J’ai installé pas mal de caméras de sécurité chez moi ces dernières années, et la plupart finissent par buter sur le même mur : soit elles couvrent large mais l’image part en bouillie dès qu’on zoome, soit elles zooment bien mais ratent tout ce qui se passe sur les côtés. La C9c Dual de chez EZVIZ promet de régler ce problème avec une idée toute simple : mettre deux objectifs sur le même boîtier. Un grand-angle en haut pour la vue d’ensemble, un téléobjectif motorisé en bas pour suivre et zoomer. Je l’ai fixée sur ma tonnelle pendant trois semaines, de jour comme de nuit. Voici ce que ça donne vraiment.
Le déballage et la prise en main
Dans la boîte, on trouve la caméra, un gabarit de perçage, les vis et chevilles, un kit d’étanchéité pour la prise, le bloc d’alimentation et un manuel avec un QR code pour la version numérique. Rien ne manque. La caméra elle-même fait sérieuse, le plastique ne donne pas l’impression de craquer si on appuie dessus, et les deux antennes WiFi se déplient pour aller chercher le meilleur signal.
L’installation m’a pris moins de cinq minutes. La base se détache du corps, ce qui permet de la visser au mur d’abord, puis de clipser la caméra dessus une fois le bon angle trouvé. On entend un clic net, et c’est en place. J’ai fait passer le câble le long d’un montant de la tonnelle. On peut aussi la fixer au plafond ou sur un poteau, selon l’endroit.
Le seul vrai point à anticiper : il faut du courant. La C9c Dual fonctionne uniquement sur secteur, elle n’a pas de batterie et pas de PoE non plus. En revanche, elle accepte une connexion Ethernet directe si on préfère le filaire au WiFi, ce qui est appréciable pour une caméra qui tourne 24 h/24.
Deux objectifs, deux usages

C’est tout l’intérêt de cette caméra. L’objectif du haut est un grand-angle qui couvre toute la scène. Chez moi, il prend mon jardin entier, l’allée et le portail d’un seul coup d’œil. Il s’ajuste manuellement sur 240° à l’horizontale, avec une légère inclinaison de 15°.
L’objectif du bas, lui, est un téléobjectif 6 mm motorisé. Il pivote sur 350° et s’incline sur 80°, ce qui lui donne une couverture quasi complète. C’est lui qui zoome (jusqu’à x8) et qui fait le suivi automatique. Les deux objectifs filment en 2K, soit 3 mégapixels chacun, et la différence avec une caméra mono-objectif classique se voit tout de suite : on a la vue large et le détail en même temps, sans avoir à choisir.

Concrètement, dans l’application, je vois les deux flux superposés. Le grand-angle montre la scène complète, le téléobjectif montre ce qui m’intéresse. Et si je tape sur une zone du grand-angle, le téléobjectif va automatiquement zoomer dessus. Pour surveiller deux endroits différents avec un seul appareil, c’est redoutablement pratique.
Le suivi automatique : le vrai point fort
C’est là que la C9c Dual m’a le plus surpris. La technologie de co-détection fait travailler les deux objectifs ensemble : quand le grand-angle repère un mouvement, le téléobjectif verrouille la cible et la suit.
J’ai testé le suivi des personnes en long et en large. Dès que je bouge dans le jardin, le téléobjectif me suit sans à-coups. J’ai même essayé de me mettre à courir d’un bout à l’autre, juste pour voir si je le prenais en défaut. Rien à faire, la caméra me garde dans le cadre du début à la fin. Et même quand je sors complètement du champ du grand-angle, le téléobjectif continue de me suivre. J’ai testé plusieurs marques concurrentes, et sur le suivi pur, EZVIZ est clairement devant.
La détection IA fait le tri entre ce qui compte et le reste. Un insecte qui passe ou une feuille qui bouge ne déclenchent pas d’alerte. Je reçois une notification push uniquement quand une personne ou un véhicule est détecté, avec un encadré rouge bien visible sur le flux. Je n’ai pas vraiment pu tester la détection véhicule, faute de voiture qui passe à cet endroit, mais côté humain, ça fonctionne à chaque fois.
La vision de nuit
C’est l’autre belle surprise. La caméra propose trois modes. Le mode couleur active des projecteurs LED qui éclairent la zone et permettent de voir comme en plein jour, jusqu’à 40 m. Chez moi, ça éclaire jusqu’au portail, et on distingue les couleurs sans difficulté. Bonus : ces projecteurs servent aussi de dissuasion, un intrus qui se retrouve soudain en pleine lumière a tendance à ne pas s’attarder.

