immortalité l’importe, et qu’il considère les sentiments comme une tare) ou encore Delphi qui se fait rétamer en 10 secondes sans réel gros combat de fin et qui tombe trop facilement dans le cliché manichéen pour parachever une fin bien discutable au regard de son personnage.

Entre les protagonistes qui sont bien trop enfantin/mièvres sur les bords, les nouveaux qui manquent cruellement de profondeur et de développement ; et cette désagréable sensation de série TV pour un produit qui se doit de tenir un certain standard, on est globalement assez déçu.

J’attire l’attention notamment sur l’utilisation de la thématique dangereuse du voyage temporel.

SPOIL (cliquez pour lire)

Par l’intermédiaire du Retourneur de temps, qui selon Rowling s’avère être un vrai danger pour l’œuvre, car elle peut créer de grandes incohérences et noyer les non initiés dans un méandre de failles spatio-temporelles qui ne feraient qu’embrouiller le récit, d’où cette solution de tous les détruire.

En dépit de la volonté de changer le passé et de leurs implications respectives qui est beaucoup plus forte que dans le tome 3 où Harry devait sauver Sirius, pourquoi s’entêter à faire revenir cet objet dangereux, au sens propre comme figuré dans cette pièce ?

 

Conclusion

Comme on pouvait le craindre, J. K. Rowling n’arrive pas à lâcher sa série car elle ne lui appartient plus vraiment du fait de son impact sur la pop-culture. Plusieurs tentatives de dilution ont été tentés , comme les parutions régulières de livres numériques sur son site internet dédié « Pottermore » pour ne pas tout lâcher d’un coup ( et faire de l’argent de temps en temps), mais malgré toutes les bonnes idées, celles-ci ne sont jamais développées à fond !

Il y aura ma foi très certainement une suite, vu l’accueil et le retour général que le livre propose avec cette histoire complémentaire, mais peut être trop dispensable pour les puristes qui souhaiteraient une vraie suite bien plus dense et complexe. En gros, une histoire qu’on ne lira qu’une seule fois !

Pour Conclure

Harry Potter et l'Enfant Maudit, par J. K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne
6

Différent

Pour n'importe quel fanboy qui a passé son adolescence en compagnie de l’Élu, je suis prêt à lui mettre la note de 8 sur 10. Mais le puriste qui m'habite doit lever le voile sur un point : écrire une fable sur Harry Potter ne doit être fait que par J. K. Rowling pour tenir un semblant de continuité dans le récit ; ce pour quoi je ne mets qu'un passable 4 sur 10.