Il y a aussi un mode infrarouge classique en noir et blanc, pour ceux qui préfèrent rester discrets, et un mode intelligent qui combine les deux : infrarouge par défaut, puis bascule en couleur dès qu’un mouvement est détecté. La nuit, le suivi reste tout aussi efficace qu’en journée, et la netteté ne s’effondre pas. On voit clairement un visage à plusieurs mètres. Pour une caméra de ce tarif, le rendu nocturne est impressionnant.
L’application et le quotidien
L’application EZVIZ est l’une des plus simples que j’ai utilisées. On scanne un QR code, on connecte la caméra au WiFi 2,4 GHz, et c’est parti. La vue temps réel affiche les deux flux, et toutes les commandes sont à portée : capture photo (une par objectif), enregistrement vidéo, joystick PTZ pour orienter le téléobjectif à distance, parole bidirectionnelle, choix de la définition.

Le micro et le haut-parleur intégrés permettent de parler à quelqu’un devant la caméra depuis le téléphone. Pratique pour un livreur, ou pour surveiller un enfant qui joue dans le jardin. La fonction alarme déclenche les flashs LED et une sirène quand une présence est détectée, utile quand on part de chez soi. Je l’ai testée une fois, ça fait du bruit, mes voisins ont apprécié modérément.
Côté patrouille, on peut laisser le téléobjectif balayer en 360° tout seul, ou définir des points précis. Comme ma caméra est contre un mur, je n’ai pas besoin du tour complet, donc j’ai réglé des zones de patrouille personnalisées. Il y a aussi un mode image-dans-l’image qui garde le flux vidéo affiché même quand on passe sur une autre application du téléphone.
Le stockage et la confidentialité

Deux options. Soit une carte microSD locale jusqu’à 512 Go (j’ai choisi celle-là, ça évite tout abonnement), soit le service cloud EZVIZ CloudPlay avec un essai gratuit de 7 ou 30 jours selon l’offre. La compression H.265 réduit la place occupée par les enregistrements, ce qui aide quand on filme en continu.

EZVIZ respecte les normes de sécurité récentes et utilise des serveurs en Europe, avec un chiffrement de bout en bout pour le cloud. Sur la protection des données, l’entreprise est certifiée ISO sur plusieurs aspects, c’est un point à ne pas négliger pour une caméra qui filme chez vous.
À qui s’adresse cette caméra
La C9c Dual vise un cas précis : surveiller une grande zone extérieure depuis un point fixe, avec une prise de courant à côté. Si vous voulez couvrir une cour, une allée et un portail d’un seul appareil au lieu d’en multiplier trois, c’est exactement ce pour quoi elle est pensée. Le double objectif prend tout son sens sur ce type d’espace ouvert, là où une caméra mono-objectif vous oblige à choisir entre la vue large et le détail.

Elle convient bien à une maison avec jardin, une entrée de garage, un commerce avec devanture, ou tout endroit où il y a du passage à surveiller et un mur sur lequel la fixer. Le suivi automatique et la vision de nuit couleur en font surtout une caméra de dissuasion et de surveillance de périmètre, pas une caméra discrète planquée dans un coin.

En revanche, elle n’est pas faite pour vous si votre point de surveillance n’a pas d’électricité à proximité. Pas de batterie, pas de panneau solaire, pas de PoE : sans prise, ce n’est pas la bonne caméra, et il faudra regarder du côté des modèles sur batterie d’EZVIZ ou de la concurrence. Elle est aussi surdimensionnée pour un usage intérieur simple, genre surveiller une pièce ou un bébé, où une petite caméra fixe à 30 € suffit largement. Enfin, si vous tenez à un écosystème domotique précis comme HomeKit, vérifiez la compatibilité avant d’acheter : EZVIZ fonctionne avec Alexa et Google Assistant, mais reste sur son propre cloud pour le reste.
Conclusion
Après trois semaines, la C9c Dual est devenue un élément que je ne retire plus de mon installation. Le double objectif tient sa promesse : on couvre large et on garde le détail, sans compromis. Le suivi automatique est le meilleur que j’ai testé, la vision de nuit en couleur est excellente, et l’application reste simple à vivre au quotidien. Le seul vrai frein, c’est la dépendance au secteur. À 69 € comme pendant les Prime Day, deux objectifs 2K motorisés avec suivi à ce prix, il n’y a pas à hésiter. Si vous avez une prise à portée, foncez. Sinon, il faudra prévoir l’installation électrique.
